L’his­toire d’un clou

La femme viet­na­mienne fait tou­jours la fier­té du pays. Son rôle et son im­pact dans la so­cié­té, tant en pé­riode de guerre que dans la vie mo­derne, ne sont pas né­gli­geables. Elle est en même temps l’épouse, la soeur, la mère et la grand-mère.

Le Courrier du Vietnam - - SÉLECTION DU CONCOURS 2017 - DÀO THI NGA/CVN

Je ne sais pas com­bien de per­sonnes te­nant cet ar­ticle pour­ront le com­prendre. Pour­tant, avec tout l’amour de mon coeur, je vou­drais ex­pri­mer mes re­con­nais­sances en­vers la femme la plus belle de ma vie, pour au­jourd’hui et tou­jours. Un mes­sage adres­sé à ma mère et à toutes les femmes viet­na­miennes... Pen­dant la guerre, elles mé­ri­taient le titre de femmes hé­roïques - titre dis­tinc­tif don­né aux femmes cou­ra­geuses qui osèrent lut­ter contre les en­ne­mis. En plus des vic­toires me­nées par des jeunes comme Vo Thi Sau ou Dang Thùy Trâm, les sa­cri­fices à la fois si­len­cieux et gran­dioses, des mères sont aus­si ap­pré­ciées et re­con­nues. Cer­taines ca­chèrent des sol­dats re­cher­chés par l’en­ne­mi, d’autres condui­sirent en ba­teau des sol­dats bles­sés ou des armes à tra­vers la ri­vière. Des mères qui ont nour­ri l’es­prit ré­vo­lu­tion­naire du pays.

Une sta­tue pour l’éter­ni­té

La femme est le pi­lier de toutes les ac­ti­vi­tés me­nées dans la so­cié­té. Cer­taines sont des di­ri­geantes ef­fi­caces comme les hommes. Les femmes viet­na­miennes sont vrai­ment des sta­tues pour l’éter­ni­té.

J’ai aus­si une sta­tue dans mon coeur, que j’ap­pelle ma mère. Ma mère est for­tu­née d’être née en pé­riode de paix. Elle n’a pas souf­fert de la perte de ses en­fants à cause de la guerre. Mais ma mère, elle a dû re­te­nir ses san­glots quand elle nous a confiés à mes grands-pa­rents pour par­tir ga­gner sa vie dans la ca­pi­tale.

“Ma mère, elle est fer­railleuse”

Ma mère n’est pas un type de femme qui a ap­por­té une contri­bu­tion re­mar­quable de por­tée na­tio­nale. Par contre, ses ef­forts pour sa pe­tite fa­mille sont im­menses. Un an après la sé­pa­ra­tion, elle a dé­ci­dé de nous em­me­ner dans la ca­pi­tale en met­tant de cô­té bon nombre de dif­fi­cul­tés. “Que fait ta mère dans la vie ?”, m’a de­man­dé un jour un ami. J’ai ré­pon­du : “Elle est fer­railleuse”. Il a ri. Tant pis ! Bien qu’il ne s’agisse pas d’un mé­tier avec un haut sa­laire, c’est grâce à ce­lui-ci que j’ai pu gran­dir. Jour après jour, qu’il fasse so­leil ou qu’il pleuve, sur sa vieille bi­cy­clette, ma mère a pour­sui­vi son che­min pour ré­cu­pé­rer des bou­teilles d’eau, ra­mas­ser des mor­ceaux de cuivre ou même de pe­tits clous lais­sés par terre dans les chan­tiers. Le jour où j’ai été di­plô­mée avec men­tion très bien, elle m’a of­ferte un bou­quet de fleurs. En te­nant les fleurs en main, elle m’a dit : “Ce ne fût pas de la peine per­due que de ra­mas­ser chaque clou pour vous nour­rir”.

Tuân Minh/CVN

“Ma mère, elle est fer­railleuse”.

DÀO THI NGA 22 ans Ha­noï Deuxième Prix

Tuân Minh/CVN

La mère ré­serve tou­jours le meilleur à ses en­fants.

L’au­teur (centre) et ses pa­rents.

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