Ap­pels au calme à droite

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

France

Plu­sieurs fi­dèles d'alain Jup­pé et de Fran­çois Fillon ont ex­hor­té hier les deux qua­li­fiés pour le se­cond tour de la pri­maire à conser­ver leur sang­froid après les ré­cents échanges d'in­vec­tives qui ont agi­té la cam­pagne in­terne à la droite.

Le camp fillo­niste s'est éle­vé contre la stra­té­gie ré­so­lu­ment of­fen­sive adop­tée par le maire de Bor­deaux à l'ap­proche du se­cond tour, qu'il aborde en po­si­tion de fai­blesse après les 15 points de re­tard ac­cu­mu­lés di­manche der­nier.

Alain Jup­pé a ou­vert les hos­ti­li­tés dès lun­di en dé­non­çant la "bru­ta­li­té so­ciale" du pro­gramme de son concur­rent et a at­ta­qué sur les ques­tions so­cié­tales, voyant là une ligne de cli­vage avec son ri­val in­at­ten­du.

L'hé­ri­tier de Jacques Chi­rac a no­tam­ment ré­cla­mé à Fran­çois Fillon des "cla­ri­fi­ca­tions" sur sa po­si­tion concer­nant l'avor­te­ment, qu'il ju­geait alors am­bi­guë.

Un "pro­cé­dé in­qua­li­fiable" et une "po­lé­mique hon­teuse", ré­plique dans le Fi­ga­ro Jérôme Char­tier, proche par­mi les proches de l'ex-pre­mier mi­nistre de Nicolas Sar­ko­zy.

"On est en train de tom­ber dans le ca­ni­veau (...) On ap­pelle Alain Jup­pé à plus de me­sure. Les dé­pu­tés qui le sou­tiennent ici à l'as­sem­blée na­tio­nale nous ont dit qu'ils sou­hai­taient que ça s'ar­rête", a pour sa part dé­cla­ré sur LCP l'élue bre­tonne Isabelle Le Cal­le­nec, éga­le­ment pro­fillon.

Le dé­pu­té Ber­nard De­bré s'est mon­tré le plus vi­ru­lent dans une lettre ou­verte adres­sée à Alain Jup­pé. "Tu es de­ve­nu mé­chant et men­teur. Quel est ton but : être Pré­sident ? Tu sais au fond de toi que ce­la n’est plus pos­sible. Sa­lir ton camp par des men­songes éhon­tés n’est pas ac­cep­table", écrit-il dans ce cour­rier pu­blié mar­di sur son site in­ter­net.

"As-tu per­du la tête ?", lui de­mande par ailleurs le dé­pu­té de Pa­ris, qui s'est ran­gé der­rière Fran­çois Fillon.

Alain Jup­pé a lui-même es­ti­mé hier que le dé­bat sur l'in­ter­rup­tion vo­lon­taire de gros­sesse (IVG) était "clos" mais a re­dit au pas­sage qu'il s'agis­sait d'un su­jet "grave" qui mé­ri­tait des éclair­cis­se­ments.

"Ten­sion"

Dans le pre­mier cercle jup­péiste, on re­ven­dique le droit à mettre en évi­dence les dif­fé­rences entre les deux pro­grammes, même si cer­tains re­grettent la tour­nure des dé­bats. "Le ton est un peu mon­té hier, un peu trop de mon point de vue", a dit le dé­pu­té Be­noist Ap­pa­ru sur France 2.

"On a eu quelques autres pics de ten­sion, qui ont don­né aus­si de grosses re­prises mé­dia­tiques il y a quelques se­maines. Fi­na­le­ment, la cam­pagne s'est bien pas­sée et la cam­pagne de l'entre-deux-tours se pas­se­ra tout aus­si bien", a tou­te­fois as­su­ré ce fi­dèle de l'an­cien pre­mier mi­nistre. Autre sou­tien du maire de Bor­deaux, Her­vé Ma­ri­ton a fait part de son ma­laise et dé­plo­ré à mots cou­verts le choix tac­tique de son can­di­dat de se pré­sen­ter comme le porte-dra­peau d'une droite mo­derne et le pour­fen­deur d'une droite tra­di­tio­na­liste.

"Je ne me re­con­nais pas dans la ten­sion po­li­tique de la cam­pagne de se­cond tour", écrit dans un com­mu­ni­qué le dé­pu­té Les Ré­pu­bli­cains, lui-même can­di­dat éphé­mère à la pri­maire.

"En par­ti­cu­lier, je ré­cuse l’op­po­si­tion sup­po­sée du mo­der­nisme et du conser­va­tisme", ajoute Her­vé Ma­ri­ton, connu en par­ti­cu­lier pour son op­po­si­tion à la loi Tau­bi­ra sur l'ou­ver­ture du ma­riage aux couples de même sexe.

Alain Jup­pé et Fran­çois Fillon

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.