Co­hé­rence et exem­pla­ri­té

Tu­ni­sie Va­leurs à la cote

L'Economiste Maghrébin - - La une - Pro­pos re­cueillis par Hé­di Me­chi et M.I

An­cien mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment, de l’In­ves­tis­se­ment et de la Coo­pé­ra­tion in­ter­na­tio­nale et des Fi­nances (par in­té­rim de 2016 à 2017), Fadhel Ab­del­ke­fi, s’est at­te­lé, dès son re­tour à sa mai­son d’ori­gine Tu­ni­sie Va­leurs, à la tâche de pré­pa­rer l’in­tro­duc­tion en Bourse de son en­tre­prise. Il se met ain­si en co­hé­rence avec ses propres convic­tions. Il s’ap­plique à lui-même, c’est-à-dire au groupe qu’il pré­side, ce qu’il prêche de­puis fort long­temps au­près des chefs d’en­tre­prise en si­tua­tion d’ac­cé­der à la Bourse. L’homme est ain­si fait, il ne s’exo­nère ja­mais du sa­cro-saint prin­cipe d’hon­nê­te­té in­tel­lec­tuelle et du de­voir d’exem­pla­ri­té. Cette thé­ra­pie de groupe, à ca­rac­tère pré­ven­tif, est sa­lu­taire. « Elle re­donne du to­nus, de la vi­gueur et des cou­leurs aux so­cié­tés qui ac­cèdent à la Bourse. Celles-ci gagnent en trans­pa­rence, donc en ef­fi­ca­ci­té ». « Di­luer le ca­pi­tal, di­ra-t-il en­core, le sé­pa­rer de l’im­pé­ra­tif de ma­na­ge­ment, dé­ve­lop­per un ca­pi­ta­lisme po­pu­laire et sur­tout as­su­rer les condi­tions de réus­site d’une trans­mis­sion soft ajoutent au rayon­ne­ment de l’en­tre­prise, à sa no­to­rié­té et sa pé­ren­ni­sa­tion. L’in­tro­duc­tion en Bourse lui pro­cure de sur­croît des res­sources propres tout en ré­dui­sant ses charges d’en­det­te­ment liées à sa dé­pen­dance à l’égard des banques ». L’in­tro­duc­tion de Tu­ni­sie Va­leurs en Bourse, qui a à son ac­tif de grandes réus­sites bour­sières… un pre­mier grand pas qui de­vrait ba­li­ser le ter­rain à un pro­jet plus im­por­tant, ce­lui de trans­for­mer Tu­ni­sie Va­leurs, qui offre dé­jà un bou­quet fi­nan­cier des plus va­riés (in­ter­mé­dia­tion en Bourse, ges­tion d’ac­tifs, in­gé­nie­rie fi­nan­cière, ac­ti­vi­té de Spé­cia­liste en Va­leurs du Tré­sor), en banque d’af­faires.

Dans cette in­ter­view avec l’Eco­no­miste Magh­ré­bin, l’an­cien pré­sident de la Bourse de Tu­nis re­vient sur le par­cours de Tu­ni­sie Va­leurs et ex­plique à sa ma­nière calme et se­reine le pour­quoi et le com­ment de cette in­tro­duc­tion en Bourse. Sol­li­ci­té sur la si­tua­tion éco­no­mique du pays, Fadhel Ab­del­ké­fi éva­cue du trait de la main, l’écume des jours pour ne consi­dé­rer que les ten­dances lourdes et les signes si­gni­fi­ca­tifs qui ne lui ins­pirent au­cune crainte. Bien au contraire, il af­fiche un op­ti­misme de rai­son qui l’a tou­jours ani­mé. Il af­firme sans hé­si­ta­tion au­cune que le po­ten­tiel du pays reste plus grand que les pro­grès réa­li­sés et que pour faire bou­ger les lignes. Au­tant dire, pour chan­ger les choses et re­dres­ser la barre, il suf­fit juste de s’en­tendre sur le rôle à don­ner à l’Etat. In­ter­view.

L’in­tro­duc­tion en Bourse de Tu­ni­sie Va­leurs in­ter­vient après presque trente ans d’exer­cice, pour­quoi main­te­nant ?

Avant d’évo­quer le pour­quoi de cette in­tro­duc­tion, je sou­hai­te­rais par­ler de cette « mai­son » Tu­ni­sie Va­leurs qui re­pré­sente pour moi une aven­ture hu­maine et pro­fes­sion­nelle ex­cep­tion­nelle. Tu­ni­sie Va­leurs est née au dé­but des an­nées 90, à la fa­veur de l’émer­gence d’un mar­ché fi­nan­cier tu­ni­sien, de l’ar­ri­vée des pre­miers em­prunts obli­ga­taires tu­ni­siens et des pre­mières in­tro­duc­tions en Bourse sur la place de Tu­nis mais aus­si de la pro­mul­ga­tion de la loi n°94-117 por­tant ré­or­ga­ni­sa­tion du mar­ché fi­nan­cier. Cette loi conti­nue à or­ga­ni­ser ce mar­ché, entre une Bourse

dé­te­nue par les in­ter­mé­diaires, un Conseil du mar­ché fi­nan­cier char­gé de la ré­gu­la­tion et une Banque cen­trale des titres qui s’ap­pe­lait à l’époque STICODEVAM et qui porte le nom au­jourd’hui de Tu­ni­sie Clea­ring.

