Le Prix Bùi Xuân Phai, un la­bel cultu­rel

Le Prix «Bùi Xuân Phai pour l’amour de Ha­noï» a été lan­cé en 2008 par le jour­nal Thê thao & Van hoa de l’Agence Viet­na­mienne d’In­for­ma­tion pour rendre hom­mage aux oeuvres et aux au­teurs de toute na­tio­na­li­té qui éprouvent un amour par­ti­cu­lier pour la ca­pit

Le Courrier du Vietnam - - CULTURE - THUY HÀ/CVN

Le prix porte le nom du cé­lèbre peintre Bùi Xuân Phai, dis­pa­ru en 1998. L’ar­tiste a réa­li­sé de nom­breuses toiles sur le Vieux quar­tier, pour le­quel il a nour­ri une grande pas­sion pen­dant toute son exis­tence. Après dix édi­tions, au rythme d’un chaque an­née, le prix a ré­com­pen­sé la contri­bu­tion de nom­breux ar­tistes ou col­lec­tifs au monde cultu­rel à Ha­noï. Au­jourd’hui en­core, les oeuvres des ga­gnants conti­nuent de trans­mettre la beau­té et le charme de la ca­pi­tale.

Des ou­vrages im­pres­sion­nants

Le «che­min de la cé­ra­mique le long du fleuve Rouge» pro­po­sé par la peintre Nguyên Thu Thuy et ses col­lègues est un bon exemple. Il a été réa­li­sé sur la digue de bé­ton à l’est de la ca­pi­tale. L’oeuvre orne les rues de Ha­noï comme un ru­ban co­lo­ré de­puis 2010 pour cé­lé­brer le Mil­lé­naire de Thang LongHa­noï. Longue de près de 4.000 m et d’une su­per­fi­cie de 7.000 m², cette gi­gan­tesque fresque a été clas­sée dans le Guin­ness des Re­cords comme «la plus longue cé­ra­mique du monde». Elle est com­po­sé de 21 sec­tions avec dif­fé­rents thèmes, comme la mise en va­leur du pa­tri­moine ar­tis­tique des an­cêtres, les points saillants de l’his­toire du pays

de l’époque de Dông Son aux dy­nas­ties des Ly (1010-1225), Trân (1225-1400), Lê pos­té­rieure (1428-1788) et Nguyên (18021945), les par­ti­cu­la­rismes cultu­rels des 54 eth­nies du Viet­nam, les oeuvres d’en­fants viet­na­miens et étran­gers, des pein­tures contem­po­raines... Le 30 août 2008, le «che­min de la cé­ra­mique le long du Fleuve Rouge» s’est vu dé­cer­ner le prix «Bùi Xuân Phai - Pour l’amour de Ha­noi». «Ce pro­jet était une ma­nière idéale de cé­lé­brer le Mil­lé­naire de la ville, a par­ta­gé la peintre Thu Thuy. Nous sommes tel­le­ment heu­reux que l’oeuvre soit à la gloire de Ha­noï et que de nom­breuses per­sonnes ap­pré­cient la beau­té de ces murs de­puis tant an­nées». Ce­pen­dant, de nom­breuses sec­tions du che­min ont été en­dom­ma­gées en rai­son des aléas mé­téo­ro­lo­giques et des actes ir­res­pon­sables de quelques in­di­vi­dus. Se­lon elle, les Ser­vices mu­ni­ci­paux de la culture, des sports, et de la construc­tion de­vraient col­la­bo­rer pour ré­pa­rer et pré­ser­ver cet ou­vrage. Le tra­vail de l’ar­tiste a même ins­pi­ré d’autres Ha­noiens à créer plus de pein­tures mu­rales pour em­bel­lir l’es­pace pu­blic. Les ré­si­dents de la rue 78, rue Duy Tân dans l’ar­ron­dis­se­ment de Câu Giây, ont créé une pein­ture mu­rale en cé­ra­mique de 200 m de long illus­trant des sym­boles de la ca­pi­tale telles que le Temple de la Lit­té­ra­ture, le temple Ngoc Son ou le pont Thê Huc. Les rues pié­tonnes dans le Vieux quar­tier sont un autre exemple du Prix Bùi Xuân Phai. Elles sont de­ve­nues un centre cultu­rel pour les Ha­noïens et les tou­ristes étran­gers. Des mil­liers de per­sonnes y dé­am­bulent pour se pro­me­ner, écou­ter de la mu­sique ou s’amu­ser. Les rues pié­tonnes sont éga­le­ment un lieu de rendez-vous pour les membres du club d’échecs Hoàn Kiêm. «Grâce aux rues pié­tonnes, nous avons un lieu pour par­ta­ger notre hob­by et

