Les convul­sions fé­briles de l’en­fant : que faire en cas de crise ?

Le Temps (Tunisia) - - Proximite -

Les convul­sions fé­briles sont des se­cousses mus­cu­laires af­fec­tant une par­tie ou l’en­semble du corps, dues à de la fièvre re­la­ti­ve­ment éle­vée tou­jours su­pé­rieure à 38°C, et ne se pro­dui­sant que chez les en­fants de moins de 5 ans. Les convul­sions fé­briles de l’en­fant sont très fré­quentes, elles touchent en­vi­ron 3 à 5 % des nour­ris­sons. Les ex­pli­ca­tions du pé­diatre Dr Sa­lem Sah­li Que se passe t-il pen­dant la crise ? Ty­pi­que­ment, il s’agit d’un en­fant âgé de 6 à 24 mois sans an­té­cé­dents par­ti­cu­liers qui au cours d’une mon­tée bru­tale de fièvre, de­vient pâle, se rai­dit, ses yeux se ré­vulsent, puis il pré­sente des se­cousses mus­cu­laires gé­né­ra­li­sées ou lo­ca­li­sées. Ces se­cousses durent quelques se­condes à quelques mi­nutes, le plus sou­vent moins de cinq mi­nutes. Lorsque les se­cousses cessent, le corps de l’en­fant s’af­faisse et reste mou pen­dant quelques ins­tants. Gé­né­ra­le­ment après la crise, l’en­fant est très fa­ti­gué et s’en­dort. L’exa­men neu­ro­lo­gique de l’en­fant, est le plus sou­vent nor­mal. La crise peut-elle ré­ci­di­ver ? Dans la ma­jo­ri­té des cas, il s’agit d’une crise unique très an­gois­sante pour les pa­rents mais d’ex­cellent pro­nos­tic. Le risque de ré­cur­rence des crises existe. Il est éle­vé en cas d’an­té­cé­dents fa­mi­liaux de convul­sions et si la pre­mière crise a eu lieu avant l’âge d’un an. 75% de ces ré­ci­dives se pro­duisent dans l’an­née qui suit la pre­mière crise et 90% dans les deux ans. Que doit-on faire en cas de convul­sion fé­brile ? Une convul­sion lors d’un épi­sode de fièvre im­pose de re­cher­cher la cause de la fièvre qui est le plus sou­vent une in­fec­tion vi­rale. Il faut bien en­ten­du éli­mi­ner la pos­si­bi­li­té d’une mé­nin­gite, en sa­chant tou­te­fois que la res­pon­sa­bi­li­té d’une mé­nin­gite est en fait très faible, de l’ordre de 2 à 7% des cas. Pour au­tant, une convul­sion sur­ve­nant lors d’un épi­sode de fièvre im­pose dans tous les cas de consul­ter le mé­de­cin pour s’as­su­rer que l’en­fant a un exa­men neu­ro­lo­gique nor­mal et pour diag­nos­ti­quer la cause de la fièvre. Les prin­ci­pales causes des convul­sions fé­briles simples sont les in­fec­tions ORL comme les rhi­no­pha­ryn­gites ou les otites, la rou­geole, la ro­séole in­fan­tile…le mé­de­cin peut de­man­der des exa­mens com­plé­men­taires pour pré­ci­ser la cause de la fièvre : exa­mens du sang, des urines, une ponc­tion lom­baire pour éli­mi­ner une mé­nin­gite, ra­dio­gra­phie du tho­rax en cas de sus­pi­cion d’at­teinte pul­mo­naire. Le scan­ner cé­ré­bral, L’IRM ou l’élec­troen­cé­pha­lo­gramme n’ont au­cun in­té­rêt dans la crise convul­sive simple. Com­ment trai­ter les convul­sions fé­briles simples ? La crise est le plus sou­vent brève, cède spon­ta­né­ment et ne né­ces­site pas de trai­te­ment. L’im­por­tant est d’évi­ter qu’elle se pro­longe ou se ré­pète. Il faut un bain tiède pour bais­ser la tem­pé­ra­ture et du pa­ra­cé­ta­mol pour les crises lé­gères. Le va­lium est né­ces­saire pour ar­rê­ter la crise convul­sive, par voie rec­tale ou par in­jec­tion in­tra­mus­cu­laire. Les an­ti­bio­tiques sont in­dis­pen­sables en cas d’in­fec­tion bac­té­rienne. Les mé­di­ca­ments an­ti­épi­lep­tiques ne sont pas in­di­qués dans les formes simples de convul­sions fé­briles. Ces mé­di­ca­ments gardent tou­te­fois tout leur in­té­rêt pour la pré­ven­tion des ré­ci­dives chez les en­fants qui pré­sentent un haut risque de ré­ci­dive. Le risque de dé­ve­lop­per une épi­lep­sie est très faible (2% en­vi­ron).

Ka­mel BOUAOUINA

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