«Le pro­jet d’un par­te­na­riat avec les JTC reste ou­vert»

Anne Fran­çoise Ca­ba­nis, di­rec­trice du fes­ti­val mon­dial des théâtres de marionnettes de Char­le­ville-mé­zières

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture - In­ter­view réa­li­sée par Lot­fi BEN KHELIFA

Elle était à Tu­nis à l’oc­ca­sion des ré­centes Jour­nées théâtrales de Car­thage. Anne Fran­çoise Ca­ba­nis, di­rige le pres­ti­gieux fes- ti­val mon­dial des théâtres de marionnettes de Char­le­vil­le­mé­zières, en France. « Le Temps » l’a ren­con­trée. In­ter­view.

Le Temps : est-ce là votre pre­mière vi­site en Tu­ni­sie ? anne Fran­çoise Ca­ba­nis : J’y ai été vingt ans au­pa­ra­vant pour des va­cances. Mais cette fois-ci, je m’im­merge en Tu­ni­sie, en trou­vant beau­coup de plai­sir pour la dé­cou­vrir. Que pen­sez-vous des JTC sur le plan de la pro­gram­ma­tion des spec­tacles de marionnettes ?

Il n’y en avait pas as­sez. Ce­la est peu­têtre une réa­li­té due à l’ab­sence d’une offre très abon­dante et dense. Je ne sais pas, je cherche. D’un autre cô­té, j’ai vu deux pièces qui étaient in­té­res­santes : celles ivoi­rienne de l’ar­tiste We­re­were Li­king et tu­ni­sienne d’ha­bi­ba Jen­dou­bi.

Y a- t-il un par­te­na­riat entre le fes­ti­val de Char­le­ville Mé­zières et les JTC ?

Il n’y a pas en­core de par­te­na­riat, ce­la reste ou­vert. Des dis­cus­sions ont eu lieu avec le di­rec­teur des JTC. On peut ima­gi­ner des choses… En Eu­rope et en France, on est très at­ten­tif à l’évo­lu­tion de ce do­maine, à la place de la cul­ture et à l’écoute de ce qui se passe dans cette zone géo­gra­phique arabe et afri­caine. Com­ment le fes­ti­val mon­dial des théâtres de marionnettes de Char­le­vil­le­mé­zières est-il de­ve­nu le centre du monde des marionnettes ?

C’est une très belle his­toire d’amour d’un homme qui s’ap­pe­lait Jacques Fé­lix, qui était na­tif de cette ville du nord-est de la France et qui est tom­bé amou­reux des marionnettes de chif­fon. Il a fon­dé la Com­pa­gnie des pe­tits co­mé­diens de chif­fon. Il vou­lait ap­por­ter une di­men­sion à la fois cultu­relle, ar­tis­tique et in­ter­na­tio­nale et il a trou­vé que la ma­rion­nette est un mé­dium for­mi­dable. En cin­quante ans, Char­le­ville est de­ve­nue la ca­pi­tale mon­diale des théâtres de marionnettes.

Vous di­ri­gez ce fes­ti­val de­puis 2008. Y avez-vous ajou­té quelque chose, étant don­né que ce fes­ti­val est bien an­cré dans les tra­di­tions du pu­blic de la ville et des ma­rion­net­tistes du monde en­tier ?

J’es­père que j’ai contri­bué à écrire une nou­velle page de son his­toire en par­ti­cu­lier en fai­sant pas­ser son ren­dez-vous trien­nal, à ce­lui d’un ren­dez-vous bien­nal, donc à une pé­rio­di­ci­té plus rap­pro­chée. Une ville qui se trans­forme en un im­mense cas­te­let avec des marionnettes par­tout. En France et en Eu­rope, en gé­né­ral, la ma­rion­nette était consi­dé­rée comme une sous­dis­ci­pline. On est en train d’as­seoir une re­con­nais­sance au­près des par­ties concer­nées au ni­veau des ins­ti­tu­tions, des ar­tistes et des jour­na­listes. Quelle idée avez-vous par rap­port à la pro­duc­tion tu­ni­sienne en ma­tière de spec­tacles de marionnettes ?

Je dé­couvre et je vois qu’il y a des jeunes qui cherchent à re­nou­ve­ler, à ré­ac­ti­ver, à tra­vailler sur les formes. Il ne faut pas se can­ton­ner dans des choses dé­jà connues. Il y a un mou­ve­ment en Tu­ni­sie qui s’y ac­tive énor­mé­ment.

Pour­quoi le fes­ti­val est-il de­ve­nu bien­nal ?

Etant don­né qu’il existe énor­mé­ment de com­pa­gnies de théâtre de marionnettes à tra­vers le monde, il y a ma­tière à mon­trer tous les deux ans et en terme d’éco­no­mie, les re­tom­bées sont ex­trê­me­ment fortes. C’est un fes­ti­val qui rap­porte une image po­si­tive pour la ville. et votre rap­port à la ma­rion­nette, est-il ar­tis­tique, ou seule­ment ad­mi­nis­tra­tif ?

Je n’ai pas une for­ma­tion de ma­rion­net­tiste, mais j’ai une pas­sion pour la ma­rion­nette, les ren­contres…mon lien à la ma­rion­nette est dans la construc­tion de la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val.

et est-ce que l’ex­pé­rience du fes­ti­val de Char­le­ville-mé­zières a été imi­tée, si on ose le dire ?

Je ne crois pas qu’un aus­si grand ras­sem­ble­ment de ma­rion­net­tistes puisse exis­ter ailleurs dans le monde. Mais c’est sur­tout en Chine, qui s’ouvre sur l’in­ter­na­tio­nal où l’on peut trou­ver un grand fes­ti­val de marionnettes. A Char­le­ville-mé­zières, tous les pays, toutes les cultures et toutes les tech­niques sont ras­sem­blées. De plus, il est des ma­rion­net­tistes qui viennent non pas pour jouer, mais pour se frot­ter aux ex­pé­riences et tra­vaux des autres ar­tistes. On peut ci­ter l’exemple du Bun­ra­ku ja­po­nais re­pris par les Fran­çais et re­tra­vaillé. est-ce que le fes­ti­val pro­gramme des pièces de marionnettes arabes et afri­caines ?

Non et c’est la rai­son de ma pré­sence aux Jour­nées théâtrales de Car­thage pour des pro­po­si­tions et pour connaitre ces théâtres et j’es­père que dans le fu­tur, que nous pour­rons créer des ré­seaux, pour mieux connaître ces théâtres.

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