Re­mise des tro­phées «de l’ami­tié et de la Fi­dé­li­té» à 3 ci­néastes eu­ro­péens

La tom­bée de ri­deau des Ren­contres ci­né­ma­to­gra­phiques de Her­gla (près de Sousse), mar­di soir, a été mar­quée par la re­mise des tro­phées "de l’ami­tié et de la Fi­dé­li­té " à trois ci­néastes eu­ro­péens, les tech­ni­ciens ita­liens Carlo Fio­ret­ti et Pi­no Ber­tuc­ci e

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE -

La tom­bée de ri­deau des Ren­contres ci­né­ma­to­gra­phiques de Her­gla (près de Sousse), mar­di soir, a été mar­quée par la re­mise des tro­phées «de l’ami­tié et de la Fi­dé­li­té» à trois ci­néastes eu­ro­péens, les tech­ni­ciens ita­liens Carlo Fio­ret­ti et Pi­no Ber­tuc­ci et le réa­li­sa­teur es­pa­gnol Fer­nan­do Ar­ra­bal. Carlo Fio­ret­ti et Pi­no Ber­tuc­ci, res­pec­ti­ve­ment as­sis­tant du di­rec­teur pho­to et tech­ni­cien d’éclai­rage sur le tour­nage en 1968 du film «Les Actes des Apôtres» de Ro­ber­to Ros­sel­li­ni ont été ho­no­rés à l’oc­ca­sion de leur re­tour à Her­gla. Fer­nan­do Ar­ra­bal, ho­no­ré pour son re­tour 48 ans après le tour­nage, en 1971, de son film «Vi­va La Muerte», a dé­cla­ré être énor­mé­ment ému de se voir ré­com­pen­sé d’»un très grand tro­phée de la Tunisie».

La cé­ré­mo­nie de clô­ture a été ani­mée par Mo­ha­med Chal­louf, di­rec­teur des Ren­contres, qui as­sure chaque soir la pré­sen­ta­tion des hôtes et des pro­jec­tions qu’abrite la Bi­blio­thèque de la ville de Her­gla.

Chal­louf a dé­cla­ré être sa­tis­fait du bi­lan de l’édi­tion 2018 des Ren­contres ci­né­ma­to­gra­phiques de Her­gla, or­ga­ni­sées par l’as­so­cia­tion cultu­relle Afri­que­mé­di­ter­ra­née, qu’abrite la pe­tite ville de Her­gla, en pré­sence des grands du ci­né­ma tu­ni­sien et étran­ger». «Mal­gré les contraintes fi­nan­cières, l’initiateur et di­ri­geant de la ma­ni­fes­ta­tion, dit oeu­vrer à pro­po­ser un ci­né­ma d’éveil pour les nou­velles gé­né­ra­tions et des ac­ti­vi­tés de qua­li­té pour les en­fants».

Carlo Fio­ret­ti et Pi­no Ber­tuc­ci, res­pec­ti­ve­ment as­sis­tant du di­rec­teur pho­to et tech­ni­cien d’éclai­rage sur le tour­nage en 1968 du film "Les Actes des Apôtres" de Ro­ber­to Ros­sel­li­ni ont été ho­no­rés à l’oc­ca­sion de leur re­tour à Her­gla. Fer­nan­do Ar­ra­bal, ho­no­ré pour son re­tour 48 ans après le tour­nage, en 1971, de son film "Vi­va La Muerte", a dé­cla­ré être énor­mé­ment ému de se voir ré­com­pen­sé d’"un très grand tro­phée de la Tunisie ".

La cé­ré­mo­nie de clô­ture a été ani­mée par Mo­ha­med Chal­louf, di­rec­teur des Ren­contres qui as­sure chaque soir la pré­sen­ta­tion des hôtes et des pro­jec­tions qu’abrite la Bi­blio­thèque de la ville de Her­gla.

