Ap­pel à la ra­tio­na­li­sa­tion de l'uti­li­sa­tion des pes­ti­cides

Le Temps (Tunisia) - - Proximité -

"Au­jourd’hui, l’uti­li­sa­tion des pes­ti­cides est une né­ces­si­té pour ré­pondre aux be­soins en ali­men­ta­tion de la po­pu­la­tion en Tu­ni­sie, sauf que la ra­tio­na­li­sa­tion de leur uti­li­sa­tion est im­por­tante pour ré­duire leurs risques po­ten­tiels sur la san­té de l’homme, l’en­vi­ron­ne­ment, le sol, l’air ain­si que la faune et la flore", c'est ce qui res­sort de la ren­contre sur "l'uti­li­sa­tion des pes­ti­cides dans la pro­duc­tion agri­cole entre l’ef­fi­ca­ci­té éco­no­mique et la san­té hu­maine" te­nue jeu­di à Tu­nis " Plus de 50% des pes­ti­cides en Tu­ni­sie ne sont pas uti­li­sés de ma­nière ra­tion­nelle ", a in­di­qué Hamadi Dkhil, di­rec­teur à l’agence na­tio­nale de contrôle sa­ni­taire et en­vi­ron­ne­men­tal des pro­duits (ANCSEP) qui in­ter­ve­nait à cette ren­contre or­ga­ni­sée à l’ini­tia­tive de l’ins­ti­tut na­tio­nal de la consom­ma­tion (INC).

Se­lon des études scien­ti­fiques, les pes­ti­cides cu­mulent des ef­fets al­ler­gi­sants, neu­ro­toxiques, can­cé­ri­gènes, mu­ta­gènes, hor­mo­naux e neu­ro­toxiques. En Tu­ni­sie, les in­toxi­ca­tions aigues dues aux pes­ti­cides oc­cupent la 2ème place après celles dues aux mé­di­ca­ments, re­pré­sen­tant 13,3% du to­tal des in­toxi­ca­tions par les pro­duits chi­miques. Le res­pon­sable a re­le­vé que son dé­par­te­ment a mis en place au cours de cette an­née, un plan de sur­veillance sur cinq ans, pour contrô­ler les ré­si­dus des pes­ti­cides qui se trouvent dans les pro­duits agri­coles, pré­ci­sant qu’à la fin de 2017, L'ANCSEP pu­blie­ra les ré­sul­tats re­la­tifs à la fi­lière des cé­réales.

Et d’ajou­ter, un sys­tème de veille sur les dan­gers plau­sibles des pes­ti­cides se­ra éga­le­ment ins­tau­ré, à tra­vers la mise en place d’une pla­te­forme re­grou­pant toutes les don­nées scien­ti­fiques re­la­tives aux pes­ti­cides. Dans le même contexte, Dkhil a fait sa­voir qu’un pro­jet d’ar­rê­té ré­gis­sant les dis­po­si­tions re­la­tives aux li­mites maxi­males ap­pli­quées aux ré­si­dus des pes­ti­cides se­ra bien­tôt pu­blié. De son cô­té, Ta­rek Ben Ja­zia, pré­sident de L’INC a pré­ci­sé que les be­soins en ali­men­ta­tion aug­men­te­ront, au cours des pro­chaines an­nées, no­tam­ment avec l’ac­crois­se­ment de la po­pu­la­tion en Tu­ni­sie, soit 14,1 mil­lions ha­bi­tants à l’ho­ri­zon de 2041, alors que la pro­duc­tion agri­cole n’évo­lue que de 20%.

Se­lon Ja­zia, les pes­ti­cides per­mettent d’as­su­rer un ren­de­ment suf­fi­sant pour l’agri­cul­teur, une ré­gu­la­ri­té de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en pro­duits agri­coles ain­si qu’une bonne qua­li­té du pro­duit, mais la ra­tio­na­li­sa­tion de leur uti­li­sa­tion de­meure un im­pé­ra­tif, afin de mi­ni­mi­ser les ré­si­dus des pes­ti­cides dans cer­tains pro­duits agri­coles. Dans son in­ter­ven­tion sur le rôle joué par le consom­ma­teur pour se pré­mu­nir des pes­ti­cides, Saw­sen Ma­j­ri in­gé­nieure prin­ci­pale à INC a ap­pe­lé les consom­ma­teurs à ne pas ache­ter les fruits et lé­gumes en­dom­ma­gés, sou­li­gnant que les pêches, les pommes, les ce­rises, les nec­ta­rines, les to­mates, les rai­sins et les lai­tues sont les plus ex­po­sés aux at­taques des in­sectes.

Les pes­ti­cides sont utiles et in­dis­pen­sables mais ils sont, aus­si, une source de dan­ger, en fonc­tion de la dose, l’ex­po­si­tion, la vul­né­ra­bi­li­té de la per­sonne. Ces dan­gers peuvent être im­mé­diats ou dif­fé­rés. Dans le monde, L’OMS a es­ti­mé que les cas d’in­toxi­ca­tion s’élèvent à 3 mil­lions par contre un nombre des dé­cès de l’ordre de 220 mille an­nuel­le­ment.

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