Au­jourd’hui, au bout d’un peu moins de 30 ans, Tu­ni­sie Va­leurs s’est spé­cia­li­sée dans plu­sieurs lignes de mé­tiers dont l’in­ter­mé­dia­tion en Bourse, qui est la ligne la plus connue du grand pu­blic. La deuxième ligne de mé­tier c’est la ges­tion d’ac­tifs, et Tu­ni­sie Va­leurs a été tout au long de ces an­nées, pré­cur­seur dans le lan­ce­ment de nou­veaux pro­duits d’épargne. La so­cié­té a créé en 1992 le pre­mier vé­hi­cule de pla­ce­ment obli­ga­taire « TU­NI­SIE SICAV » et a lan­cé la pre­mière OPV. En 1993, elle a créé sa pre­mière SICAV mixte. Il y a eu par la suite le lan­ce­ment des fonds com­muns de pla­ce­ments (comptes gé­rés, comptes épargne en ac­tions). Tu­ni­sie Va­leurs est de nos jours le plus grand gé­rant d’ac­tifs à l’échelle na­tio­nale avec des ac­tifs sous ges­tion de l’ordre de 878 mil­lions de di­nars entre ges­tion col­lec­tive et ges­tion in­di­vi­duelle.

Notre troi­sième ligne de mé­tier, c’est l’in­gé­nie­rie fi­nan­cière (le­vée de fonds obli­ga­taires, in­tro­duc­tions en Bourse, le­vée de fonds ac­tions pour les en­tre­prises, opé­ra­tions de fu­sion-ac­qui­si­tion, ces­sions ma­jo­ri­taires pour des étran­gers, pri­va­ti­sa­tions…) et c’est la ligne qui va tout droit avec notre as­pi­ra­tion et notre pro­jet de trans­for­mer Tu­ni­sie Va­leurs en banque d’af­faires.

Tu­ni­sie Va­leurs est aus­si spé­cia­liste en va­leurs du Tré­sor. Nous sommes des in­ter­lo­cu­teurs pri­vi­lé­giés du Tré­sor pu­blic et nous conti­nuons à être le seul SVT non ban­caire de la Tu­ni­sie.

Nous sommes tou­jours or­ga­ni­sés en Part­ner­ship et nous sommes au­jourd’hui contents du fait qu’une grande par­tie de l’ac­tion­na­riat de l’en­tre­prise est dé­te­nue par ses em­ployés. C’est, pour nous, la meilleure ma­nière de mo­ti­ver et de fi­dé­li­ser nos équipes.

S’agis­sant de l’opé­ra­tion d’in­tro­duc­tion en Bourse, l’ac­tion­naire de ré­fé­rence c’est In­te­gra Part­ners qui est un hol­ding fi­nan­cier créé en 2007 en vue de re­grou­per les par­ti­ci­pa­tions des prin­ci­paux ac­tion­naires des so­cié­tés « Tu­ni­sie Va­leurs » et « Tu­nin­vest Fi­nance Group » dans une même en­ti­té.

Pour re­ve­nir au pour­quoi de l’in­tro­duc­tion, ce pro­jet m’a été confié dès mon re­tour à l’en­tre­prise en oc­tobre der­nier, je di­rais que l’in­tro­duc­tion de la so­cié­té Tu­ni­sie Va­leurs sur le Mar­ché Prin­ci­pal de la BVMT ré­pond es­sen­tiel­le­ment à un sou­ci de conso­li­der la pé­ren­ni­té de l’en­tre­prise et de pré­pa­rer sa trans­mis­sion. Cette in­tro­duc­tion per­met­tra par ailleurs d’ac­croître la no­to­rié­té de

l’en­tre­prise sur l’échelle na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale, de ga­ran­tir la li­qui­di­té du titre et de bé­né­fi­cier de l’avan­tage fis­cal en ou­vrant plus de 30% du ca­pi­tal.

L’in­tro­duc­tion s’ef­fec­tue­ra par la mise sur le mar­ché, dans le cadre d’une ces­sion de la part des ac­tion­naires ac­tuels de 704 572 ac­tions d’une va­leur no­mi­nale de 5 DT cha­cune, re­pré­sen­tant un pour­cen­tage d’ou­ver­ture de 35,23% du ca­pi­tal so­cial ac­tuel, dont 30,23% dans le pu­blic. Le prix de l’ac­tion, tous frais, com­mis­sions, cour­tages et taxes com­pris, a été fixé à 31 DT. Les sous­crip­tions sont ou­vertes du 29 août 2018 au 14 sep­tembre 2018 et nous es­pé­rons qu’avant la fin du mois de sep­tembre, Tu­ni­sie Va­leurs se­ra le pre­mier in­ter­mé­diaire en Bourse/Ges­tion­naire d’ac­tifs co­tée à la Bourse de Tu­nis.

