Tu­ni­sia 2020 de fil en ai­guille…

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­mia HARRAR

Deux jours pour dé­ci­der du sort de la Tu­ni­sie de demain, c’est un peu trop court, il faut en conve­nir. Trop ré­duc­teur aussi. Car la Tu­ni­sie, quoi­qu’on puisse pen­ser, tiens seule, son des­tin entre ses mains. Le re­mettre entre les mains d’ins­ti­tu­tions fi­nan­cières in­ter­na­tio­nales, sous l’oeil, bien­veillant, de pays frères et amis, qui au­ront ac­cep­té de par­ti­ci­per à la Confé­rence sur l’in­ves­tis­se­ment, qui se tient de­puis hier « in­tramu­ros », en tant que par­te­naires pa­ten­tés, ou en tant qu’in­vi­tés de pres­tige, qui se pro­posent d’ac­com­pa­gner, sur le plan éco­no­mique et fi­nan­cier, le seul pays de la ré­gion, res­ca­pé du fa­meux « prin­temps arabe » qui n’a de prin­temps que le nom, dans sa phase de tran­si­tion dé­mo­cra­tique, c’est un peu ris­qué. Mais né­ces­saire. Sa­chant que c’est un dé­tour obli­gé, par le­quel en passe, en quelque sorte, le sa­lut d’une Tu­ni­sie, em­bour­bée dans mille et une dif­fi­cul­tés que ren­contrent tous les pays, en­ga­gés dans des ré­formes pro­fondes, pour re­mettre le train en marche, et s’as­su­rer qu’il ne dé­raille­ra plus. Est-ce que les ven­danges ont été heureuses ? Est-ce que toutes les pro­messes se­ront te­nues ? Est-ce que les en­ga­ge­ments pris, lors de cette Confé­rence sur l’in­ves­tis­se­ment au­ront été à la me­sure des at­tentes ? Il fau­dra prendre un peu de re­cul, et la dis­tance né­ces­saire avant de l’af­fir­mer. Mais il est clair que les dis­cours pom­peux, les phrases gran­di­lo­quentes, et cer­taines ami­tiés sté­riles, ne pè­se­ront pas trop dans la ba­lance, lors­qu’il fau­dra les tra­duire, en IDE, son­nantes et tré­bu­chantes s’il en est, qui par­ti­ci­pe­ront ef­fec­ti­ve­ment au dé­ve­lop­pe­ment dans les ré­gions, et à l’échelle de tout le pays, le­quel, soi-dit en pas­sant, ne qué­mande pas l’au­mône, mais en­tend bien avan­cer, dans ce do­maine, dans la lo­gique des échanges, « ga­gnant­ga­gnant », seuls sus­cep­tibles de dé­fri­cher un champ, qui soit fer­tile, et sur­tout pas mi­né. Il est clair, sur ce ter­rain-là, il fau­dra leur ad­joindre la forme qu’ils au­ront re­vê­tue. C’est elle qui fonde la dif­fé­rence. Et elle est ma­jeure…

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