L'im­por­tance du vivre en­semble

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

« Ton pied, mon pied », (Côte d’ivoire)

Le spec­tacle ivoi­rien de ma­rion­nettes « Ton pied, mon pied » de We­re­were-li­king, qui a été pré­sen­té ré­cem­ment à l’es­pace « El Ham­ra » dans le cadre des Jour­nées théâ­trales de Car­thage (JTC), a re­çu un bel ac­cueil de la part d’un pu­blic as­sez nom­breux qui a été en ef­fet quelque peu sur­pris par la concep­tion ar­tis­tique de ce spec­tacle de qua­rante-sept mi­nutes. Tous les per­son­nages y sont des pieds. Les spec­ta­teurs étaient em­por­tés par une nar­ra­tion se si­tuant entre le dis­cours sé­rieux et la plai­san­te­rie.

C’est un conte afri­cain où les pieds y prennent le des­sus, leur re­vanche, en quelque sorte sur le corps hu­main lui­même ; car ils s’es­timent mal­trai­tés et lé­sés, eux qui portent tout le poids du corps. La fable dit qu’un dis­ciple rend vi­site à son maître pour trou­ver une solution à un pro­blème de dis­corde sur­ve­nu dans son vil­lage entre les membres d’un corps. Les pieds fe­ront bande à part et mè­ne­ront une aven­ture jus­qu’au bout. Et il fau­dra beau­coup de temps et d’an­ta­go­nismes à sur­mon­ter pour re­ve­nir à de meilleurs sen­ti­ments. C’est une ma­nière al­lé­go­rique qu’a choi­sie l’au­teur, créa­trice des ma­rion­nettes et met­teur en scène We­re­were - Li­king pour axer sur l’im­por­tance du vivre en­semble en paix pour être heu­reux. L’en­traide et l’union sont es­sen­tielles pour l’épa­nouis­se­ment de cha­cun. « Ton pied, mon pied » est un spec­tacle des­ti­né à tout pu­blic et qui se si­tue en trois par­ties suc­ces­sives. Dans la pre­mière

et sur une scène cou­verte, ce sont seule­ment des pieds pattes de buffles ou trompes d’élé­phants qui s’ar­ti­culent, dansent et se dis­putent. Un vé­ri­table bal­let qui oc­cupe la place lais­sée par un ri­deau bais­sé. Une per­for­mance des plus at­trac­tives et des plus at­trayantes. Dans la se­conde par­tie, ce sont des pieds plats à double vi­sage et des pieds géants pour des ac­cou­che­ments suc­ces­sifs. Quant à la troi­sième par­tie, les dan­seurs sont bel et bien sur scène pour un bal­let de ma­rion­nettes hu­maines en cos­tumes, en cou­leurs et en lu­mières. Mais les dan­seurs portent des masques, parlent et chantent en play- back. Un fi­nal où tous les se­crets de la per­for­mance sont di­vul­gués au bon­heur du pu­blic. Un spec­tacle-dé­cou­verte du tra­vail de la grande ar­tiste ivoi­rienne We­re­were - Li­king ac­com­pa­gnée par le « Ki-yi Pup­pets and dances » Lot­fi BEN KHELIFA

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