Une oeuvre ma­jeure pour un pu­blic ju­vé­nile, si­gnée Ha­tem Ma­roub

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Fai­za Mes­saou­di

« Les cygnes » est une pièce de théâtre pour en­fants, si­gnée Ha­tem Ma­roub. Une oeuvre des­ti­née pour un pu­blic qui s’ini­tie à la vie, à l’art, à la beau­té. Fau­drait-il lui pré­sen­ter une créa­tion à la hau­teur de ses rêves, et qui em­brasse l’im­men­si­té de son ima­gi­naire. Oui ! Ab­so­lu­ment ! Les créa­teurs de cette pièce l’af­firment à tra­vers la qua­li­té, la fi­nesse et les bonnes saveurs de leur ap­proche ar­tis­tique et de leurs goûts es­thé­tiques.

Ce genre de théâtre se dote de nombre de spé­ci­fi­ci­tés et de qua­li­fi­ca­tions qu’il faut res­pec­ter et prendre au sé­rieux. C’est une res­pon­sa­bi­li­té ar­tis­tique, sen­si­bi­li­sa­trice, édu­ca­tive, et his­to­rique, étant don­né que ce jeune et moins jeune pu­blic d’au­jourd’hui, se­ra le pu­blic d’adulte de de­main. Le dicton le signe bien : « Don­ne­moi un théâtre, je te don­ne­rai une na­tion ». L’exi­gence, la dis­ci­pline, le sé­rieux, l’in­ves­tis­se­ment, et le sens de la res­pon­sa­bi­li­té sont les at­tri­buts dé­ter­mi­nants d’une oeuvre théâ­trale pour les jeunes.

« Les cygnes » est une pièce de théâtre pour en­fants, si­gnée Ha­tem Ma­roub. Une oeuvre des­ti­née à un pu­blic qui s’ini­tie à la vie, à l’art, à la beau­té. Fau­drait-il lui pré­sen­ter une créa­tion à la hau­teur de ses rêves, et qui em­brasse l’im­men­si­té de son ima­gi­naire. Oui ! Ab­so­lu­ment ! Les créa­teurs de cette pièce l’af­firment à tra­vers la qua­li­té, la fi­nesse et les bonnes saveurs de leur ap­proche ar­tis­tique et de leurs goûts es­thé­tiques.

Ce genre de théâtre se dote de nombre de spé­ci­fi­ci­tés et de qua­li­fi­ca­tions qu’il faut res­pec­ter et prendre au sé­rieux. C’est une res­pon­sa­bi­li­té ar­tis­tique, sen­si­bi­li­sa­trice, édu­ca­tive, et his­to­rique, étant don­né que ce jeune et moins jeune pu­blic d’au­jourd’hui, se­ra le pu­blic d’adulte de de­main. Le dicton le signe bien : « Don­ne­moi un théâtre, je te don­ne­rai une na­tion ». L’exi­gence, la dis­ci­pline, le sé­rieux, l’in­ves­tis­se­ment, et le sens de la res­pon­sa­bi­li­té sont les at­tri­buts dé­ter­mi­nants d’une oeuvre théâ­trale pour les jeunes. Sans em­phase, Ha­tem Ma­roub est un ar­tiste qui s’est im­pli­qué corps et âme dans la créa­tion de cette pièce. Il s’est to­ta­le­ment voué pour sa­tis­faire l’at­tente et la ré­cep­tion d’un pu­blic fra­gile et ca­pri­cieux, qui sait mal­gré son pe­tit âge ap­pré­cier la qua­li­té et ap­plau­dir la beau­té. Ils ont sa­lué la per­sé­vé­rance et la com­pé­tence de toute l’équipe.

C’est lun­di 28 no­vembre, pre­mier jour des va­cances qui cor­res­pond à l’ou­ver­ture du Fes­ti­val In­ter­na­tio­nal du Théâtre pour En­fant. Le pu­blic est au ren­dez-vous, de­vant le gui­chet du Centre Na­tio­nal des Arts de la Ma­rion­nette, se ré­ser­vant une place hâte à dé­cou­vrir les uni­vers ar­tis­tiques du conte d’an­der­son Les cygnes.

Le choix n’est pas fa­cile, quand on connait d’avance le ca­ne­vas du conte construit au­tour du mer­veilleux et du pit­to­resque. La ques­tion qu’on se pose : com­ment le met­teur en scène pro­cè­de­ra-t-il pour in­car­ner ces uni­vers ir­réels, et rendre pal­pables les mé­ta­phores poé­tiques ?

