Comment im­pli­quer les étu­diants ?

Le Temps (Tunisia) - - Proximite - Ka­mel Bouaoui­na

La pro­mo­tion du dé­ve­lop­pe­ment du­rable nous concerne tous, chaque jour de notre vie. Cha­cun de nos ac­tions, de nos ha­bi­tudes et de nos com­por­te­ments ont un ef­fet im­mé­diat sur la pré­ser­va­tion de notre en­vi­ron­ne­ment, ain­si que sur le dé­ve­lop­pe­ment du­rable de notre so­cié­té et de l’hu­ma­ni­té en gé­né­ral. C’est dans ce cadre que la Fa­cul­té des sciences éco­no­miques et de ges­tion de Na­beul a or­ga­ni­sé un col­loque in­ti­tu­lé «Vert et So­li­daires» en vue de sen­si­bi­li­ser les étu­diants à la sau­ve­garde de l’en­vi­ron­ne­ment et à les in­té­res­ser à l’éco­no­mie du­rable et verte. Pour un mode de vie sain, les étu­diants doivent être édu­qués de ma­nière po­si­tive à l’en­vi­ron­ne­ment afin de dé­ve­lop­per une conscience et un sens de la par­ti­ci­pa­tion, et de les ai­der à ac­qué­rir des connais­sances sur les prin­cipes éco­lo­giques vi­sant à trou­ver un équi­libre entre la san­té in­di­vi­duelle et celle de la so­cié­té et de l’en­vi­ron­ne­ment.

Sen­si­bi­li­sa­tion « Notre ob­jec­tif, nous ex­plique Imed Zaiem, pro­fes­seur uni­ver­si­taire, est de les sen­si­bi­li­ser à pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment uni­ver­si­taire, sti­mu­ler l’in­té­rêt pour main­te­nir un en­vi­ron­ne­ment équi­li­bré et pour ac­qué­rir des com­pé­tences re­flé­tant le sou­ci de la pro­tec­tion et de la sen­si­bi­li­sa­tion. Les au­to­ri­tés lo­cales sont éga­le­ment im­pli­quées dans la dé­si­gna­tion des es­paces verts de re­laxa­tion et pour les aires de jeux. Pour ce­la on es­saie de for­mer et en­sei­gner des ha­bi­tudes et des com­pé­tences pra­tiques pour at­teindre le but, no­tam­ment en ma­tière de ser­vices pu­blics, de réuti­li­sa­tion et de re­cy­clage des ma­té­riaux » Zaiem constate comment la na­ture souffre de l’in­dif­fé­rence et de la né­gli­gence des per­sonnes dont le com­por­te­ment nuit à notre en­vi­ron­ne­ment. « Nous ai­mons la na­ture et ses ca­deaux, néan­moins, être re­con­nais­sant ne suf­fit pas. Ain­si nous avons ras­sem­blé étu­diants, en­sei­gnants, as­so­cia­tions, en­tre­prises et so­cié­té ci­vile afin de leur in­cul­quer une culture éco­lo­gique à tra­vers des ac­tions concrètes comme par exemple le tri des dé­chets. Ce­la montre que le bé­né­vo­lat n’a pas d’obs­tacles, ni de li­mites d’âge. Cette ac­ti­vi­té de tri im­plique la col­lecte de dé­chets re­cy­clables et leur uti­li­sa­tion pour créer d’autres pro­duits. Cette ac­ti­vi­té per­met de sen­si­bi­li­ser les étu­diants à l’im­por­tance de la par­ti­ci­pa­tion ac­tive à la col­lecte et à la réuti­li­sa­tion des dé­chets. On peut mieux uti­li­ser l’en­vi­ron­ne­ment comme cadre de vie et sup­port d’en­sei­gne­ment pour fa­vo­ri­ser l’éveil scien­ti­fique des étu­diants et par là une meilleur for­ma­tion à la mai­trise de l’en­vi­ron­ne­ment. A l’école une meilleur ex­ploi­ta­tion pé­da­go­gique des res­sources de l’en­vi­ron­ne­ment lo­cal amé­liore les ré­sul­tats des ap­pren­tis­sages et fa­vo­rise la for­ma­tion d’at­ti­tudes et ha­bi­tudes pro­pice. L’édu­ca­tion à l’en­vi­ron­ne­ment dans le pro­gramme uni­ver­si­taire fait au­jourd’hui par­tie in­té­grante des ac­tions en fa­veur de la conser­va­tion du­rable de la bio­di­ver­si­té. Le dé­ve­lop­pe­ment du­rable peut certes être ré­cu­pé­ré et mis au ser­vice du mar­ché (où la pol­lu­tion va se vendre et s’ache­ter en toute ir­res­pon­sa­bi­li­té), il n’en de­meure pas moins qu’il est por­teur d’un pro­jet ou mieux en­core d’un mo­dèle éco­no­mique et so­cial al­ter­na­tif qui re­nou­velle les re­la­tions entre les hommes, les so­cié­tés et leur en­vi­ron­ne­ment. Pour me­ner à bien cette tâche, il me semble plus que né­ces­saire de sor­tir le dé­ve­lop­pe­ment du­rable des cercles des ini­tiés.. Mais plus im­por­tant en­core, l’édu­ca­tion à l’en­vi­ron­ne­ment et au dé­ve­lop­pe­ment du­rable de­vrait faire son en­trée à l’école ou au moins col­la­bo­rer avec elle. Le sys­tème uni­ver­si­taire consti­tue à mon avis le cadre idéal pour édu­quer les jeunes à l’en­vi­ron­ne­ment. En ef­fet, l’école ou l’uni­ver­si­té de­meure un en­droit de pas­sage obli­gé qui per­met d’at­teindre la très grande ma­jo­ri­té d’une classe d’âge. Les jeunes y re­pré­sentent une po­pu­la­tion cap­tive, fa­cile à in­for­mer dans le cadre des pro­grammes d’en­sei­gne­ment. Gé­rer nos dé­chets… Les ré­duire à la source… Trier pour mieux va­lo­ri­ser…la ges­tion du­rable de nos dé­chets à la fa­cul­té est l’affaire de tous. Chaque dé­chet de­vrait non seule­ment être per­çu comme une source de pol­lu­tion à ré­duire, mais éga­le­ment comme une res­source po­ten­tielle à ex­ploi­ter. En­vi­ron un tiers de notre pou­belle est com­po­sée de dé­chets or­ga­niques qui peuvent être va­lo­ri­sés en com­post.. Ain­si ce re­cy­clage a une grande im­por­tance dans le dé­ve­lop­pe­ment d’une éco­no­mie verte, en ayant des ef­fets di­rects sur la crois­sance éco­no­mique et la créa­tion d’em­plois » Le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment,

