Pa­ris sur le football: au­cune en­tre­prise ne se ma­ni­feste

Alors que les règles du jeu, la liste des tour­nois et les prix sont tous pu­blics, les pa­ris lé­gaux sur le football in­ter­na­tio­nal ne peuvent pas en­core être dé­ployés au Vietnam en rai­son du manque de “book­ma­kers”.

Le Courrier du Vietnam - - SOMMAIRE - PHUONG NGA/CVN

Les pa­ris sur les ren­contres in­ter­na­tio­nales de football ont été lé­ga­li­sés au Vietnam le 31 mars 2017, suite à la pro­mul­ga­tion, en jan­vier de la même l’an­née, de l’ar­rê­té gou­ver­ne­men­tal N°06 re­la­tif aux ac­ti­vi­tés de pa­ris à titre ex­pé­ri­men­tal sur les courses de che­vaux, de lé­vriers et les matchs de football in­ter­na­tio­naux. Le gou­ver­ne­ment a donc dé­ci­dé de don­ner le feu vert à une seule so­cié­té qui se­ra choi­sie par­mi les can­di­da­tures des en­tre­prises ayant ré­pon­du à l’ap­pel d’offres. La pé­riode ex­pé­ri­men­tale du­re­ra cinq ans, à comp­ter de la date de ré­cep­tion du per­mis d’af­faires. La pro­cé­dure de pro­ro­ga­tion dé­pen­dra du gou­ver­ne­ment.

Dans l’at­tente du mé­ca­nisme d’ap­pel d’offres

“L’ar­rê­té gou­ver­ne­ment a été pro­mul­gué il y a plus d’un an. Les so­cié­tés ont dû at­tendre pen­dant des di­zaines d’an­nées cette lé­ga­li­sa­tion. Nous avons be­soin de mé­ca­nismes simples, de for­ma­li­tés d’ap­pel d’offres pu­bliques et claires pour que nous puis­sions par­ti­ci­per éga­le­ment à ce sec­teur”, par­tage fran­che­ment le di­rec­teur d’une so­cié­té spé­cia­li­sée dans les pa­ris sur les courses de che­vaux et de lé­vriers, à la re­cherche de nou­velles op­por­tu­ni­tés dans les pa­ris sur les ren­contres in­ter­na­tio­nales de football. En ver­tu du­dit ar­rê­té, les so­cié­tés de­vront avoir un ca­pi­tal so­cial mi­ni­mum de 1.000 mil­liards de dôngs (près de 44 mil­lions de dol­lars). Il leur se­ra éga­le­ment obli­ga­toire d’avoir un plan d’in­ves­tis­se­ment, les équi­pe­ments tech­niques né­ces­saires et des lo­gi­ciels mo­dernes. Il fau­dra éga­le­ment pré­sen­ter un plan d’af­faires rai­son­nable, des mo­da­li­tés de dis­tri­bu­tion des billets de pa­ris ain­si que des lieux d’émis­sion de ces billets en confor­mi­té avec la loi en vi­gueur. Le mi­nis­tère des Fi­nances dé­voi­le­ra les cri­tères, les for­ma­li­tés du pro­ces­sus d’or­ga­ni­sa­tion d’ap­pel d’offres afin de choi­sir un “book­ma­ker“(pre­neur de pa­ris) à titre ex­pé­ri­men­tal. “Jus­qu’à main­te­nant, les or­ganes concer­nés

ne se sont pas en­core mis d’ac­cord sur le mé­ca­nisme d’ap­pel d’offres. Rai­son pour la­quelle, on ne peut pas re­ce­voir de dossiers de can­di­da­ture

de la part des so­cié­tés”, re­marque un res­pon­sable du mi­nis­tère des Fi­nances. Se­lon Nguyên Tri Hiêu, un éco­no­miste, dans les pays étran­gers, après la lé­ga­li­sa­tion, les so­cié­tés en­voient leur dossier de can­di­da­ture. Elles entrent en concur­rence de fa­çon pu­blique, trans­pa­rente et égale. Celle qui ré­pond aux cri­tères en termes de ca­pa­ci­tés fi­nan­cière, tech­nique ou tech­no­lo­gique se­ra choi­sie. Tan­dis qu’au Vietnam, bien que l’au­to­ri­sa­tion ait en­fin été ac­cor­dée, on ne par­vient à mettre en place le mé­ca­nisme d’ap­pel d’offres. Cette si­tua­tion pousse les en­tre­prises à ques­tion­ner la trans­pa­rence de l’offre. Quant aux joueurs, ils consi­dèrent una­ni­me­ment que le pla­fond des sommes per­mises est trop bas, et qu’il les laisse plu­tôt du­bi­ta­tifs. Il fau­drait que ce pla­fond soit plus souple et mo­du­lable en fonc­tion des joueurs. Parce que la mise quo­ti­dienne mi­ni­male des joueurs est de 10.000 dôngs et ne doit pas dé­pas­ser un mil­lion de dôngs, quel que soit le nombre de pa­ris ef­fec­tués.

Jeu d’ar­gent ou lo­te­rie?

De plus, les Pre­mier League d’An­gle­terre, de France, du Por­tu­gal, d’Al­le­mande et d’Ita­lie sont ab­sentes de la liste des matchs et tour­nois de football in­ter­na­tio­naux re­con­nus par la FIFA pou­vant faire l’ob­jet de pa­ris spor­tifs. Idem pour les matchs de la sé­lec­tion na­tio­nale du Vietnam. Ce­la rend ce sec­teur peu at­trac­tif. “Les Viet­na­miens aiment bien ces cham­pion­nats. Ce se­ra dif­fi­cile d’at­ti­rer les joueurs si on contraint trop la pra­tique des pa­ris”, es­time Bùi Van T., do­mi­ci­lié dans l’ar­ron­dis­se­ment de Câu Giây, à Ha­noï. Se­lon Nguyên Tuc, membre du pré­si­dium du Co­mi­té cen­tral du Front de la Pa­trie du Vietnam, il ne s’agit pas vrai­ment d’un jeu d’ar­gent mais plu­tôt d’une lo­te­rie car ce sec­teur est gé­ré par le gou­ver­ne­ment. De plus, l’ar­rê­té gou­ver­ne­men­tal sti­pule clai­re­ment l’âge mi­ni­mum de joueurs, le pla­fond des sommes per­mises ain­si que le nombre de pa­ris ef­fec­tués dans une jour­née. L’au­to­ri­sa­tion de pa­ris spor­tifs per­met­tra de ré­pondre aux be­soins de loisirs d’une par­tie de la po­pu­la­tion. D’après le mi­nis­tère des Fi­nances, la mise quo­ti­dienne mi­ni­male des joueurs est com­pa­tible avec le prix du billet de lo­te­rie ac­tuel dans le pays. Par ailleurs, de nombreux pays dans le monde fixent des mi­ni­mum et maxi­mum pour li­mi­ter les pa­ris des joueurs à faible re­ve­nu, lut­ter contre les jeux d’ar­gent illé­gaux et frei­ner la fuite de de­vises à l’étran­ger.

Reu­ters/VNA/CVN

Les Viet­na­miens de plus de 21 ans pour­ront pa­rier sur les ren­contres in­ter­na­tio­nales de football.

Nga Nguyên/ CVN

L’au­to­ri­sa­tion de pa­ris sur le football per­met­tra aux joueurs de ne pas les pra­ti­quer comme jeux d’ar­gent, in­ter­dits par la loi.

Newspapers in French

Newspapers from Viet Nam

© PressReader. All rights reserved.