Chal­louf a dé­cla­ré être sa­tis­fait du bi­lan de l’édi­tion 2018 des Ren­contres ci­né­ma­to­gra­phiques de Her­gla, or­ga­ni­sées par l’as­so­cia­tion cultu­relle Afrique-mé­di­ter­ra­née, qu’abrite la pe­tite ville de Her­gla, en pré­sence des grands du ci­né­ma tu­ni­sien et étran­ger". "Mal­gré les contraintes fi­nan­cières, l’initiateur et di­ri­geant de la ma­ni­fes­ta­tion, dit oeu­vrer à pro­po­ser un ci­né­ma d’éveil pour les nou­velles gé­né­ra­tions et des ac­ti­vi­tés de qua­li­té pour les en­fants".

Dans une pers­pec­tive vi­sant à ini­tier les gé­né­ra­tions fu­tures à la né­ces­si­té de pré­ser­ver le pa­tri­moine au­dio­vi­suel pri­vé et fa­mi­lial, les en­fants de Her­gla ont eu l’oc­ca­sion de réa­li­ser des re­por­tages pho­tos et vi­déo, dans le cadre de l’ate­lier di­ri­gé par Ka­mel Bel­lil, en col­la­bo­ra­tion avec le ci­né club et l’as­so­cia­tion Her­gla El Mos­tak­bal. Après dif­fu­sion d’un court re­por­tage réa­li­sé par l’équipe des Ren­contres, les en­fants sont mon­tés sur scène pour par­ler de leurs tra­vaux et de cette ex­pé­rience qu’ils consi­dèrent unique et amu­sante du­rant la­quelle ils ont ar­pen­tés les di­vers en­droits de la ville et pris connais­sance des mé­tiers et des gens de leur ci­té.

Des té­moi­gnages du pu­blic ont été dif­fu­sés dans un clip vi­déo sur le dé­rou­le­ment d’une

édi­tion in­édite axée sur des films cultes du ci­né­ma tu­ni­sien et ita­lien des an­nées 60 et le dé­but des tour­nages sur cette ville cô­tière à l’as­pect géo­gra­phique et ar­chi­tec­tu­ral as­sez par­ti­cu­lier et au­then­tique. Dans ce vil­lage de pê­cheur, avait dé­bar­qué, en 1968, le réa­li­sa­teur ita­lien Ro­ber­to Ros­sel­li­ni pour le tour­nage de son film culte "Les Actes des Apôtres". Un grand hom­mage a été ren­du à Ros­sel­li­ni et à son oeuvre, à tra­vers la pro­jec­tion de deux épi­sodes de son film (5 épi­sodes en tout), en cette an­née qui marque les 50 ans du pas­sage de ce cé­lèbre ci­néaste. La tra­duc­tion des sous-ti­trages en Fran­çais a été réa­li­sée par Ja­net Chou­chène.

Les com­pa­gnons de Ros­sel­li­ni, Carlo Fio­ret­ti et Pi­no Ber­tuc­ci, sont ve­nus té­moi­gner sur leur pas­sage mé­mo­rable à Her­gla. Fio­ret­ti a pré­sen­té une ex­po­si­tion sur les cou­lisses du tour­nage et des images de la vie dans la Tunisie d’an­tan.

L’oncle He­di est aus­si l’un des té­moins par­mi les ha­bi­tants de la ville, qui était pré­sent au tour­nage du film de Ros­sel­li­ni, comme fi­gu­rant et em­ployé.

