Le Ni­daa de HCE, en­core le grand per­dant ! Nou­veau for­ma­tage du pay­sage par­ti­san :

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

Au mo­ment où les pré­mices d'une amé­lio­ra­tion re­la­tive et pro­gres­sive de la si­tua­tion éco­no­mique sont vi­sibles en Tu­ni­sie et qui res­tent à confir­mer, la vie po­li­tique conti­nue à être mar­quée par des sou­bre­sauts dus, no­tam­ment, aux échanges in­cen­diaires entre les po­li­ti­ciens des di­vers cou­rants et les trans­for­ma­tions in­ces­santes su­bies par les di­verses for­ma­tions par­ti­sanes. Et au mo­ment où les mou­ve­ments so­ciaux se pour­suivent à El Ka­mur, El Faouar, à Men­zel Bour­gui­ba, à Met­laoui et bien d'autres lo­ca­li­tés du ter­ri­toire, les par­tis po­li­tiques conti­nuent à pré­sen­ter un pay­sage dis­lo­qué et, chaque jour, un peu plus dis­per­sé avec des ti­raille­ments de po­li­tique po­li­ti­cienne, sou­vent in­utiles. La triste palme en la ma­tière re­vient, comme d'ha­bi­tude et depuis les der­nières élec­tions pré­si­den­tielles et lé­gis­la­tives à Ni­daa Tou­nès qui a réus­si le tour de force se scin­der en trois en l'es­pace de deux ans, seule­ment !

Au mo­ment où les pré­mices d’une amé­lio­ra­tion re­la­tive et pro­gres­sive de la si­tua­tion éco­no­mique sont vi­sibles en Tu­ni­sie et qui res­tent à confir­mer, la vie po­li­tique conti­nue à être mar­quée par des sou­bre­sauts dus, no­tam­ment, aux échanges in­cen­diaires entre les po­li­ti­ciens des di­vers cou­rants et les trans­for­ma­tions in­ces­santes su­bies par les di­verses for­ma­tions par­ti­sanes. Et au mo­ment où les mou­ve­ments so­ciaux se pour­suivent à El Ka­mur, El Faouar, à Men­zel Bour­gui­ba, à Met­laoui et bien d’autres lo­ca­li­tés du ter­ri­toire, les par­tis po­li­tiques conti­nuent à pré­sen­ter un pay­sage dis­lo­qué et, chaque jour, un peu plus dis­per­sé avec des ti­raille­ments de po­li­tique po­li­ti­cienne, sou­vent in­utiles. La triste palme en la ma­tière re­vient, comme d’ha­bi­tude et depuis les der­nières élec­tions pré­si­den­tielles et lé­gis­la­tives à Ni­daa Tou­nès qui a réus­si le tour de force se scin­der en trois en l’es­pace de deux ans, seule­ment ! Ni­daa Tou­nès a réus­si le tour de force de perdre tous ses té­nors et ses di­ri­geants fon­da­teurs de la pre­mière heure. En ef­fet, voi­là que sept dé­pu­tés, à sa­voir Bo­chra Bel­haj Hmi­da, Lei­la Ou­led Ali, Né­jia Ben Ab­del­ha­fidh, Mond­her Bel Haj Ali, Wa­lid Jal­led, Mus­ta­pha Ben Ah­med et Lei­la Ham­rou­ni, viennent de créer leur propre bloc par­le­men­taire, dé­nom­mé « Bloc na­tio­nal ». En d’autres termes, ce bloc compte dans ses ranges des dé­pu­tés qui ont dé­mis­sion­né du bloc Ni­daa Tounes, mais sans re­joindre ce­lui des autres dé­mis­sion­naires du même par­ti ayant re­joint le par­ti Ma­chrou3 Tounes et consti­tué le groupe par­le­men­taire Al­hor­ra. Et se­lon des don­nées ré­col­tées chez les proches de ce groupe, le bloc est ap­pe­lé à être ren­for­cé, dans un plus ou moins proche ave­nir, par d’autres membres, ce qui af­fai­blit le par­ti de Ni­daa, pour­tant vain­queur, en grande pompe, des lé­gis­la­tives d’oc­tobre 2014. Les membres du nou­veau bloc es­timent que Ni­daa Tounes, dans sa for­mule ac­tuelle, ne ré­pond plus aux exi­gences de l’étape et re­pré­sente, même, un dan­ger pour le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique dans le pays comme l’a dit, en sub­stance, Bo­chra Bel­haj Ha­mi­da tout en pré­ci­sant que ce groupe a, long­temps, cru pou­voir ar­ran­ger les choses de l’in­té­rieur du par­ti, mais ils ont fini par être per­sua­dés que ce­la est im­pos­sible. Après ces nou­veaux dé­parts, sou­te­nus mo­ra­le­ment par les ba­rons du par­ti, Rid­ha Bel­haj, Faou­zi El­lou­mi, Bou­je­mâa Re­mi­li et autre Laz­har Akre­mi, le par­ti de Ni­daa ou ce qu’il en reste, perd de grands pi­liers aux­quels s’ajoutent d’autres mé­con­tents, en l’oc­cur­rence les Saïd El Ai­di, Mah­moud Ben Romd­hane et, plus ré­cem­ment en­core, Né­ji Jel­loul.

