AWAY WITH THE FAIRIES

En­ter the fan­tas­tic world of French leg­ends, but don’t ex­pect ev­ery­one to live hap­pily ever af­ter, says

France - - Language - Régine God­frey

Prenez garde. Les fées sont sup­posées être de sub­limes mar­raines veil­lant sur des princesses mais ne vous y fiez pas. Si elles vous at­tirent à leur bazaar an­nuel de plein-air, il vous fau­dra une bonne dose de sang-froid. Je me sou­viens d’une des his­toires de ma grand-mère sur une je­une fille ren­trant à la ferme de ses par­ents. La nuit vient àpei ne de tomb er.Qu and elle ar­riveàl alan de el le voit les fées qui l’ap­pel­lent: “Achète, achète!” Elles étal­ent de­vant ses yeux de mag­nifiques marchan­dises, mais voilà notre je­une fille n’a pas un sou vail­lant.

Les fées lui pro­posent un marché: pour chaque ob­jet acheté elle don­nera un cheveu comme paiement. La je­une fille perd la rai­son et sa frénésie d’achats con­tinue jusqu’à l’aube; bagues mag­iques qui vous ren­dent in­vis­i­ble, nappes qui se rem­plis­sent de nour­ri­t­ure déli­cieuse en un claque­ment de doigts… Sa main ef­fleure sa tête et elle pousse un cri perçant. Trop tard. Elle est main­tenant chauve. Les fées dis­parais­sent mys­térieuse­ment et toutes ses pré­cieuses ac­qui­si­tions se changent en mousse et en feuilles.

De tou­sles cont es demémè re, mafée fa­vorite estl’ im­pres­sion nan teMé lu si ne, néed’ un­roi écos­sais et de la Fée Pré­sine. Suite à un dif­férend fa­mil­ial samè re luij et teun sort :“Tou­sles same dis tu de­vien­dras ser­pent du nom­bril jusqu’au bas de ton corps. Toute­fois si tu trou­ves un homme qui veuille bien t’épouser et promet­tre de ne ja­mais te ren­con­trer le samedi, ta vie sera heureuse.”

Trans­portée près de Poitiers, Mélu­sine ren­con­tre un no­ble ap­pelé Ray­mondin, qui ac­cepte l’étrange con­di­tion. En échange, elle lui érige un énorme château à Lusig­nan. Leur mar­riage pro­duit dix en­fants, cer­tains ayant un physique in­hab­ituel, comme une trace de patte de lion sur la joue.

Na­turelle­ment, la cu­riosité est tou­jours punie. Le samedi fa­tidique où Ray­mondin sur­prend Mélu­sine baig­nant, sa queue détruit tout à ja­mais, puisqu’elle dis­paraît dans un hurlement ter­ri­fi­ant.

As­so­ciée au mythe de Mélu­sine, la Mai­son de Lusig­nan dé­tien­dra un pou­voir im­mense au Moyen Âge, comp­tant des rois de Jérusalem, Chypre et Ar­ménie.

Si vous vous ar­rêtez à Lusig­nan, ne man­quez pas de goûter le ray­mondin, déli­cieuse con­fis­erie aux aman­des et au cho­co­lat Val­rhona.

Be­ware. Fairies are sup­posed to be fan­tas­tic god­moth­ers watch­ing over princesses, but don’t be fooled. If they lure you to their an­nual open-air bazaar, you will need con­sid­er­able nerve. I re­mem­ber one of my grand­mother’s sto­ries about a young lady go­ing home to her par­ents’ farm. Night had barely fallen. When she ar­rived on the moor, she saw fairies who called to her: “Buy, buy!” They spread mag­nif­i­cent goods be­fore her eyes, but our young lady did not have a brass far­thing.

The fairies of­fered her a deal: for each ob­ject bought she would give one hair as pay­ment. The young lady went mad and her shop­ping spree con­tin­ued un­til dawn; magic rings that make you in­vis­i­ble, table­cloths that fill with de­li­cious food at the click of one’s fingers… Her hand brushed past her head and she shrieked. Too late. She was now bald. The fairies van­ished mag­i­cally and all her pre­cious ac­qui­si­tions changed into moss and leaves.

Out of all granny’s tales, my favourite fairy is the for­mi­da­ble Melu­sine, born to a Scot­tish king and the Fairy Pressyne. Fol­low­ing a fam­ily dis­agree­ment, her mother cast a spell on her: “Ev­ery Satur­day, you will be­come a snake from the navel to the end of your body. Should you, how­ever, find a man will­ing to marry you and prom­ise never to meet on Satur­days, your life will be happy.”

Trans­ported to near Poitiers, Melu­sine met a no­ble­man named Ray­mondin, who ac­cepted the strange con­di­tion. In ex­change she built a huge cas­tle for him in Lusig­nan. Their mar­riage pro­duced ten chil­dren, some hav­ing un­usual physiques such as a lion’s paw mark on the cheek.

Nat­u­rally, cu­rios­ity killed the cat. On the fate­ful Satur­day when Ray­mondin sur­prised Melu­sine bathing, her tail de­stroyed ev­ery­thing for­ever, as she dis­ap­peared with a ter­ri­fy­ing wail.

As­so­ci­ated with Melu­sine’s myth, the House of Lusig­nan held im­mense power in the Mid­dle Ages, count­ing among them kings of Jerusalem, Cyprus and Ar­me­nia.

If you stop in Lusig­nan, do not fail to sam­ple the ray­mondin, a de­li­cious al­mond and Val­rhona choco­late sweet.

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