Plu­sieurs réa­li­sa­teurs, pro­duc­teurs, tech­ni­ciens et ac­teurs ayant col­la­bo­ré aux dif­fé­rents tour­nages sur la ville ont éga­le­ment pré­sen­té le sou­ve­nir d’une étape faste en pro­duc­tion ci­né­ma­to­gra­phique. Le pro­duc­teur Has­sen Dal­doul, La mon­teuse Ka­he­na At­tia, les réa­li­sa­teurs Fa­rid Bou­ghe­dir et Lot­fi Layou­ni ont été aux dé­buts de leurs car­rières res­pec­tives dans un sec­teur qui peine à sau­ve­gar­der son riche pa­tri­moine fait de bo­bines sou­vent mal conser­vées. L’évè­ne­ment mar­quant de ces Ren­contres était la table ronde mo­dé­rée par le réa­li­sa­teur et cri­tique de ci­né­ma Ka­mel Ben Oua­nès sur les ou­tils de sau­ve­garde du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique. Pour Chal­louf, "ce­la a été un mo­ment fort de cette édi­tion, vu la si­tua­tion des ar­chives de l’au­dio­vi­suel as­sez dé­li­cate qui né­ces­site une in­ter­ven­tion ur­gente de l’etat, des pro­fes­sion­nels et des as­so­cia­tions ac­tives de la so­cié­té ci­vile".

Il s’est fé­li­ci­té de la pré­sence des pro­fes­sion­nels, di­ri­geants ins­ti­tu­tion­nels et so­cié­té ci­vile dans ce dé­bat sur la sau­ve­garde du pa­tri­moine du ci­né­ma et de leurs ap­proches. Ce qui, à son avis, "consti­tue un grand pas vers la re­fonte du pro­ces­sus de pré­ser­va­tion du pa­tri­moine fil­mique et ico­no­gra­phique na­tio­nal".

La sau­ve­garde du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique en Tunisie sous la loupe des pro­fes­sion­nels !

Col­lecte, res­ti­tu­tion, res­tau­ra­tion, nu­mé­ri­sa­tion sont les mots d’ordre en ma­tière de sau­ve­garde et de con­ser­va­tion du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique. Pour ce faire, tout un pro­ces­sus s’im­pose im­pli­quant Etat et spé­cia­listes, et moyen­nant des lois et des res­sources hu­maines et fi­nan­cières sans les­quelles il se­rait uto­pique, se­lon les ex­perts, de pou­voir gar­der cet as­pect de l’iden­ti­té cultu­relle du pays.

" Quels dis­po­si­tifs pour une meilleure sau­ve­garde et une ef­fi­ciente pro­mo­tion du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique ?", était le thème sou­le­vés par les pro­fes­sion­nels du ci­né­ma réunis aux 13emes Jour­nées ci­né­ma­to­gra­phiques de Her­gla.

Pro­duc­teurs, réa­li­sa­teurs, uni­ver­si­taires, res­pon­sables d’ins­ti­tu­tions cultu­relles en re­la­tion avec le ci­né­ma ont fait le point sur l’état des lieux d’un sec­teur qui souffre cruel­le­ment d’un vé­ri­table ou­til ef­fi­cient pour la pré­ser­va­tion des mil­liers de bo­bines qui logent aux dé­pôts ou chez les par­ti­cu­liers sou­vent dans des condi­tions dé­fa­vo­rables.

Ils ont lar­ge­ment abor­dé la pro­blé­ma­tique pro­po­sant une vi­sion qu’ils sou­haitent com­mune pour pa­rer aux obs­tacles qui se posent de­vant la pré­ser­va­tion de la mé­moire ci­né­ma­to­gra­phique et au­dio­vi­suelle col­lec­tive na­tio­nale.

Cette re­flexion sur les moyens de sau­ve­gar­der le pa­tri­moine fil­mique et ico­no­gra­phique in­ter­vient à la lu­mière du constat fait par les ac­teurs ci­né­ma­to­gra­phiques es­ti­mant le pa­tri­moine fil­mique en pé­ril. De rares ini­tia­tives sont en train d’être faites pour la res­ti­tu­tion et la sau­ve­garde d’an­ciens films tour­nés en Tunisie par des ci­néastes tu­ni­siens et eu­ro­péens. Jusque là, l’opé­ra­tion est sou­vent ef­fec­tuée dans le cadre d’un par­te­na­riat avec des or­ga­nismes eu­ro­péens com­pé­tents. Has­san Dal­doul, pro­duc­teur de films, a si­gna­lé la né­ces­si­té d’ac­tua­li­ser le cadre ju­ri­dique et les lois exis­tantes qui de­meurent peu ef­fi­caces sur le plan pra­tique dans la pro­tec­tion des droits d’au­teurs pour tous les ac­teurs de la chaine de pro­duc­tion (ac­teurs, réa­li­sa­teurs et pro­duc­teurs).

