Vive le Food Tour à Hai Phong !

La cui­sine de rue à Hai Phong (Nord) est loin d’être iden­tique à celle de Ha­noï, de Hô Chi Minh-Ville ou d’autres ré­gions. Si vous ve­nez dans cette ville por­tuaire, ne man­quez pas de dé­cou­vrir les spé­cia­li­tés ven­dues sur les trot­toirs.

Le Courrier du Vietnam - - SÉLECTION DU CONCOURS 2017 - TEXTE ET PHO­TOS : NGUYÊN THI DAN LINH

N’im­porte où dans le monde, que ce soit dans les grandes villes mo­dernes ou dans les pe­tits vil­lages pleins de charme, on trouve des pro­duits lo­caux en vente sur les trot­toirs. Chaque ré­gion a ses spé­cia­li­tés. Hai Phong, une ville por­tuaire qui se trouve à une cen­taine de ki­lo­mètres de Ha­noï, n’échappe pas à la règle. Pour­tant, la cui­sine de rue à Hai Phong est loin d’être iden­tique à celle de Ha­noï, de Hô Chi Minh-Ville ou d’autres ré­gions. En­semble, dé­cou­vrons ce qui la rend si spé­ciale avec un tour d’ho­ri­zon de ses plats les plus aty­piques.

Le banh da cua

Banh da cua est un plat à base de nouilles de riz brune-rouge et d’une poi­gnée de lé­gumes ébouillan­tés ; des cro­mes­quis et des émin­cés de porc ; une cuillère d’oeufs de crabe plon­gée dans la sauce to­mate. Ra­jou­tez un peu d’oi­gnons verts émin­cés et d’oi­gnons frits. Et voi­là, vous ob­tien­drez un bol de banh da cua à la sa­veur fan­tas­tique. Se­lon le goût que l’on sou­haite don­ner au plat, on peut ajou­ter des as­sai­son­ne­ments : une tranche de ci­tron, un peu de sel, un peu de poivre, une cuillère à soupe de sauce pi­quante, etc.

Le bun cha et le nem

Le pho est d’ores et dé­jà le plat le plus connu du Viet­nam mais le bun cha est le meilleur choix quand ar­rive l’heure du dé­jeu­ner. De bonnes odeurs qui cha­touillent les na­rines. Des mor­ceaux de poi­trine de porc ap­pé­tis­sants cou­pés en fines tranches et de belles bou­lettes de porc ha­chées sont grillés au char­bon de bois. Mais le plat ne se­ra pas par­fait sans une grande as­siette de ver­mi­celles de riz, une riche va­rié­té d’herbes aro­ma­tiques et de sa­lade, un bol de sauce de nuoc mam ai­gre­douce avec quelques fines tranches de ca­rotte et de pa­paye verte ma­ri­nées au vi­naigre.

Le bun cha est tou­jours ac­com­pa­gné du nem, et tout spé­cia­le­ment à Hai Phong de

nem cua bê : des ga­lettes de riz frites et far­cies de lé­gumes, de viande et sur­tout de crabes - un vé­ri­table ca­deau de la mer pour les ha­bi­tants de la ville por­tuaire. Le lâu cua dông Un autre plat à base de crabe existe, mais il s’agit cette fois-ci du crabe de ri­zière. Une fon­due consti­tuée d’un bouillon d’os de porc, d’oeufs de crabe sau­tés avec des to­mates. Des mor­ceaux de to­fu, des lé­gumes, des nouilles ou des ver­mi­celles de riz, des mor­ceaux de boeuf, de cre­vettes, de pou­let, etc. viennent agré­men­ter le tout. Rien de tel qu’un plat chaud plein de sa­veurs pour les jour­nées d’hi­ver. Le banh mi cay À la dif­fé­rence d’un banh mi (pain) de taille nor­male avec une va­rié­té d’in­gré­dients (viande, co­riandre, pi­ckles, sauce, etc.), le banh mi

cay (mi­ni-sand­wich épi­cé), d’une lon­gueur de deux doigts en­vi­ron, se sert seule­ment avec une tranche de pâ­té de porc éta­lée dans le pain. Évi­dem­ment, on ne peut pas ou­blier de men­tion­ner la sauce pi­quante.

Le ôc

Les Viet­na­miens en gé­né­ral et les Haï­phon­gais en par­ti­cu­lier sont de grands ama­teurs d’es­car­gots. Ce­pen­dant, les ma­nières de les dé­gus­ter ne sont pas les mêmes. Re­mar­quons que les plats à bases d’es­car­gots à Hai Phong ne se li­mitent pas qu’au ôc luôc (es­car­gots bouillis), au bun ôc (soupe aux es­car­gots)… comme à Ha­noï et qu’ils ne se servent pas tou­jours ac­com­pa­gnés de nouilles ou des lé­gumes sau­tés. De nom­breuses va­rié­tés d’es­car­gots existent (le ôc huong, le ôc mo, le ôc dia, le ôc giây, etc.) tout comme dif­fé­rents fruits de mer (le so, crabes de mer, le ngao, le gia be, etc.), épices, sauces (au jus de co­co, ou au ta­ma­rin) qui per­mettent d’ob­te­nir une cui­sine aty­pique. N’ou­blions pas le nuoc mam agré­men­té de jus de ci­tron, de gin­gembre, de pi­ment cou­pé en mor­ceaux, d’une pe­tite touche de sucre et de feuilles de ci­tron cou­pées en fines la­melles, ou en­core le nuoc

ôc (un bol d’eau de bu­lots) avec un dé­li­cieux goût de ci­tron­nelle à la fin du re­pas pour fa­ci­li­ter la di­ges­tion. Voi­là ce qui rend les gar­gotes d’es­car­gots à Hai Phong si spé­ciales.

D’autres plats à dé­cou­vrir

Le banh bèo - ga­lettes à base de fa­rine de riz cuites avec de la poi­trine de porc, d’oreille de Ju­das ; de nuoc mam - est évi­dem­ment in­dis­pen­sable. Le banh duc tàu - ga­lettes à base de fa­rine de riz cuites avec un mé­lange de cre­vettes sau­tées, de ra­dis blancs ha­ché, d’oreilles de Ju­das ; avec du nuoc mam à cô­té dans un bol. Le bun ca - ver­mi­celles de riz, mor­ceaux de pois­son frits, des lé­gumes et un bouillon plein de sa­veur. Un vrai ré­gal pour les après-mi­dis ! Theo­dore Zel­din a dit un jour : “La gas­tro­no­mie est l’art d’uti­li­ser la nour­ri­ture pour créer le bon­heur”. Et il n’est pas faux de dire que des “ar­tistes” haï­phon­gais font don de leur ta­lent pour “em­bel­lir” le monde de la gas­tro­no­mie.

Le banh duc tàu, l’une des spé­cia­li­tés qu’offre la ville de Hai Phong

NGUYÊN THI DAN LINH 18 ans Ville de Hai Phong

Avec ses plats aus­si va­riés que sa­vou­reux, Hai Phong est un ar­rêt obli­ga­toire pour les gas­tro­nomes.

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