Da­vid Nguyên Vu, trem­plin des en­tre­prises viet­na­miennes à Sin­ga­pour

Pré­sident du Fonds Re­gu­lus In­vest­ment and Ca­pi­tal Hol­dings et di­rec­teur de la Chambre de Com­merce du Viet­nam à Sin­ga­pour, Da­vid Nguyên Vu est consi­dé­ré comme le prin­ci­pal ap­pui des en­tre­prises viet­na­miennes dans ce pays.

Le Courrier du Vietnam - - SOMMAIRE - LÔC HÀ - PHUONG NGA/CVN

Né à Ha­noï, Da­vid Nguyên Vu a un par­cours uni­ver­si­taire et pro­fes­sion­nel re­mar­quable. Ti­tu­laire d’un doc­to­rat en chi­mie à l’Uni­ver­si­té fran­çaise du Maine après avoir ob­te­nu un mas­ter en France, il a no­tam­ment été em­bau­ché à l’Ins­ti­tut de chi­mie et de tech­no­lo­gies ICES et par le groupe d’agro­chi­mie amé­ri­cain Dow Che­mi­cal à Sin­ga­pour. “Géo­gra­phi­que­ment proche du Viet­nam, Sin­ga­pour est un pays à crois­sance du­rable et ex­po­nen­tielle. En plus des bonnes condi­tions d’édu­ca­tion et d’une or­ga­ni­sa­tion stable de sa so­cié­té, Sin­ga­pour pro­pose des po­li­tiques d’at­trait ef­fi­cientes au­près des in­tel­lec­tuels étran­gers”, confie-t-il.

Ap­pui aux en­tre­prises viet­na­miennes

Se­lon Da­vid Nguyên Vu, les en­tre­prises viet­na­miennes qui y sont ba­sées et celles à la re­cherche d’op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ment dans le pays pour­ront comp­ter sur trois or­ga­ni­sa­tions: la Chambre de Com­merce du Viet­nam, le Fonds Re­gu­lus In­vest­ment and Ca­pi­tal Hol­dings et l’As­so­cia­tion des Viet­na­miens à Sin­ga­pour. “Ce sont trois struc­tures qui s’en­traident dans la mise en oeuvre de nom­breux pro­jets de san­té com­mu­nau­taire, d’édu­ca­tion, de ren­for­ce­ment de la co­opé­ra­tion, contri­buant aus­si à pro­mou­voir les pro­duits des en­tre­prises viet­na­miennes dans ce pays comme dans le monde”, es­time-t-il, avant d’ajou­ter: “Le gou­ver­ne­ment, la Fé­dé­ra­tion des en­tre­prises et les or­ga­ni­sa­tions sou­te­nant les start-up de Sin­ga­pour peuvent ai­der les en­tre­prises viet­na­miennes à conqué­rir le mar­ché mon­dial”. De­puis sa fon­da­tion, la Chambre de Com­merce du Viet­nam a ai­dé plus de 120 en­tre­prises viet­na­miennes dans l’ex­por­ta­tion de leurs pro­duits et dans leur quête de par­te­naires étran­gers par le biais de la pas­se­relle sin­ga­pou­rienne vers d’autres mar­chés tels que les États-Unis, l’Aus­tra­lie et le Moyen-Orient. “L’As­so­cia­tion des Viet­na­miens à Sin­ga­pour et la Chambre de Com­merce du Viet­nam gèrent et co­or­donnent les ac­ti­vi­tés cultu­relles et l’in­tro­duc­tion de nou­veaux pro­duits. Elle s’oriente éga­le­ment vers la va­lo­ri­sa­tion des ser­vices né­ces­saires vi­sant à ai­der la com­mu­nau­té viet­na­mienne à sai­sir

les op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment”, ex­plique Da­vid Nguyên Vu. Tou­jours se­lon lui, le Fonds d’in­ves­tis­se­ment de l’As­so­cia­tion des Viet­na­miens à Sin­ga­pour dé­ploient plu­sieurs pro­jets concer­nant la tech­no­lo­gie blo­ck­chain (chaîne de conte­neurs in­for­ma­tiques per­met­tant de sto­cker et trans­mettre des in­for­ma­tions sé­cu­ri­sées sans or­gane cen­tral de contrôle, Ndlr). Il a l’am­bi­tion de les gé­né­ra­li­ser au Viet­nam dans les an­nées à ve­nir.

