La pré­si­dente prête à dé­mis­sion­ner

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Em­pê­trée dans un scan­dale de tra­fic d’in­fluence im­pli­quant ses proches et les plus grands conglo­mé­rats du pays, la pré­si­dente sud-co­réenne, Park Geun-hye, s’est dite prête à dé­mis­sion­ner avant la fin de son man­dat, pla­çant son sort entre les mains du Par­le­ment.

Au cours de sa troi­sième al­lo­cu­tion té­lé­vi­sée de­puis qu’a écla­té en oc­tobre le scan­dale dit du « Choi­gate », du nom de sa plus proche confi­dente, Park Geun-hye a de nou­veau pré­sen­té des ex­cuses au peuple, hier, pour son in­ca­pa­ci­té à contrô­ler son en­tou­rage. Elle a ce­pen­dant sou­te­nu n’avoir ja­mais cher­ché à s’en­ri­chir per­son­nel­le­ment au cours de ses dix-huit an­nées de car­rière po­li­tique, ce dont doutent ses cri­tiques. « Quand les par­le­men­taires au­ront dé­ter­mi­né les condi­tions d’une pas­sa­tion qui ré­duit la va­cance du pou­voir et le chaos dans la conduite des af­faires, je par­ti­rai », a dé­cla­ré la pré­si­dente.

L’af­faire a dé­bu­té plus de quatre dé­cen­nies plus tôt, par une tra­gé­die per­son­nelle. En 1974, Park Chung-hee, le père de l’ac­tuelle pré­si­dente, di­rige la Co­rée du Sud d’une main de fer, tout en met­tant le pays sur la voie du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Il échappe à une ten­ta­tive d’as­sas­si­nat lors d’une cé­ré­mo­nie au Théâtre na­tio­nal, à Séoul, mais son épouse, la mère de Park Geun-hye, est tou­chée par une balle des­ti­née à son ma­ri et meurt quelques heures plus tard à l’hô­pi­tal. L’an­née sui­vante, Choi Tae-min, le fon­da­teur d’un culte bap­ti­sé Eglise de la vie éternelle, se dit ca­pable de com­mu­ni­quer dans l’au-de­là avec la dé­funte mère de Park Geun-hye. Il ex­pli­que­ra avoir trans­mis ses pou­voirs à sa cin­quième fille, Choi Soon-sil, au­jourd’hui mise en exa­men. Mme Park a dû dé­men­tir s’être li­vrée à des rites cha­ma­niques dans la Mai­son Bleue, le pa­lais présidentiel.

Choix peu stra­té­giques

La presse sud-co­réenne a ré­vé­lé en oc­tobre comment la pré­si­dente trans­met­tait à Mme Choi tous ses dis­cours im­por­tants pour re­lec­ture, jus­qu’à trois jours avant de les pro­non­cer, mais aussi les do­cu­ments les plus confi­den­tiels, y com­pris au su­jet de la très sen­sible Co­rée du Nord. Choi Soon­sil met­tra cette re­la­tion in­time en haut lieu à pro­fit, in­vi­tant les géants in­dus­triels sud-co­réens à fi­nan­cer deux de ses fon­da­tions à hau­teur de l’équi­valent de 61 mil­lions d’eu­ros. Les pa­trons des plus grandes en­tre­prises du pays, de Hyun­dai à LG en pas­sant par Han­jin, mai­son mère de la com­pa­gnie Ko­rean Air, ont été en­ten­dus. Les en­quê­teurs ont no­tam­ment per­qui­si­tion­né le 8 no­vembre les bu­reaux de l’em­pire Sam­sung, soup­çon­né d’avoir ver­sé 2,8 mil­lions d’eu­ros pour fi­nan­cer les per­for­mances équestres de la fille de Choi Soon-sil, que sa mère rê­vait en cham­pionne aux Jeux olym­piques de To­kyo de 2020.

La pré­si­dente sud-co­réenne Park Geun-hye

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