Avez-vous bon es­poir que de­main de grosses en­tre­prises viennent s’in­tro­duire ?

Je conti­nue à pen­ser qu’il existe tou­jours un gap im­por­tant entre l’in­fra­struc­ture tech­nique et ju­ri­dique de la Bourse de Tu­nis qui ré­pond par­fai­te­ment aux meilleurs stan­dards mon­diaux et son ap­port à l’éco­no­mie na­tio­nale. En ef­fet, le mar­ché fi­nan­cier tu­ni­sien ne par­ti­cipe qu’à rai­son de 7 à 8% au fi­nan­ce­ment de l’éco­no­mie na­tio­nale, (contre 20 à 25% sous d’autres cieux). Le deuxième in­di­ca­teur ré­vé­la­teur c’est ce­lui de la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière rap­por­tée au PIB, qui reste en de­çà des es­pé­rances et des ra­tios en­re­gis­trés ailleurs, s’éta­blis­sant à 25-26% du PIB contre des ni­veaux de ca­pi­ta­li­sa­tion frô­lant le PIB dans d’autres pays. Dans des pays com­pa­rables au nôtre, la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière se si­tue entre 60 et 80% du PIB.

C’est dire que le po­ten­tiel existe en Tu­ni­sie mais pour l’ex­plo­rer, un grand tra­vail pé­da­go­gique est né­ces­saire afin d’ex­pli­quer aux en­tre­prises les avan­tages as­so­ciés à la Bourse.

Ne pen­sez-vous pas que le fait de dur­cir les condi­tions d’ac­cès au cré­dit est de na­ture à fa­vo­ri­ser la Bourse ?

La ré­ponse est oui, si un tra­vail est fait pour ex­pli­quer aux en­tre­prises tu­ni­siennes dont la ma­jo­ri­té est as­sez en­det­tée, que la Bourse et les mar­chés fi­nan­ciers peuvent ré­soudre au moins trois pro­blèmes à la fois,

Le sec­teur pri­vé a fait preuve, du­rant les an­nées dif­fi­ciles qu’a tra­ver­sées le pays, d’une grande ré­si­lience et c’est la rai­son pour la­quelle je conti­nue à pen­ser que le po­ten­tiel éco­no­mique de la Tu­ni­sie est lar­ge­ment au-des­sus des pro­grès réa­li­sés et que com­pa­ra­ti­ve­ment à des sites concur­rents di­rects, la Tu­ni­sie reste un site ex­trê­me­ment com­pé­ti­tif aus­si bien pour les lo­caux que pour les étran­gers.

à sa­voir la trans­mis­sion des en­tre­prises, leur pé­ren­ni­sa­tion et la le­vée des fonds né­ces­saires. Mais pour pou­voir ti­rer pro­fit de tous ces avan­tages, il faut d’abord se confor­mer aux prin­cipes et règles ré­gis­sant la cote.

L’in­tro­duc­tion en Bourse de Tu­ni­sie Va­leurs se­rait-elle un pre­mier pas vers un pro­jet plus im­por­tant ?

La vé­ri­té est que la so­cié­té n’a pas be­soin de fonds et qu’elle est même sur­ca­pi­ta­li­sée. Son in­tro­duc­tion en Bourse est donc une opé­ra­tion cash-out qui ouvre la voie à moyen et long terme à d’autres opé­ra­tions plus im­por­tantes. La pre­mière en vue, et c’est un dossier sur le­quel nous tra­vaillons de­puis plu­sieurs mois, c’est de trans­for­mer Tu­ni­sie Va­leurs en banque d’af­faires.

En ef­fet, Tu­ni­sie Va­leurs a tou­jours pra­ti­qué les di­vers mé­tiers de banque d’af­faires (conseil, le­vées de fonds, pri­va­ti­sa­tions, in­tro­duc­tions en Bourse …) sans avoir le la­bel d’une banque d’af­faires, mais le fait de ne pas l’avoir nous écarte de fac­to de plu­sieurs opé­ra­tions, no­tam­ment à l’in­ter­na­tio­nal. Et comme nous avons dé­ve­lop­pé une ac­ti­vi­té très im­por­tante en Afrique sub­sa­ha­rienne, no­tam­ment en ma­tière de lo­gi­ciels et de conseil, je pense que le fait d’avoir cette li­cence de banque d’af­faires va conso­li­der cette dé­marche de Bou­tique/Banque d’af­faires/ In­ter­mé­diaire en Bourse, sa­chant que dans l’es­pace tu­ni­sien il y a au­jourd’hui de la place pour une autre banque d’af­faires.

N’au­riez-vous pas pu le faire sans ce pas­sage par la Bourse ?

