Peut-on se soi­gner par in­ter­net ?

• Rien ne rem­place une vraie consul­ta­tion af­firment les pra­ti­ciens !

Le Temps (Tunisia) - - Proximite -

Il suf­fit de quelques clics pour trou­ver des pistes de trai­te­ment de cer­taines pa­tho­lo­gies par In­ter­net. C’est un phé­no­mène ré­cent, des sites In­ter­net se dé­ve­loppent et pro­posent des in­for­ma­tions et autres conseils mé­di­caux à dis­tance. Une telle consul­ta­tion en ligne est-elle cou­rante et fiable ? A-t-elle ses li­mites ?

In­ter­net bou­le­verse le sec­teur de la san­té et fait évo­luer les pra­tiques mé­di­cales. Comme la ma­jo­ri­té des in­ter­nautes, cer­tains tu­ni­siens uti­lisent prin­ci­pa­le­ment les mo­teurs de re­cherche pour trou­ver l’in­for­ma­tion mé­di­cale sou­hai­tée. Peut-on uti­li­ser l’in­ter­net pour mieux gé­rer sa ma­la­die au quo­ti­dien? Plu­sieurs sites ont dé­ve­lop­pé de nom­breux pro­grammes des­ti­nés aux pa­tients. C’est le cas de Health­me­dia qui aide les pa­tients à lut­ter contre les désordres ali­men­taires, contre le stress, la dé­pres­sion ou doc­tis­so­mo qui est sou­vent consul­té par les ma­lades. Au­tant de pro­grammes de san­té élec­tro­nique qui en­cou­ragent les par­ti­ci­pants à mo­di­fier leur com­por­te­ment par un pro­gramme édu­ca­tif en ligne. A tout mo­ment, les pa­tients peuvent ac­cé­der à des sites pour es­sayer de com­prendre leur ma­la­die. Sa­mi cadre dans une banque surfe sou­vent sur le net pour avoir des in­for­ma­tions sur cer­taines pa­tho­lo­gies « J’ai pu ar­rê­ter de fu­mer grâce à des in­for­ma­tions utiles sur un site qui m’ont per­mis de s’éloi­gner de la ci­ga­rette.» Mo­nia en­sei­gnante souffre de pro­blèmes psy­cho­lo­giques. « J’ai pu consul­ter dit-elle un psy­cho­logue qui m’a conseillé sur la conduite à suivre pour at­té­nuer mon stress. » Na­dia jeune ma­man uti­lise sou­vent l’in­ter­net pour soi­gner son bé­bé. « Le site que je consulte est riche en in­for­ma­tions. J’y trouve des conseils qui m’orientent à bien soi­gner mon fils. » En re­vanche Mo­ha­med Ali es­time qu’in­ter­net ne peut pas rem­pla­cer le mé­de­cin. « La re­la­tion hu­maine mé­di­cale ne pour­ra ja­mais être to­ta­le­ment rem­pla­cée par une re­la­tion élec­tro­nique. In­ter­net re­gorge d’in­for­ma­tions in­té­res­santes mais ne peut pas dé­ce­ler les symp­tômes et pro­po­ser le trai­te­ment adé­quat pour chaque ma­lade. Le site ne pour­ra ni aus­cul­ter, ni pal­per le pa­tient et ni dé­li­vrer une or­don­nance. Je reste confiant à la consul­ta­tion mé­di­cale réelle » On ne peut pas se soi­gner seul ! Il est vrai que l’in­ter­net reste un ou­til sup­plé­men­taire au ser­vice de la mé­de­cine. Il ne rem­pla­ce­ra d’ailleurs ja­mais l’échange et le contact réel entre un mé­de­cin et son pa­tient. « Cer­tains sites spé­cia­li­sés en mé­de­cine peuvent of­frir des in­for­ma­tions mé­di­cales aux pa­tients. Mais on ne peut pas se soi­gner tout seul. Ce n’est pas en al­lant voir sur un site, même très bien do­cu­men­té, qu’on puise faire un diag­nos­tic de ma­la­die. Au­cun site ne peut pro­po­ser un diag­nos­tic ou une conduite à te­nir face à cer­tains symp­tômes. Le risque est grand car on ne com­prend pas le conte­nu du site. Il faut être vi­gi­lant et il fau­dra mieux en cas de ma­la­die consul­ter un mé­de­cin qui est la seule at­ti­tude à adop­ter. Le site mé­di­cal ne four­ni­ra ja­mais de mé­di­ca­ment. Les sites mé­di­caux sont faits pour in­for­mer les gens, pas pour les trai­ter. Sur un site, tu peux dis­po­ser d’in­fos mais tu ne peux pas dé­ce­ler les symp­tômes et les ap­pré­cier et de là à te soi­gner ? Je trouve que c’est ris­qué. Rien ne rem­pla­ce­ra ja­mais une vraie consul­ta­tion » nous pré­cise Dr Mon­cef Dagh­fous .In­ter­net joue un rôle de plus en plus im­por­tant dans l’au­to­thé­ra­pie. Certes, il y a un cer­tain nombre de symp­tômes pour les­quelles les gens sont moins en­clins à consul­ter parce que les ju­geant trop bé­nins. On peut ci­ter entre autres les cé­pha­lées, l’in­som­nie, les maux de ventre, la ner­vo­si­té…ce­pen­dant il y a une nette dif­fé­rence entre un mal de ventre to­lé­rable qu’on pour­ra éli­mi­ner avec du bi­car­bo­nate et une dou­leur aigue d’ap­pen­di­cite qui vous fe­ra consul­ter. Le mé­di­ca­ment choi­si par le pa­tient n’est pas bon : cet as­pect de la chose peut se pré­sen­ter dans deux cas. Dans un pre­mier cas, le pa­tient se rend à la phar­ma­cie avec l’in­ten­tion d’ache­ter un mé­di­ca­ment. Mais ce mé­di­ca­ment peut ne pas soi­gner le mal dont il souffre. Dans ce cas, une consul­ta­tion de l’avis du phar­ma­cien pour­ra le ré­orien­ter vers un re­mède plus adap­té. Bref, il faut se mé­fier du net et de ses pro­po­si­tions. Un pa­tient qui s’au­to diag­nos­tique sur le Net n’a pas la chance de gué­rir vite. Il est im­por­tant de prendre connais­sance de la po­so­lo­gie des mé­di­ca­ments avant de les in­gé­rer. Et sur­tout, ne ja­mais hé­si­ter à consul­ter un mé­de­cin. Ka­mel BOUAOUINA

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