Vu Phuong Thanh, une fon­due de l’ul­tra­fond

Vu Phuong Thanh est fé­rue d’ul­tra-trail, un sport ex­trême que bien peu de Viet­na­miennes pra­tiquent. Mas­sif du Mont Blanc, dé­serts de Go­bi ou d’Ata­ca­ma, la jeune femme a en­chaî­né les per­for­mances.

Le Courrier du Vietnam - - LA UNE - NGHIA ÐÀN/CVN

Vu Phuong Thanh est la pre­mière Asia­tique à avoir réus­si des ul­tra-trails à tra­vers quatre des plus cé­lèbres dé­serts du monde: Na­mib (Na­mi­bie), Go­bi (Chine), Ata­ca­ma (Chi­li) et An­tarc­tique. Des ex­ploits ex­tra­or­di­naires en­tre­pris en l’es­pace d’une seule an­née, en 2016. Cette jo­lie jeune femme, au teint hâ­lé et au ca­rac­tère à la fois doux et éner­gique, nour­rit la pas­sion pour les sports d’aven­ture, no­tam­ment l’ul­tra-trail et le pa­ra­chu­tisme. “Quelle joie de pou­voir vo­ler ou de conqué­rir des ré­gions re­cu­lées aux quatre coins du monde!”, s’ex­clame-t-elle. Née en 1990 à Ha­noï dans une fa­mille de fonc­tion­naires, Phuong Thanh a eu la chance de faire une grande par­tie de ses études à l’étran­ger: col­lège à Sin­ga­pour, ly­cée au Ca­na­da et uni­ver­si­té au Royaume-Uni.

Di­plô­mée en ad­mi­nis­tra­tion des af­faires et fi­nances avec la men­tion bien, elle a été re­cru­tée et a tra­vaillé à Sin­ga­pour pour Bloom­berg LP, un groupe fi­nan­cier amé­ri­cain spé­cia­li­sé dans les ser­vices aux pro­fes­sion­nels des mar­chés fi­nan­ciers et dans l’in­for­ma­tion éco­no­mique et fi­nan­cière. En 2015, après plus de deux ans dans la ci­té-État, Phuong Thanh a dé­ci­dé de quit­ter ce poste en­vié pour réa­li­ser son rêve: dé­cou­vrir le monde par l’en­tre­mise de sports ex­trêmes: ma­ra­thon, ul­tra­trail et pa­ra­chu­tisme. “Mon plus grand dé­sir: dé­cou­vrir le monde et me dé­pas­ser”, ex­plique-t-elle. Son pro­jet ex­tra­or­di­naire, elle l’a com­men­cé avec des ma­ra­thons et du pa­ra­chu­tisme, avant de par­ti­ci­per à des ul­tra-trails de 100 km et plus. “Les en­traî­ne­ments furent éprou­vants les pre­miers mois. J’avais mal par­tout. Je me le­vais à 04h00 du ma­tin pour al­ler cou­rir et me cou­chais à 21h00, j’étais donc en dé­ca­lage com­plet avec le rythme de vie de mes amis. Mais, c’était mon choix. Et puis, tout est af­faire d’adap­ta­tion”, avoue-t-elle.

“La rose de fer”

Le but de Phuong Thanh était le cham­pion­nat in­ter­na­tio­nal 2016 des “4 De­serts Grand Slam”, un cham­pion­nat an­nuel d’ul­tra-trail à tra­vers quatre dé­serts par­mi les plus ri­gou­reux du monde. Au to­tal 1.000 km en l’es­pace d’un an. Au me­nu des ré­jouis­sances: Na­mib en Na­mi­bie en mai, Go­bi en Chine en juin, Ata­ca­ma au Chi­li en oc­tobre et An­tarc­tique en no­vembre. Chaque épreuve de 250 km du­rait sept jours. “L’ul­tra-ma­ra­tho­nien doit faire face à de mul­tiples dif­fi­cul­tés. Pour moi, la plus grande dif­fi­cul­té n’est pas de por­ter un sac sur le dos ni de souf­frir de la faim ou de la soif, mais d’en­tre­te­nir la vo­lon­té de pour­suivre la course”, confie Phuong Thanh. Et d’avouer qu’après avoir tra­ver­sé les deux pre­miers dé­serts, elle a eu l’idée de je­ter

l’éponge. “Le cli­mat ex­trême de Go­bi a pro­vo­qué des troubles psy­cho­lo­giques chez moi. Je me suis alors de­man­dée si ce­la va­lait la peine de conti­nuer, avec le risque per­ma­nent d’ac­ci­dent ou de grosse dé­faillance phy­sique. Et j’ai pen­sé à mes pa­rents et aux tour­ments que ce­la leur pro­vo­que­rait”. Mais son éner­gie ad­mi­rable lui a re­don­né des forces: “Lors­qu’on est à bout, on se dit: al­lez, en­core un pas, et un autre... C’est ain­si que l’on peut fi­na­le­ment ar­ri­ver au but”. Pas éton­nant que la ma­ra­tho­nienne cou­ra­geuse soit sur­nom­mée “La rose de fer” par ses amis. Aux ul­tra-trails des “4 De­serts Grand Slam”, Phuong Thanh a aus­si trou­vé des sources d’en­cou­ra­ge­ment au­près de ses com­pa­gnons de route. “J’ai été très im­pres­sion­née par un han­di­ca­pé hong­kon­gais de 60 ans qui, mal­gré une pro­thèse, a ter­mi­né l’épreuve de l’Ata­ca­ma. Ou en­core par la pré­sence de trois cou­reurs aveugles dans le dé­sert du Na­mib”.

“À coeur vaillant, rien d’im­pos­sible”

Après ces quatre dé­serts, Phuong Thanh s’est fixée de nou­veaux dé­fis: par­ti­ci­per en 2018 à des ul­tra-trails dans d’autres ré­gions du monde. “J’ai l’am­bi­tion de pou­voir his­ser le dra­peau du Viet­nam par­tout, sur tous les conti­nents, y com­pris au Pôle Nord”, as­sure-telle. En sep­tembre 2017, un in­ci­dent l’a frap­pée à la der­nière étape de l’ul­tra-trail du Mont Blanc, dans les Alpes. Une épreuve in­hu­maine de 170 km, à che­val sur la France, la Suisse et l’Ita­lie. “Il s’agit du pire par­cours que j’ai connu, à cause des tem­pé­ra­tures des­cen­dant jus­qu’à -19°C, des cols de 2.000-2.500 m à fran­chir, de la neige... À ce­la ve­naient s’ajou­ter des nuits sans som­meil”, se rap­pelle-t-elle. L’in­ci­dent est sur­ve­nu brus­que­ment à 24 km de l’ar­ri­vée. La ma­ra­tho­nienne viet­na­mienne a connu une grosse dé­faillance phy­sique, mais elle a été im­mé­dia­te­ment prise en charge par les mé­de­cins. La jeune femme es­time quand même avoir triom­phé: “J’ai fais de mon mieux. J’ai été au bout de moi-même. Je n’ai rien à me re­pro­cher”. In­ter­ro­gée sur sa mo­ti­va­tion, Phuong Thanh ré­pond avec le sou­rire: “J’aime l’aven­ture, c’est mon mo­teur. +À coeur vaillant, rien d’im­pos­sible+, ce proverbe m’ac­com­pagne dans mes actes de tous les jours”.

NVCC/CVN

Vu Phuong Thanh a réus­si des ul­tra-trails à tra­vers quatre des plus cé­lèbres dé­serts du monde.

FBNV/CVN

Vu Phuong Thanh aime l’aven­ture.

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