As­su­ré­ment mais comme je l’ai dé­jà men­tion­né, nous avions aus­si, comme tout autre en­tre­prise, un sou­ci de trans­mis­sion de la so­cié­té. Et puis, je pense qu’une en­tre­prise co­tée est aus­si plus vi­sible d’au­tant plus qu’il s’agit de la pre­mière ex­pé­rience du genre dans notre cor­po­ra­tion d’in­ter­mé­diaires en Bourse.

Nous sommes en pé­riode de sous­crip­tions, nous al­lons tout faire aux cô­tés de notre confrère AFC, qui s’oc­cupe de l’in­tro­duc­tion en Bourse, pour sé­cu­ri­ser l’opé­ra­tion que nous avons struc­tu­rée entre Pla­ce­ment pri­vé ( 14,19% de l’offre) et pla­ce­ment pu­blic ( 85,81% de l’offre). Au fi­nal, nous sou­hai­tons avoir des ac­tion­naires ca­pables, en nombre et en qua­li­té, d’amé­lio­rer la gou­ver­nance de l’en­tre­prise.

Ne voyez-vous pas de pa­ra­doxe entre une crois­sance atone et les brillants ré­sul­tats réa­li­sés par les so­cié­tés à la cote, no­tam­ment les banques. Notre éco­no­mie n’est-elle pas de­ve­nue une éco­no­mie à deux vi­tesses entre un sec­teur pri­vé as­sez per­for­mant, no­tam­ment les grands groupes, et un sec­teur pu­blic qui la plombe en quelque sorte ?

Je pense que ce n’est pas très pa­ra­doxal car les bé­né­fices des so­cié­tés co­tées ont for­te­ment pro­gres­sé et no­tam­ment ceux du sec­teur ban­caire. Les épar­gnants et les ins­ti­tu­tion­nels lo­caux et étran­gers ont ré­agi à cette pro­gres­sion et nous sommes à la troi­sième an­née de crois­sance à deux chiffres de cet in­dice.

C’est vrai que le sec­teur pri­vé a fait preuve, du­rant les an­nées dif­fi­ciles qu’a tra­ver­sées le pays, d’une grande ré­si­lience et c’est la rai­son pour la­quelle je conti­nue à pen­ser que le po­ten­tiel éco­no­mique de la Tu­ni­sie est lar­ge­ment au-des­sus des pro­grès

réa­li­sés et que com­pa­ra­ti­ve­ment à des sites concur­rents di­rects, la Tu­ni­sie reste un site ex­trê­me­ment com­pé­ti­tif aus­si bien pour les lo­caux que pour les étran­gers.

Mais de l’autre cô­té, les fi­nances pu­bliques du pays sont dans une si­tua­tion ex­trê­me­ment com­pli­quée et une prise de conscience est, à cet égard, né­ces­saire sur le fait qu’une éco­no­mie ne peut en au­cun cas pros­pé­rer avec des fi­nances pu­bliques en com­pli­ca­tion conti­nuelle.

Pour ne don­ner qu’un exemple, le phé­no­mène de li­qui­di­té qui ca­rac­té­rise au­jourd’hui le mar­ché est en par­tie dû à une cer­taine évic­tion faite par l’Etat tu­ni­sien qui doit lui-même se re­fi­nan­cer par rap­port à un bud­get pas­sant de l’ordre de 18,6 mil­liards de di­nars en 2010 à 35 mil­liards de di­nars ac­tuel­le­ment.

Une grande par­tie du dé­fi­cit pro­vient-il des en­tre­prises pu­bliques ?

Tout à fait. En tout cas, une chose est sûre. La si­tua­tion ac­tuelle est ex­trê­me­ment dif­fi­cile et pour re­dres­ser la barre une cer­taine prise de conscience est né­ces­saire. Il faut qu’on sorte du dé­ni et qu’on réunisse toutes les par­ties pre­nantes au­tour d’une même table pour dis­cu­ter des so­lu­tions pos­sibles, d’une ma­nière pai­sible et apai­sée, sans préa­lables idéo­lo­giques ou autres.

L’heure est au prag­ma­tisme. Et le prag­ma­tisme né­ces­site avant tout qu’on se mette d’ac­cord sur le rôle qu’on sou­haite don­ner à l’Etat. L’Etat Tu­ni­sien ne peut plus jouer en 2018 le rôle qui était le sien du­rant les dé­cen­nies ayant sui­vi l’in­dé­pen­dance.

C’est d’un pas­sage d’un Etat gé­rant à un Etat ga­rant et stra­tège dont nous avons au­jourd’hui be­soin, mais un pas­sage au­quel toutes les par­ties doivent adhé­rer. Mieux vaut, à mon avis, concen­trer le rôle de l’Etat sur les res­pon­sa­bi­li­tés ré­ga­liennes (dé­fense, trans­port, édu­ca­tion, san­té, sport, en­sei­gne­ment su­pé­rieur, cul­ture…) et confier le reste à un sec­teur pri­vé per­for­mant et pa­triote qui paye ses im­pôts et ho­nore ses res­pon­sa­bi­li­tés ci­toyennes.