“Avoir trop confiance en soi, un piège mor­tel”

“Avant d’in­ves­tir dans un nou­veau mar­ché, il est im­por­tant d’avoir des ré­gle­men­ta­tions lé­gales et des bar­rières ju­ri­diques claires. Si­non, le risque est trop éle­vé puisque la plu­part des tech­no­lo­gies pion­nières telles que les vé­hi­cules au­to­mo­teurs, le tran­sport et le sys­tème élec­tro­nique de sui­vi des mar­chan­dises sur la blo­ck­chain ou en­core le com­merce élec­tro­nique uti­li­sant les cryp­to­mon­naies ne peuvent pas se dé­ve­lop­per”, in­dique-t-il. Pour Da­vid Nguyên Vu, bien qu’une start-up puisse avoir beau­coup de po­ten­tiel, elle doit faire face à de mul­tiples dif­fi­cul­tés dans la mo­bi­li­sa­tion des fonds et la com­mer­cia­li­sa­tion si cette der­nière ren­contre des obs­tacles ju­ri­diques. À Sin­ga­pour, afin qu’elles puissent sur­mon­ter ces dif­fi­cul­tés, le gou­ver­ne­ment a créé des condi­tions op­ti­males en leur oc­troyant des sub­ven­tions gou­ver­ne­men­tales et une po­li­tique d’exemp­tion ou de baisse des im­pôts. Ce n’est d’ailleurs pas un ha­sard si le nombre de jeunes viet­na­miens, s’orien­tant vers Sin­ga­pour pour créer leur start-up, aug­mente au fil du temps. Ce pays n’est pas seule­ment un centre por­tuaire, c’est aus­si un centre fi­nan­cier et in­for­ma­tique aux res­sources hu­maines de haute qua­li­té. Da­vid Nguyên Vu consi­dère que les start-up viet­na­miennes se consacrent trop sou­vent au peau­fi­nage de leur forme, plu­tôt qu’à la so­li­di­fi­ca­tion de leur base. Lors de leurs pre­mières an­nées, les jeunes en­tre­prises étant sou­vent très fra­giles éco­no­mi­que­ment et hu­mai­ne­ment, il leur conseille de se concen­trer sur leur sur­vie plu­tôt que sur des as­pects se­con­daires. “Beau­coup de jeunes start-up, après avoir en­re­gis­tré des pre­miers ré­sul­tats en­cou­ra­geants, ont dé­pen­sé trop d’ar­gent pour des fu­ti­li­tés comme l’agran­dis­se­ment et la dé­co­ra­tion de leur bu­reau, plu­tôt que de re­cru­ter de la main-d’oeuvre”, sou­ligne Da­vid Nguyên Vu. Il in­siste éga­le­ment sur le fait que le Viet­nam pos­sède un fort po­ten­tiel hu­main grâce à ses jeunes di­plô­més. Néan­moins, at­ten­tion à ne pas faire preuve

d’ar­ro­gance: “Quand on crée une start-up, c’est bon d’avoir confiance en soi. Ce­pen­dant, il faut être mo­deste et gar­der la tête froide pour prendre les bonnes dé­ci­sions”.

CTV/CVN

Da­vid Nguyên Vu, pré­sident du Fonds sin­ga­pou­rien Re­gu­lus In­vest­ment and Ca­pi­tal Hol­dings.

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Sin­ga­pour est l’un des quatre dra­gons asia­tiques.

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