nous es­pé­rons pro­mou­voir la culture viet­na­mienne à tra­vers les échecs», a par­ta­gé Luu Duc Hai, res­pon­sable du club. Il

ajoute que «des per­sonnes d’âges et de na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes se réunissent chaque week-end pour par­ta­ger leur pas­sion du jeu». «C’était une ex­pé­rience mer­veilleuse même si j’ai été vain­cu par un ad­ver­saire très doué», a no­té Fran­çois, un tou­riste fran­çais qui a vou­lu s’es­sayer à cette ac­ti­vi­té très ré­pan­due au Viet­nam.

Af­fir­mer les va­leurs in­es­ti­mables

Le di­rec­teur gé­né­ral de l’Agence Viet­na­mienne d’In­for­ma­tion, Nguyên Duc Loi, a fait re­mar­quer qu’après dix ans, le Prix Bùi Xuân Phai avait joué un rôle dans les do­maines so­ciaux, po­li­tiques et cultu­rels du pays. Le Prix Bùi Xuân Phai com­prend quatre ca­té­go­ries : Grand Prix pour l’amour de Ha­noï, Prix de l’ini­tia­tive pour l’amour de Ha­noi, Prix de l’oeuvre pour l’amour de Ha­noï et Prix du tra­vail pour l’amour de Ha­noï. Voi­ci quelques vain­queurs du Grand Prix : le cultu­riste Huu Ngoc (2017), le pho­to­graphe Lê Vuong (2016), le cher­cheur Giang Quân (2015), le cher­cheur Vu Tuân San (2014), le pho­to­graphe Quang Phùng (2013), le gui­ta­riste Van Vuong (2012). De nom­breux étran­gers portent Ha­noï dans leur coeur. Ils ont activement contri­bué à em­bel­lir la ca­pi­tale. Le Grands Prix a dé­jà été dé­cer­né au di­plo­mate bri­tan­nique John Ram­sden pour sa col­lec­tion de pho­tos de scènes de vie à Ha­noï au cours des an­nées 1980, au cher­cheur fran­çais Oli­vier Tes­sier, chef de l’École Fran­çaise d’Ex­trême-Orient de Ha­noï, pour sa re­cherche sur l’an­cienne ci­ta­delle de la ca­pi­tale, à l’au­teur uru­guayen Mar­tin Ra­ma, pour son livre

Ha­noï, pro­me­nade, à l’Amé­ri­cain James Jo­seph Ken­dall et à l’équipe Keep Ha­noi Clean pour leurs contri­bu­tions à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment de la ca­pi­tale et à la chan­teuse fran­çaise La Grande So­phie, qui a écrit la chan­son Ha­noï.

Mai Huong/CVN

Le che­min de la cé­ra­mique le long du fleuve Rouge a été réa­li­sé sur la digue de bé­ton à l’est de la ca­pi­tale.

TN/CVN

Le groupe Keep Ha­noi Clean, ini­tié par le ci­toyen amé­ri­cain James Jo­seph Ken­dall, a re­çu le Prix Bùi Xuân Phai 2016 pour ses contri­bu­tions à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment de la ville.

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