Mais ce sec­teur pri­vé a be­soin d’un vis-à-vis qui doit as­su­mer plei­ne­ment des res­pon­sa­bi­li­tés qui doivent être les siennes…

Nous fai­sons vi­si­ble­ment face au­jourd’hui à un pro­blème d’ab­sence de l’au­to­ri­té de

Les fi­nances pu­bliques du pays sont dans une si­tua­tion ex­trê­me­ment com­pli­quée et une prise de conscience est, à cet égard, né­ces­saire sur le fait qu’une éco­no­mie ne peut en au­cun cas pros­pé­rer avec des fi­nances pu­bliques en com­pli­ca­tion conti­nuelle.

l’Etat. Dans cette courbe d’ap­pren­tis­sage de la dé­mo­cra­tie que nous tra­ver­sons, les lignes de dé­mar­ca­tion ne sont pas en­core dé­fi­nies de ma­nière claire.

Mais les gens en charge de l’Etat doivent sim­ple­ment com­prendre que nous sommes dans une sorte de gâ­chis, car nous avons en quelque sorte une éco­no­mie per­for­mante, ré­si­liente, et une ca­pa­ci­té très im­por­tante à l’ex­port dans cer­taines niches ; celles-ci se heurtent mal­heu­reu­se­ment à des fi­nances pu­bliques stres­sées, blo­quant toute pers­pec­tive de pros­pé­ri­té. Les dés­équi­libres ma­croé­co­no­miques sont en ef­fet de na­ture à agir au­to­ma­ti­que­ment sur la mi­cro-éco­no­mie.

C’est à tra­vers une dis­cus­sion in­tel­lec­tuelle apai­sée que ce genre de dé­bat doit être en­ga­gé pour faire va­loir l’in­té­rêt du pays.

Faut-il créer une struc­ture dé­diée à ce genre de dé­bat à l’image de l’an­cien conseil éco­no­mique ?

Il faut dé­jà com­men­cer par vendre l’idée que par­tout dans le monde il n’y a plus d’éco­no­mie de droite et d’éco­no­mie de gauche. Par­tout dans le monde, il est au­jourd’hui ques­tion de po­li­tique prag­ma­tique. Il y a une bonne et une mau­vaise po­li­tique éco­no­mique. Et ce prag­ma­tisme nous ren­voie en­core une fois vers la né­ces­si­té de re­dé­fi­nir le rôle de l’Etat car 60 ans après l’in­dé­pen­dance, l’Etat ne peut plus conti­nuer à être pré­sent et ef­fi­cace dans tous les do­maines.

Vous dites bien que le po­ten­tiel y est et que le pays est ca­pable de faire mieux et plus sauf qu’on est, en quelque sorte, scot­ché à deux points/ deux points et de­mi de crois­sance. Qu’est-ce qu’il faut faire ou ne pas faire, se­lon vous, pour faire bou­ger les lignes et re­trou­ver un ni­veau de crois­sance conforme au po­ten­tiel du pays ?

Toutes les dé­ci­sions à prendre res­tent co­rol­laires au rôle qu’on compte don­ner à l’Etat et à la ma­nière de par­ler à la po­pu­la­tion. Il faut bien lui ex­pli­quer les fai­blesses et les po­ten­tiels de notre éco­no­mie.

Je di­rais per­son­nel­le­ment que le po­ten­tiel reste plus im­por­tant que les pro­blèmes. Une fois les li­mites d’in­ter­ven­tion de l’Etat re­tra­cées en ac­cord avec toutes les par­ties pre­nantes et la po­pu­la­tion mise au cou­rant de l’am­pleur des en­jeux à re­le­ver, les ré­formes co­rol­laires ( code du tra­vail, fis­ca­li­té, conces­sions, PPP…) vont suivre.

Vous avez oc­cu­pé des res­pon­sa­bi­li­tés des plus im­por­tantes au sein du gou­ver­ne­ment. Qu’est-ce que vous au­riez ai­mé en­tre­prendre ou faire et que vous n’avez pas pu faire ?

L’an­née que j’ai pas­sée au gou­ver­ne­ment était une an­née exal­tante de point de vue hu­main et pro­fes­sion­nel. J’ai beau­coup ap­pris, je suis re­ve­nu sur beau­coup de pré­ju­gés, j’ai dé­cou­vert beau­coup de gens dé­voués au sein des deux ad­mi­nis­tra­tions que j’ai eu l’hon­neur d’as­su­mer la charge. Mais il faut dire qu’une an­née, entre le temps de s’ins­tal­ler et de par­tir, est très courte pour pou­voir al­ler loin.

Nous avions aus­si­tôt évo­qué la né­ces­si­té d’un plan d’ur­gence éco­no­mique pour mar­quer les es­prits, pour que les gens com­prennent que nous étions dans l’ur­gence éco­no­mique et pour que le gou­ver­ne­ment puisse al­ler plus vite. J’ai per­son­nel­le­ment ap­pe­lé à l’époque à créer, dans le cadre du Bud­get de l’Etat, ce que j’ai ap­pe­lé le Titre III (PPP et conces­sions) pour élar­gir les marges de ma­noeuvre presque ab­sentes sur les titres I et II. Les pro­jets étaient énormes, les pers­pec­tives étaient grandes, l’en­vie et l’en­thou­siasme aus­si mais nous étions confron­tés à une ma­chine ad­mi­nis­tra­tive lourde.

