L'ar­mée pro­gresse dif­fi­ci­le­ment à Alep

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

A Alep-est, le « pire » est at­teint quo­ti­dien­ne­ment de­puis des se­maines. Les der­niers tracts lar­gués par les hé­li­co­ptères du ré­gime pro­mettent des jours en­core plus sombres aux ha­bi­tants. Qua­li­fiés de « chers com­pa­triotes », les ha­bi­tants sont ap­pe­lés par « le haut com­man­de­ment des forces ar­mées » à « s'abs­te­nir de sor­tir dans les rues » et à s'«éloi­gner des com­bat­tants ». Il ne s'agit plus d'une in­jonc­tion à quit­ter la zone re­belle, mais d'une in­vi­ta­tion à se ter­rer sous le dé­luge.

A Alep-est, le « pire » est at­teint quo­ti­dien­ne­ment de­puis des se­maines. Les der­niers tracts lar­gués par les hé­li­co­ptères du ré­gime pro­mettent des jours en­core plus sombres aux ha­bi­tants. Qua­li­fiés de « chers com­pa­triotes », les ha­bi­tants sont ap­pe­lés par « le haut com­man­de­ment des forces ar­mées » à « s’abs­te­nir de sor­tir dans les rues » et à s’« éloi­gner des com­bat­tants ». Il ne s’agit plus d’une in­jonc­tion à quit­ter la zone re­belle, mais d’une in­vi­ta­tion à se ter­rer sous le dé­luge.

Au to­tal, 143 ci­vils dont 19 en­fants ont pé­ri en une se­maine de bom­bar­de­ments à l’ar­tille­rie et de­puis les airs, dans Alep-est, tan­dis que 16 autres ci­vils, dont 10 en­fants, ont été tués par les tirs re­belles dans Alep-ouest contrô­lé par le ré­gime, se­lon l’ob­ser­va­toire sy­rien des droits de l’homme (OSDH). Au pi­lon­nage ve­nu du ciel et ses di­zaines de bombes et ba­rils d’ex­plo­sifs qui s’abattent tous les jours de­puis mar­di 15 no­vembre s’ajoutent d’in­tenses com­bats au sol : les forces gou­ver­ne­men­tales res­serrent leur em­prise en at­ta­quant de­puis deux jours sur trois axes, de­puis le nord, l’est et le sud.

Dans le sud de la zone in­sur­gée, où le chef mi­li­taire du groupe sa­la­fiste Ah­rar Al-cham, à Alep, a été tué dans le quar­tier de Cheikh Saïd, des af­fron­te­ments vio­lents ont op­po­sé toute la jour­née re­belles et mi­li­ciens chiites ira­kiens et ira­niens, ap­puyés par l’ar­tille­rie et des chars. « Nous avons fait face à six as­sauts en douze heures », af­fir­mait mar­di soir un com­bat­tant ter­ro­riste.

Dans l’est de l’en­clave, un tiers du quar­tier de Ma­sa­ken Ha­na­no, l’un des plus dis­pu­tés de la ville, est dé­sor­mais contrô­lé par les forces gou­ver­ne­men­tales. Sa prise per­met­trait au ré­gime de « sé­pa­rer le nord d’alep-est du reste » des sec­teurs as­sié­gés, a sou­li­gné L’OSDH. Un com­bat­tant af­fi­lié à une bri­gade de l’ar­mée sy­rienne libre, joint sur la mes­sa­ge­rie Whatsapp, a ad­mis « que la stra­té­gie du ré­gime et de ses al­liés était bien de trans­for­mer Alep en Ghou­ta [la ré­gion de Da­mas] ». As­sié­gés, pi­lon­nés de­puis des an­nées et coupés les uns des autres, plu­sieurs bas­tions re­belles proches de la ca­pi­tale sy­rienne se sont ré­so­lus à ca­pi­tu­ler ces der­niers mois. Maillon es­sen­tiel du dis­po­si­tif mi­li­taire de Da­mas, le Hez­bol­lah au­rait ren­for­cé ses po­si­tions dans la ré­gion d’alep, même si la dé­ci­sion d’en­ga­ger plei­ne­ment ses hommes dans une coû­teuse ba­taille ur­baine n’a pas été prise. Se­lon des sources proches du mou­ve­ment, re­layées par la presse pro­gou­ver­ne­men­tale sy­rienne, le par­ti li­ba­nais reste dans l’ex­pec­ta­tive face à la vic­toire de Do­nald Trump aux Etats-unis et ses im­pli­ca­tions sur la po­li­tique is­raé­lienne à son égard.

Par ailleurs et de dé­jà ré­ti­cents à toute forme d’en­ga­ge­ment au-de­là de la lutte contre les ter­ro­ristes de l’etat is­la­mique, les Etats-unis vont, après l’ins­tal­la­tion de Do­nald Trump à la Mai­son Blanche, se dés­in­té­res­ser en­core plus d’un dos­sier sy­rien que le pré­sident élu compte bien gé­rer en ac­cord – voire en sous-trai­tance – avec les Russes. Les deux autres sou­tiens oc­ci­den­taux de la ré­bel­lion, la France, avec un Fran­çois Hol­lande en fin de règne, et un Royaume-uni em­pê­tré dans le Brexit, sont im­puis­sants. Le temps joue donc en fa­veur du ré­gime et de ses al­liés russes. Leur re­con­quête de l’est d’alep n’au­rait au­cune consé­quence opé­ra­tion­nelle pour la coa­li­tion en­ga­gée contre L’EI. Sa por­tée sym­bo­lique se­rait en re­vanche énorme, car la ré­bel­lion per­drait son der­nier bas­tion dans une grande ville sy­rienne.

« Bonne mé­moire » Les Oc­ci­den­taux es­saient donc de main­te­nir la pres­sion, au moins dans les mots, et no­tam­ment en dé­non­çant les crimes de guerre et les crimes contre l’hu­ma­ni­té com­mis par le ré­gime. De­vant le Conseil de sé­cu­ri­té, Sa­man­tha Po­wer a no­mi­na­le­ment mis en garde dix gé­né­raux et deux co­lo­nels sy­riens, res­pon­sables d’at­taques contre des cibles ci­viles ou de tor­tures. « Ils doivent sa­voir que leurs exac­tions sont do­cu­men­tées et qu’un jour ils de­vront rendre des comptes », a lan­cé l’am­bas­sa­drice amé­ri­caine rap­pe­lant que « les na­tions ci­vi­li­sées ont bonne mé­moire ».

Des ba­ti­ments dé­truits à la suite des bom­bar­de­ments à Alep

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