Ma­jo­ra­tion de 6,5% du sa­laire mi­ni­mum des tra­vailleurs dans les en­tre­prises

Le Con­seil na­tio­nal des sa­laires sou­met­tra pro­chai­ne­ment au gou­ver­ne­ment la pro­po­si­tion de ma­jo­rer de 6,5% le sa­laire mi­ni­mum des tra­vailleurs dans les en­tre­prises à comp­ter de 2018. Avis des em­ployés, em­ployeurs, res­pon­sables et ex­perts face à ce ra­juste

Le Courrier du Vietnam - - SOMMAIRE - LINH THAO/CVN

Une lente feuille de route de re­va­lo­ri­sa­tion sa­la­riale» Mai Duc Chinh, vice-pré­sident de la Con­fé­dé­ra­tion gé­né­rale du tra­vail du Viet­nam (CGTV) D’après un son­dage de la CGTV réa­li­sé au­près des tra­vailleurs dans 17 villes et pro­vinces, plus de 51% d’entre eux ont un re­ve­nu suf­fi­sant pour cou­vrir leurs dé­penses cou­rantes, plus de 20% doivent dé­pen­ser fru­ga­le­ment et 12% ont dé­cla­ré que leurs re­ve­nus sont in­suf­fi­sants pour vivre. Seule­ment 16% ont af­fir­mé pou­voir épar­gner. Je suis in­sa­tis­fait de ce taux de ma­jo­ra­tion. Lorsque la pro­po­si­tion de 13,3% du CGTV a été dé­cli­née, je m’at­ten­dais à une hausse de 7,3%, comme l’an­née pré­cé­dente. Se­lon le cal­cul de la CGTV, si l’on ap­plique une feuille de route de re­va­lo­ri­sa­tion des sa­laires aus­si lente que celle ac­tuelle, il fau­dra at­tendre jus­qu’en 2020 pour que le SMIC puisse per­mettre aux tra­vailleurs d’avoir un ni­veau de vie dé­cent. «In­quié­tude à pro­pos de la hausse de l’In­dice des prix à la consom­ma­tion» Nguyên Hà Phuong, ma­çon dans l’ar­ron­dis­se­ment de Tây Hô, à Ha­noï La ma­jo­ra­tion du sa­laire mi­ni­mum est une bonne nou­velle, mais les ou­vriers comme nous sommes très pré­oc­cu­pés par la hausse de l’In­dice des prix à la consom­ma­tion (IPC), un phé­no­mène très sou­vent ob­ser­vé après chaque ma­jo­ra­tion sa­la­riale. En outre, nous sommes in­quiets de la pos­si­bi­li­té de voir l’en­tre­prise faire des ma­noeuvres pour cher­cher à ré­duire les primes qu’elle doit ver­ser au tra­vailleur pour com­pen­ser cette ma­jo­ra­tion du sa­laire mi­ni­mum. Voi­là pour­quoi j’ai­me­rais que les or­ga­nismes de ges­tion de l’État mettent en place un mé­ca­nisme de sui­vi spé­ci­fique sur l’en­tre­prise pour évi­ter toutes ma­noeuvres de ce type et que le tra­vailleur puisse bé­né­fi­cier vrai­ment de cette ma­jo­ra­tion. «Cette ma­jo­ra­tion pla­ce­rait les en­tre­prises dans l’em­bar­ras» Hoàng Quang Phong, vice-pré­sident de la Chambre de Com­merce et d’In­dus­trie du Viet­nam (VCCI)