Et c’est la rai­son pour la­quelle je pense

qu’il est au­jourd’hui né­ces­saire de sor­tir de cette lo­gique de consen­sus éco­no­mique – qui n’existe pas- vers un prag­ma­tisme éco­no­mique re­po­sant sur un ac­cord de prin­cipe entre toutes les par­ties sur l’ur­gence de faire bou­ger les choses, loin des ti­raille­ments entre thé­ma­tiques de gauche et thé­ma­tiques de droite qui ne servent qu’à faire du­rer l’im­mo­bi­lisme.

Pour re­ve­nir sur la ques­tion des PPP, plu­sieurs re­proches sont au­jourd’hui for­mu­lés à l’égard de la loi sur les PPP, cri­ti­quant une cer­taine vo­lon­té d’hé­gé­mo­nie de l’Etat dans le cadre de ce par­te­na­riat. Qu’en pen­sez-vous ?

L’un des pro­blèmes en Tu­ni­sie c’est no­tam­ment la lé­gis­la­tion qui est par­fois très lourde. On ga­gne­rait beau­coup à la sim­pli­fier. J’ai eu per­son­nel­le­ment à pré­sen­ter la nou­velle loi sur l’in­ves­tis­se­ment et je peux dire qu’au ni­veau de cette loi aus­si, il y a en­core une marge très confor­table d’amé­lio­ra­tion et de sim­pli­fi­ca­tion.

Pour créer une dy­na­mique ver­tueuse, tout l’ef­fort doit être concen­tré sur la sim­pli­fi­ca­tion de la vie au sec­teur pri­vé et le ré­ta­blis­se­ment des équi­libres des fi­nances pu­bliques.

En Tu­ni­sie, plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’hec­tares de terres agri­coles sont au­jourd’hui dé­lais­sés, un énorme pa­tri­moine de l’Etat est aus­si aban­don­né, des niches énormes de dé­ve­lop­pe­ment à l’ex­port sont en­core blo­quées par d’an­cienne lois. Notre po­li­tique mo­né­taire et de change n’est pas non plus de na­ture à faire bou­ger les choses. Les so­lu­tions sont bien connues, mais elles de­meurent im­pos­sibles à ap­pli­quer en l’ab­sence d’un ac­cord sur le rôle à don­ner à l’Etat.

La re­dé­fi­ni­tion de ce rôle n’est pas de la seule res­pon­sa­bi­li­té du gou­ver­ne­ment. Elle re­lève de la res­pon­sa­bi­li­té de toutes les par­ties qui s’oc­cupent de la chose pu­blique (gou­ver­ne­ment, par­tis po­li­tiques, or­ga­ni­sa­tions…) et c’est dans le cadre d’un dé­bat im­pli­quant toutes ces par­ties que cette re­dé­fi­ni­tion doit être dis­cu­tée. Mais ce dé­bat ne doit pas être in­ter­mi­nable ni par­tir dans tous les sens.

Le pays se pré­pare à une ren­trée éco­no­mique, so­ciale et po­li­tique. Quelles sont les me­sures que le gou­ver­ne­ment doit prendre d’ur­gence pour que cette ren­trée ne soit pas aus­si dif­fi­cile et agi­tée ?

On ne de­vrait nor­ma­le­ment plus être dans une lo­gique de me­sures d’ur­gence. Les me­sures d’ur­gence se prennent quand l’Etat a en­core les marges de ma­noeuvres né­ces­saires pour de telles me­sures. Au­jourd’hui, les marges de ma­noeuvres sont très ré­duites et le pays doit né­ces­sai­re­ment sor­tir de cette lo­gique d’ur­gence et de court terme.

La seule so­lu­tion viable c’est de réunir pai­si­ble­ment les forces vives du pays, de leur ex­po­ser la réa­li­té des chiffres et des fi­nances pu­bliques et de s’ac­cor­der sur le rôle à don­ner à l’Etat et au sec­teur pri­vé. Une éco­no­mie ne peut être gé­rée par les ef­fets d’an­nonce mais par une mise en place de me­sures qui peuvent pa­raître dou­lou­reuses, à pre­mière vue, mais qui ap­por­te­ront leurs fruits à moyen et long termes.

Il faut éga­le­ment évi­ter de s’en­fon­cer dans cette lo­gique d’au­to-fla­gel­la­tion que cer­tains pra­ti­quaient de­puis un cer­tain temps. Il y a eu certes une ex­plo­sion des li­ber­tés qui sont tou­jours les bien­ve­nues, et, de ce fait, cer­tains re­pères ont été brouillés mais notre po­ten­tiel est tou­jours énorme et nous sommes tou­jours ca­pables de re­bon­dir.

Cer­tains s’in­quiètent de la fuite des cer­veaux qui va en s’ac­cen­tuant. Qu’en dites-vous ?