une né­ces­si­té L’im­pli­ca­tion des étu­diants est es­sen­tielle. He­la, Khou­loud, Mou­na, étu­diantes à la Fa­cul­té des sciences éco­no­miques et de ges­tion de Na­beul veulent chan­ger les choses à la Fa­cul­té. L’en­vi­ron­ne­ment et plus gé­né­ra­le­ment le dé­ve­lop­pe­ment du­rable font par­tie des su­jets les plus sen­sibles pour elles .Préoc­cu­pées par le monde qui les en­toure, l’en­jeu au­jourd’hui est de les ai­der à rendre leur es­pace uni­ver­si­taire propre. Les com­por­te­ments et l’en­sei­gne­ment des bons gestes éco­ci­toyen sont en train d’évo­luer dans le bon sens avec ces étu­diantes. « Édu­quer à l’en­vi­ron­ne­ment en vue du dé­ve­lop­pe­ment du­rable est l’un des moyens pri­vi­lé­giés qui nous per­mettent d’es­pé­rer que nos en­fants, nos pe­tits-en­fants et nos ar­rière-pe­tits-en­fants puissent hé­ri­ter d’une pla­nète en bonne san­té et s’y épa­nouir »avoue Khou­loud. « Chaque étu­diant, sou­ligne Hé­la est res­pon­sable de la dé­gra­da­tion de son en­vi­ron­ne­ment, s’il n’en prend pas soin. En plus, il est res­pon­sable de son bon fonc­tion­ne­ment, s’il en oc­cupe, car c’est un bien com­mun qu’il faut pré­ser­ver. Je­ter ou lais­ser des or­dures anar­chi­que­ment dans la na­ture, les sacs plas­tiques dans les ca­ni­veaux consti­tuent de vé­ri­tables me­naces pour la sau­ve­garde de l’en­vi­ron­ne­ment. Chaque étu­diant doit pro­té­ger son en­vi­ron­ne­ment qui com­prend les bâ­ti­ments, le mo­bi­lier sco­laire, les ma­nuels sco­laires, la cour de l’éta­blis­se­ment. Donc, cha­cun où qu’il soit, à l’obli­ga­tion d’en­tre­te­nir son en­vi­ron­ne­ment et l’en­vi­ron­ne­ment »

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