La ten­sion monte d’un cran

A quelques jours de la Confé­rence in­ter­na­tio­nale sur l'in­ves­tis­se­ment

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Il est clair que la Tu­ni­sie ne vit plus dans l'at­mo­sphère re­la­ti­ve­ment apai­sante de l'an­née der­nière. Bien que 2015 ait été une an­née très dif­fi­cile pour le pays – sur­tout sur le plan sé­cu­ri­taire avec les at­ten­tats qui ont frap­pé le mu­sée du Bar­do, la ville de Sousse et le bus de la Garde pré­si­den­tielle – la fin de cette an­née cou­rante an­nonce les cou­leurs de 2017 qui se­ra, cer­tai­ne­ment, l'une des plus dif­fi­ciles pour le pays.

Il est clair que la Tu­ni­sie ne vit plus dans l’at­mo­sphère re­la­ti­ve­ment apai­sante de l’an­née der­nière. Bien que 2015 ait été une an­née très dif­fi­cile pour le pays – sur­tout sur le plan sé­cu­ri­taire avec les at­ten­tats qui ont frap­pé le mu­sée du Bar­do, la ville de Sousse et le bus de la Garde pré­si­den­tielle – la fin de cette an­née cou­rante an­nonce les cou­leurs de 2017 qui se­ra, cer­tai­ne­ment, l’une des plus dif­fi­ciles pour le pays. Pen­dant que le gou­ver­ne­ment conti­nue son bras de fer à l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP) avec les plé­nières re­la­tives au pro­jet de la loi des Fi­nances de 2017, l’écart entre le pou­voir et l’opinion pu­blique se creuse de jour en jour. La se­maine der­nière, qui a été for­te­ment ryth­mée par le ver­dict du non-lieu dans l’af­faire de l’as­sas­si­nat de feu Lot­fi Na­guedh, nous a lais­sé sur le goût amer que nous avons vé­cu en 2012 et 2013 ; les an­nées noires de la Tu­ni­sie des as­sas­si­nats po­li­tiques et des vio­lences sans pré­cé­dent. En­tre­temps, la ten­sion qui conti­nue à mon­ter entre l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT) et le gou­ver­ne­ment en ce qui concerne le re­port des aug­men­ta­tions sa­la­riales, me­nace de me­ner le pays vers un chaos so­cial dis­tinc­tif. La cen­trale syn­di­cale ex­plique qu’elle ne peut s’au­to­ri­ser à ac­cep­ter une pro­po­si­tion pa­reille alors que les ou­vriers et les fonc­tion­naires croulent sous le poids du coût de la vie de­ve­nu trop im­por­tant suite à l’in­fla­tion. De son cô­té, le gou­ver­ne­ment se sent pié­gé avec ses en­ga­ge­ments vis-à-vis de la Banque mon­diale et de­vant le manque de res­sources pour qu’il puisse bou­cler les bud­gets de 2017.

A quelques jours de la très at­ten­due Confé­rence in­ter­na­tio­nale sur l’in­ves­tis­se­ment, et à part les me­naces de grève de L’UGTT, les avo­cats et les conduc­teurs des taxis in­di­vi­duels de Tu­nis ont choi­si leur camp en an­non­çant leur grève. Les avo­cats se­ront donc en grève pen­dant toute cette jour­née, pen­dant que les conduc­teurs des taxis ont choi­si, pile, la date de la même confé­rence. Si cer­tains y voient une simple coïn­ci­dence, d’autres as­surent que le ha­sard n’a rien à voir à tout ce­la et qu’il existe une réelle en­vie in­té­rieure de sa­bo­ter tout le tra­vail qui est en train de se faire. Loin de la théo­rie du com­plot, la Confé­rence en elle-même ne re­pré­sente pas une im­por­tante ga­ran­tie pour la re­lance de l’éco­no­mie et de l’in­ves­tis­se­ment: les in­ves­tis­seurs, qu’ils soient étran­gers ou lo­caux, n’ont pas be­soin uni­que­ment d’ap­pa­rence pour être en­cou­ra­gés à in­ves­tir. Ils ont be­soin d’avoir des élé­ments ras­su­rants en ma­tière de lutte contre la contre­bande et contre la cor­rup­tion, en termes de pro­grès au ni­veau de l’ad­mi­nis­tra­tion et, sur­tout, l’évo­lu­tion de la si­tua­tion sé­cu­ri­taire. Per­sonne ne peut nier que la Tu­ni­sie a mar­qué de bons points dans sa lutte contre le ter­ro­risme, comme per­sonne ne peut nier que le pays n’a mal­heu­reu­se­ment en­core rien fait en ce qui concerne les deux pre­miers vo­lets évo­qués : la contre­bande et la cor­rup­tion Sal­ma BOU­RAOUI

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