Cette ma­jo­ra­tion pla­ce­ra de nom­breuses en­tre­prises dans l’em­bar­ras. Avant la réunion du Con­seil na­tio­nal des sa­laires, les en­tre­prises ont re­com­man­dé ne pas ma­jo­rer le SMIC cette an­née. En ef­fet, bien que la si­tua­tion éco­no­mique soit meilleure, les en­tre­prises sont en­core confron­tées à de nom­breuses dif­fi­cul­tés re­la­tives à la re­cherche de dé­bou­chés, au com­merce, etc., comme l’a mon­tré un ré­cent son­dage de la VCCI. Cette ma­jo­ra­tion dé­passe la ca­pa­ci­té de paie­ment des en­tre­prises. L’aug­men­ta­tion en conti­nu du sa­laire mi­ni­mum en l’es­pace de cinq ans, de 2013 à 2017, a eu des im­pacts sur les coûts de pro­duc­tion de l’en­tre­prise. «Une ma­jo­ra­tion tous les deux ou trois ans» Nguyên Hoài Nam, se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’As­so­cia­tion de trans­for­ma­tion et d’ex­por­ta­tion des pro­duits aqua­tiques du Viet­nam (VASEP) La ma­jo­ra­tion du SMIC des tra­vailleurs dans les en­tre­prises est une ques­tion im­por­tante qui in­fluence gran­de­ment l’ac­ti­vi­té de pro­duc­tion et la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises viet­na­miennes, en par­ti­cu­lier dans le contexte ac­tuel où le pays est confron­té à des dif­fi­cul­tés éco­no­miques. La VASEP a pro­po­sé de ne pas ma­jo­rer le sa­laire mi­ni­mum cette an­née et d’ap­pli­quer une nou­velle ma­jo­ra­tion tous les deux ou trois ans au lieu de chaque an­née. «La pro­duc­ti­vi­té du tra­vail, une ré­fé­rence né­ces­saire» Ngô Tri Long, éco­no­miste La ma­jo­ra­tion du SMIC est né­ces­saire pour as­su­rer le ni­veau de vie des tra­vailleurs. Néan­moins, la dé­ci­sion du taux de ma­jo­ra­tion ne doit pas se ba­ser uni­que­ment sur le cal­cul de l’IPC. Il doit se ba­ser aus­si sur la pro­duc­ti­vi­té du tra­vail. «Har­mo­ni­ser les in­té­rêts des par­ties» Doan Mâu Diêp, vice-mi­nistre du Tra­vail, des In­va­lides de guerre et des Af­faires so­ciales, pré­sident du Con­seil na­tio­nal des sa­laires. Après plu­sieurs réunions avec les re­pré­sen­tants du pa­tro­nat et des tra­vailleurs, la pro­po­si­tion de ma­jo­ra­tion de 6,5% du SMIC a été ac­cep­tée. C’est le ré­sul­tat des votes du Con­seil na­tio­nal des sa­laires. Au­pa­ra­vant, bon nombre d’en­tre­prises - no­tam­ment celles à ca­pi­tal étran­ger - ont re­com­man­dé de ne pas ma­jo­rer le sa­laire mi­ni­mum cette an­née. La CGTV a pro­po­sé une ma­jo­ra­tion de 13,3% alors que la VCCI est op­po­sé à toute re­va­lo­ri­sa­tion. Néan­moins, nous de­vons har­mo­ni­ser les in­té­rêts des par­ties pour que cette ma­jo­ra­tion per­mette à l’État de ga­ran­tir la sta­bi­li­té de l’em­ploi, à l’en­tre­prise de te­nir bon et au tra­vailleur de cou­vrir ses dé­penses quo­ti­diennes es­sen­tielles. La ma­jo­ra­tion de 6,5% per­met­tra de com­pen­ser la hausse an­nuelle de l’IPC et d’amé­lio­rer la vie des tra­vailleurs. Dé­sor­mais, il pour­ra cou­vrir 92-96% des dé­penses vi­tales des tra­vailleurs. Ce­pen­dant, le dé­ca­lage entre le sa­laire mi­ni­mum et le ni­veau de vie mi­ni­mum reste tou­jours une ques­tion com­mune des pays du monde en­tier. Car comme vous le sa­vez, même dans plu­sieurs pays dé­ve­lop­pés, il ne par­vient pas à sa­tis­faire le ni­veau de vie mi­ni­mal.

Hoàng Hùng/ VNA/CVN

Avec la ma­jo­ra­tion du sa­laire mi­ni­mum pour l’an pro­chain, les ou­vriers dans les en­tre­prises sou­haitent amé­lio­rer leur ni­veau de vie.

Grille du sa­laire mi­ni­mum en fonc­tion des ré­gions (des plus dé­ve­lop­pées aux moins dé­ve­lop­pées)

Newspapers in French

Newspapers from Viet Nam

© PressReader. All rights reserved.