Ra­con­tons d’abord l’his­toire pour ceux qui ignorent ce conte de fées. « Il s’agis­sait d’une sor­cière, qui après avoir épou­sé le roi dont la femme était dé­cé­dée, vou­lait l’éloi­gner de sa fa­mille. Alors elle fit ap­pel aux pou­voirs des es­prits des cieux, des mers et de la terre afin de mé­ta­mor­pho­ser les dix princes, fils du roi en dix cygnes sau­vages. Les Djinns étaient d’ac­cord, ex­cep­té la lu­tine de la terre qui re­fu­sa la de­mande de la sor­cière. La prin­cesse, qui était à son tour éloi­gnée du royaume, en s’iso­lant à la cam­pagne, s’in­quié­tait pour le sort de ses frères et ne ces­sait de les cher­cher par­tout. Un jour, ren­con­trant la lu­tine de la terre, cette der­nière lui ra­con­ta tout et lui pro­po­sa la so­lu­tion pour sau­ver ses frères les dix princes : elle lui de­man­da de coudre dix capes avec les épines du fleuve, sans pro­non­cer au­cun mot jus­qu’à la fin de son oeuvre. Proche du fleuve, Au mo­ment où la prin­cesse cou­sait les capes, un prince l’avait aper­çue et s’était épris d’elle. Il lui adres­sa la pa­role, mais elle ne ré­pon­dit pas. Le prince soup­çon­na qu’elle pou­vait être une sor­cière en train de mi­jo­ter un mal. Il la condam­na ain­si à mort. Le jour de sa condam­na­tion coïn­ci­dait avec l’achè­ve­ment de la der­nière cape. Quand les cygnes se re­trans­for­mèrent en princes, la prin­cesse ra­con­ta son his­toire. »

Ré­con­ci­lier entre le réel et l’ir­réel sur le pla­teau d’un théâtre n’est pas évident, in­car­ner les mé­ta­mor­phoses des princes en cygnes, s’avère un mo­ment dif­fi­cile. La mise en scène s’est fon­dée sur une fu­sion entre l’image scé­nique réelle et l’image ci­né­ma­to­gra­phique vir­tuelle, étant don­né que les uni­vers du conte « les cygnes » tiennent beau­coup du mer­veilleux et de l’ir­réel. Afin qu’il puisse re­pré­sen­ter ce monde fa­bu­leux et le faire rap­pro­cher de l’en­fant, L’ar­tiste Ha­tem Ma­roub eu re­cours à l’image ci­né­ma­to­gra­phique 3D. C’est ain­si que les en­fants ont pu as­sis­ter aux trans­for­ma­tions ima­gi­naires des princes et ac­cé­der aux dif­fé­rents es­paces scé­niques du conte, à sa­voir le royaume, le fleuve, la cam­pagne...

Les co­mé­diens, quant à eux, étaient à la hau­teur de la res­pon­sa­bi­li­té, ils ont in­ter­pré­té leurs rôles avec jus­tesse et co­hé­rence. Cha­cun, à par­tir de ses spé­ci­fi­ci­tés de co­mé­dien, a pré­sen­té une pa­lette nuan­cée et ri­che­ment co­lo­rée grâce entre autres, aux choix sa­vants du cos­tume. Leurs corps s’in­cor­po­raient à la mu­sique et à la poé­sie qui étaient créées spé­cia­le­ment pour cette pièce, sa­chant que les textes sont du poète Ha­fed Mah­foud et mis en mu­sique par Adel Bou Ale­gu.

Réel­le­ment, la créa­tion était très pro­fes­sion­nelle. Le dra­ma­turge et met­teur en scène Ha­tem Ma­roub, a pré­sen­té un tra­vail très res­pec­tueux, un théâtre ma­jeur pour un pu­blic mi­neur, mal­gré les en­traves ma­té­rielles qu’il a ren­con­trées. Le Mi­nis­tère des af­faires cultu­relles de­vrait por­ter at­ten­tion au pu­blic en­fant dans son pro­jet théâ­tral. Il est ap­pe­lé à pri­vi­lé­gier la qua­li­té à la quan­ti­té, s’y in­ves­tir plei­ne­ment, créer les condi­tions pro­pices à la créa­tion, et en­cou­ra­ger les créa­teurs à oeu­vrer à la quête de la quin­tes­sence de l’ex­pres­sion théâ­trale. Cet ap­pel est adres­sé en prio­ri­té à Mr le Mi­nistre Mo­ha­med Zine al Abi­dine, en­suite aux pro­fes­sion­nels du sec­teur, pour re­voir la ca­té­go­rie théâtre pour en­fants. C’est aus­si une note aux chers col­lègues jour­na­listes et aux dé­ten­teurs mé­dia­tiques de prê­ter plus d’at­ten­tion à cet art aban­don­né. Peut-être, il ne consti­tue pas de l’évé­ne­men­tiel ma­jeur ou du buzz mé­dia­tique, mais c’est un art qui oc­cupe une place cru­ciale dans le pay­sage cultu­rel du pays.

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