Ain­si, en dé­lais­sant ses propres « en­fants », le Ni­daa de Ha­fedh Caïd Es­seb­si a op­té pour la po­li­tique des re­cru­te­ments. C’est-à-dire qu’il pré­fère payer des « em­ployés » qui lui sont obéis­sants et do­ciles afin de construire des « vir­gi­ni­tés » et des cur­sus sur me­sure pour le « fis­ton » qu’on veut pas­ser pour une lu­mière en po­li­tique pour avoir ser­vi avec un an­cien par­ti de l’op­po­si­tion de car­ton sous le ré­gime de Ben Ali, en l’oc­cur­rence le Par­tis so­cial li­bé­ral (PSL) de Mounir El Bé­ji. D’ailleurs, comme HCE ne fait pas de dé­cla­ra­tions consis­tantes et ne par­ti­cipe pas aux dé­bats ra­dio­té­lé­vi­sés parce qu’ap­pa­rem­ment, il n’en a pas l’étoffe, on laisse la tâche dé­li­cate des prises de po­si­tions aux Bo­rhène Bsaïes, Kha­led Chou­ket, et autre Fé­rid El Bé­ji qui mul­ti­plient les bourdes et les propos dou­teux et po­lé­mistes.

D’ailleurs, la ma­jo­ri­té des ob­ser­va­teurs s’ac­cordent à dire que Ni­daa res­semble à une co­quille vide où l’on es­saie de s’ac­cro­cher à un pas­sé qui n’a plus au­cun lien avec le pré­sent. Et dire que Kha­led Chou­ket conti­nue à ré­cla­mer une re­com­po­si­tion du gouvernement d’union na­tio­nale qui soit « fi­dèle » à la confi­gu­ra­tion par­le­men­taire is­sue du scru­tin lé­gis­la­tif de 2014 ! Or, entre le Ni­daa de 2014 et ce­lui de 2017, il y a une dif­fé­rence de plus de trente sièges, ce qui fait de lui, le deuxième par­ti, loin der­rière le par­ti is­la­miste d’en­nahd­ha. D’autre part, cer­tains vont jusqu’à dire qu’un par­ti po­li­tique, comme dans toutes les dé­mo­cra­ties du monde, a be­soin, certes, d’un en­semble de com­pé­tences pour le di­ri­ger, mais il a be­soin, sur­tout, d’un seul lea­der au cha­risme et au sens de la com­mu­ni­ca­tion lui per­met­tant de s’im­po­ser face aux res­pon­sables des autres par­tis. Comme ce­la a été le cas avec Bé­ji Caïd Es­seb­si à Ni­daa ou ce­lui de Ra­ched Ghan­nou­chi à En­nahd­ha. De là à avan­cer que BCE au­rait dû pas­ser le flam­beau à Moh­sen Mar­zouk qui a une vaste culture gé­né­rale, une élo­quence à toute épreuve, un grand pou­voir de com­mu­ni­ca­tion et de per­sua­sion ain­si qu’un brin d’humour et de pré­sence d’es­prit, dé­sor­mais, né­ces­saire à tout lea­der, il n’y a qu’un pas que cer­tains ont al­lè­gre­ment, fran­chi.

D’ailleurs, des ana­lystes po­li­tiques n’écartent pas l’hy­po­thèse qu’avec le temps, le gros des forces pro­gres­sistes et mo­der­nistes, qui croient au mo­dèle et au pro­jet de so­cié­té au­quel avait cru Bé­ji Caïd Es­seb­si, pour­raient se réunir, un jour ou l’autre, plus pro­ba­ble­ment avant les élec­tions de 2019 sous une seule ban­nière avec pour chef de file le se­cré­taire gé­né­ral ac­tuel de Ma­chrou3 Tounes. D’ailleurs, les grands noms de Ni­daa étaient convain­cus, en 2014, de ga­gner le pa­ri des élec­tions, tout sim­ple­ment, parce qu’ils avaient un lea­der cha­ris­ma­tique et parce que ce lea­der s’ap­pe­lait Bé­ji Caïd Es­seb­si. On n’en est pas en­core là, mais cer­tains y pensent dé­jà et cherchent d’ores et dé­jà les moyens de concré­ti­ser cette hy­po­thèse, seule ca­pable, à leurs yeux, de leur as­su­rer une vic­toire face au ri­val tra­di­tion­nel, le par­ti En­nahd­ha qui, en dé­pit de tout ce qu’il dit quant à un chan­ge­ment de ré­fé­ren­tiel, de­meure fi­dèle à ce­lui is­la­miste. Tout sim­ple­ment parce ses bases y croient en­core et tou­jours et n’ima­ginent pas En­nahd­ha sans le­dit ré­fé­ren­tiel.

En tout état de cause, la dé­con­fi­ture du pay­sage par­ti­san est due à l’évo­lu­tion né­ga­tive au sein de Ni­daa, la­quelle évo­lu­tion est en­gen­drée par la main­mise de HCE sur ce par­ti et du vide qu’il a créé au­tour de lui avec le si­lence com­plice de son père, sans ou­blier les af­faires de né­po­tisme et de pré­su­mées cor­rup­tions. Ce qui rap­pelle, étran­ge­ment, les si­tua­tions de fin de règne sous l’ère de Bour­gui­ba et sous le ré­gime de Ben Ali. Ce qui est en­core plus mal­heu­reux, c’est que cer­tains com­mencent par se dire un « men­songe » et fi­nissent pas y croire… fer­me­ment jusqu’à se cas­ser les dents. Un pro­verbe arabe dit dans ce sens : « Bon­heur à ce­lui qui est conscient de sa vraie va­leur !»…

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