Contrai­re­ment à d’autres, je vois per­son­nel­le­ment la moi­tié pleine du verre. Pour­quoi ne pas se dire que la Tu­ni­sie est créa­trice de jeunes com­pé­tences dont l’Eu­rope, le Ca­na­da, les pays de Golfe … ont be­soin ? Pour­quoi ne pas pen­ser que c’est une forme d’adap­ta­tion de nos jeunes à la si­tua­tion dif­fi­cile de leur pays ? Je pré­fère per­son­nel­le­ment que ces jeunes là partent tra­vailler à l’étran­ger que de res­ter en Tu­ni­sie au chô­mage.

La Tu­ni­sie a tou­jours été un pays com­mer­çant et ou­vert et il n’y a rien d’in­quié­tant dans ce mou­ve­ment des jeunes Tu­ni­siens s’éta­blis­sant à l’étran­ger que je per­çois plu­tôt comme une op­por­tu­ni­té. Reste que le dé­bat au­tour de cette ques­tion a été for­te­ment po­li­ti­sé afin de créer une sorte de né­vrose dans le pays.

A charge pour l’Etat tu­ni­sien de suivre, d’ac­com­pa­gner et de ré­cu­pé­rer cette dia­spo­ra à terme et c’est, entre autres, la res­pon­sa­bi­li­té de la di­plo­ma­tie éco­no­mique. Je dé­fends même l’idée de lan­cer un em­prunt au­près de la dia­spo­ra tu­ni­sienne, une ini­tia­tive à étu­dier et à struc­tu­rer mi­nu­tieu­se­ment.

L’heure est au prag­ma­tisme. Et le prag­ma­tisme né­ces­site avant tout qu’on se mette d’ac­cord sur le rôle qu’on sou­haite don­ner à l’Etat.

Qu’est-ce qui em­pêche Tu­ni­sie Va­leurs de prendre une telle ini­tia­tive ?

Tu­ni­sie Va­leurs comme toute en­tre­prise ci­toyenne est dis­po­sée à faire ce que les au­to­ri­tés lui de­man­de­raient mais lan­cer un em­prunt au­près de la dia­spo­ra tu­ni­sienne est une dé­ci­sion sou­ve­raine qui re­lève de l’exé­cu­tif.

Mo­bi­li­ser la dia­spo­ra ne peut se faire ni avec les moyens de nos banques ni avec ceux du mi­nis­tère des Fi­nances. C’est une ini­tia­tive à lan­cer en col­la­bo­ra­tion avec des banques in­ter­na­tio­nales de ré­seau

pour qu’on puisse tou­cher le maxi­mum de per­sonnes.

Au­jourd’hui, les sor­ties sur les mar­chés fi­nan­ciers in­ter­na­tio­naux coûtent énor­mé­ment cher au pays. A tra­vers une telle ini­tia­tive, on pour­rait ga­ran­tir une ma­tu­ri­té plus longue, des dé­lais de grâce plus consé­quents et des taux plus faibles. On au­ra même la pos­si­bi­li­té de payer en di­nars. Et c’est en­core une rai­son pour pen­ser que ce que cer­tains qua­li­fient comme fuite de cer­veaux est une énorme op­por­tu­ni­té pour le pays, à condi­tion de réunir toutes les condi­tions né­ces­saires pour la sai­sir.

On parle peu du bi­lan de la Confé­rence Tu­ni­sie 2020. Quel com­men­taire pou­vez-vous faire sur ce bi­lan ?

Tu­ni­sie 2020 était en ef­fet une confé­rence de sou­tien pour la Tu­ni­sie. Cer­tains l’ont pré­sen­tée comme une confé­rence d’in­ves­tis­se­ment mais c’était en réa­li­té une confé­rence dé­diée aux bailleurs de fonds ha­bi­tuels. Ce qui était in­ha­bi­tuel, ce sont les mon­tants des en­ga­ge­ments pris, la pré­sence des pre­miers di­ri­geants de ces bailleurs de fonds et l’ap­pui po­li­tique ac­cor­dé à cette confé­rence.

En or­ga­ni­sant cette confé­rence, nous avons aus­si pen­sé à im­pli­quer le sec­teur pri­vé na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal. C’était donc au fi­nal un mel­ting-pot d’ac­teurs du pri­vé et du pu­blic na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux.

Sur le bi­lan je peux vous as­su­rer que tous les en­ga­ge­ments pris avec les bailleurs de fonds ont été si­gnés ; les équipes tech­niques dé­diées mises en place et les cré­dits oc­troyés. Le peu d’opé­ra­tions pri­vées que nous avons an­non­cées (le re­tour de la BAD, la mise en place d’un site de mon­tage de pick-up Peu­geot en Tu­ni­sie, l’in­ves­tis­se­ment tou­ris­tique « Dar Naouar »..) ont éga­le­ment été concré­ti­sées. L’image de la Tu­ni­sie a par ailleurs été pro­mue au­près des ac­teurs pu­blics et pri­vés étran­gers. Il n’em­pêche, il y au­ra tou­jours des per­sonnes pour dire que le bi­lan est né­ga­tif et que cette confé­rence n’au­ra ser­vi à rien.