Pour Nou­ra Nef­zi, mon­teuse et uni­ver­si­taire , il est né­ces­saire d’établir une stra­té­gie de sau­ve­garde qui couvre toute l’ex­pé­rience ci­né­ma­to­gra­phique de­puis la pro­duc­tion jus­qu’à la ré­cep­tion. Elle a pro­po­sé aus­si la créa­tion d’une nou­velle spé­cia­li­té dans la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et uni­ver­si­taire pour for­mer les fu­turs tech­ni­ciens qui as­su­re­ront la sau­ve­garde du pa­tri­moine dans le ci­né­ma. Une autre contrainte se pose de­vant le pro­ces­sus de con­ser­va­tion dans le ci­né­ma qui se­lon le réa­li­sa­teur Na­ceur Khe­mir se­rait at­tri­buée au manque de vo­lon­té de faire avancer les choses, ci­tant l’exemple du pa­tri­moine ar­tis­tique qui se trouve dans la même si­tua­tion. Hi­chem Ben Am­mar, di­rec­teur de la Ci­né­ma­thèque tu­ni­sienne a défendu le rôle de la Ci­né­ma­thèque en tant qu’or­ga­nisme au­to­nome re­le­vant du Centre Na­tio­nal du Ci­né­ma et de l'image (CNCI). Le pro­ces­sus de con­ser­va­tion du pa­tri­moine du ci­né­ma tu­ni­sien ne peut avancer avant "la ré­cep­tion du bud­get pré­vu qui lui se­ra al­loué en 2019 ".

Sa­mir Ze­ghaya, di­rec­teur du ci­né­ma et des arts vi­suels au mi­nis­tère des Af­faires Cultu­relles a si­gna­lé que la sau­ve­garde du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique est l'un des sou­cis ma­jeurs du dé­par­te­ment.

Le réa­li­sa­teur Fa­rid Bou­ghe­dir a in­sis­té sur "la com­plexi­té de la ques­tion de sau­ve­garde du pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique et au­dio­vi­suel qui n’est pas en train d’avancer face à la per­sis­tance des consi­dé­ra­tions per­son­nelles étroites de cer­tains ac­teurs cultu­rels."

Les re­com­man­da­tions et ré­so­lu­tions is­sues du dé­bat hou­leux entre pro­fes­sion­nels pré­sents, concernent es­sen­tiel­le­ment le CNCI qui de­vrait se­lon eux bé­né­fi­cier d’un mé­ca­nisme de fi­nan­ce­ment à l’image de ce qui existe chez ses ho­mo­logues no­tam­ment au Ma­roc, en France, en Es­pagne ou en Ita­lie. Ils ont sug­gé­ré un pré­lè­ve­ment sur les bé­né­fices de l’au­dio­vi­suel (four­nis­seur d’in­ter­net, opé­ra­teurs de té­lé­pho­nie mo­bile, re­de­vances au­dio­vi­suelles sur la fac­ture d’élec­tri­ci­té) qui per­met­trait de dé­ve­lop­per les sec­teurs de l’image et de l’au­dio­vi­suel tu­ni­sien et no­tam­ment l’in­dis­pen­sable pré­ser­va­tion de la mé­moire et du riche pa­tri­moine tu­ni­sien dans ce do­maine.

Ils ont aus­si sou­li­gné l'ur­gence d'un re­cen­se­ment com­plet des do­cu­ments exis­tants et l’éta­blis­se­ment d'un cadre ju­ri­dique adé­quat.

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