C’est peut-être dû à un pro­blème de com­mu­ni­ca­tion au­tour de ce bi­lan ?

Le do­sage de la com­mu­ni­ca­tion est tou­jours un do­sage dé­li­cat. Il ne faut ni en faire trop ni en faire trop peu. Mais il ne faut pas aus­si ou­blier que les cri­tiques sont par­fois fon­dées sur la mau­vaise foi ou sur des cal­culs po­li­tiques.

Il faut éga­le­ment évi­ter de s’en­fon­cer dans cette lo­gique d’au­to-fla­gel­la­tion que cer­tains pra­ti­quaient de­puis un cer­tain temps. Il y a eu certes une ex­plo­sion des li­ber­tés qui sont tou­jours les bien­ve­nues, et, de ce fait, cer­tains re­pères ont été brouillés mais notre po­ten­tiel est tou­jours énorme et nous sommes tou­jours ca­pables de re­bon­dir.

Quel pour­rait être se­lon vous le po­si­tion­ne­ment stra­té­gique de la Tu­ni­sie ? Peut-on en faire un hub fi­nan­cier ré­gio­nal ou mon­dial ou une pla­te­forme in­ter­na­tio­nale d’en­sei­gne­ment ou de san­té ? Et quel mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment pour­rait ser­vir à cette fin ?

Le mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment dont tout le monde parle, c’est la fa­meuse ques­tion du rôle de l’Etat. La Tu­ni­sie a clai­re­ment au­jourd’hui plu­sieurs niches de po­si­tion­ne­ment pos­sibles :

La pre­mière consiste à conso­li­der son po­si­tion­ne­ment his­to­rique au­tour du tou­risme qu’il va fal­loir re­pen­ser vers une meilleure qua­li­té.

La deuxième niche c’est l’agro­bu­si­ness qui doit s’ali­gner sur une vé­ri­table chaîne de va­leur.

La troi­sième niche por­teuse c’est l’édu­ca­tion et l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur, do­maine dans le­quel la Tu­ni­sie peut clai­re­ment de­ve­nir une pla­te­forme ré­gio­nale.

L’autre niche pos­sible c’est l’ex­port et la Tu­ni­sie ga­gne­rait à li­bé­rer son po­ten­tiel en la ma­tière en le­vant les obs­tacles ju­ri­diques, lo­gis­tiques ou autres qui peuvent blo­quer cette voie.

Des op­por­tu­ni­tés énormes se pré­sentent aus­si pour la Tu­ni­sie en ma­tière d’ana­lyses fi­nan­cières, de ro­bo­tique, de com­po­sants aé­ro­nau­tiques et au­to­mo­biles…qui res­tent des niches im­por­tantes à dé­ve­lop­per.

Et puis, l’autre po­si­tion­ne­ment im­por­tant au­quel je crois per­son­nel­le­ment beau­coup, c’est notre pro­fon­deur stra­té­gique avec l’Al­gé­rie. Il faut que la po­li­tique éco­no­mique de la Tu­ni­sie se rap­proche de plus en plus de l’Al­gé­rie avec la­quelle les op­por­tu­ni­tés de bâ­tir un par­te­na­riat ga­gnant-ga­gnant sont plus que réelles.

Quelle per­cep­tion avez-vous de l’ALECA dont les né­go­cia­tions sont en cours entre la Tu­ni­sie et l’Union Eu­ro­péenne ?

L’Aleca, tout le monde en parle mais per­sonne n’en connaît exac­te­ment les te­nants et les abou­tis­sants.

Je ne suis pas en po­si­tion de dire que ce soit un bon ou un mau­vais ac­cord, car ce­la dé­pen­dra des né­go­cia­tions, des né­go­cia­teurs tu­ni­siens et du sé­rieux avec le­quel on abor­de­ra le su­jet. S’il est bien né­go­cié, je pense que cet ac­cord pour­ra re­pré­sen­ter une vé­ri­table op­por­tu­ni­té pour le pays.

Et pour conclure ?

Pour conclure, je vou­drais rendre hom­mage aux équipes de Tu­ni­sie Va­leurs, aux com­pa­gnons de route de cette for­mi­dable aven­ture hu­maine et pro­fes­sion­nelle pour leur dé­voue­ment. Je re­mer­cie aus­si nos clients pour leur confiance et j’es­père que le titre Tu­ni­sie Va­leurs pour­ra se com­por­ter confor­ta­ble­ment en Bourse et qu’il se­ra tou­jours à la hau­teur de cette confiance. Nous re­pré­sen­tons en Bourse un sec­teur nou­veau, digne re­pré­sen­tant de la cor­po­ra­tion. Les deux se­maines de sous­crip­tions vont être deux se­maines sé­rieuses et je sou­haite bon vent à notre titre

Fadhel Ab­del­ke­fi Pré­sident du Conseil de Tu­ni­sie Va­leurs

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.