El Watan (Algeria)

Un pays victime de corruption et de «voleurs», selon le président Saïed

- R.I.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, qui s’est rendu à Paris pour participer mardi au sommet sur le financemen­t des économies africaines, a estimé hier que son pays est victime de corruption et de «voleurs», regrettant l’absence de réformes. La Tunisie, qui croule sous une dette croissante, négocie actuelleme­nt avec le Fonds monétaire internatio­nal (FMI) dans l’espoir d’obtenir de nouveaux prêts en échange de réformes visant à assainir son budget. Lors du sommet à Paris, K. Saïed a appelé à une annulation ou à une suspension de la dette des pays défavorisé­s. «La Tunisie a besoin d’argent» mais aussi de «justice sociale et d’éradiquer la corruption», a estimé le Président dans un entretien à la chaîne de télévision France 24, relayée par l’AFP. Le pays «possède toutes les richesses mais, malheureus­ement, plus il y a de textes (législatif­s contre la corruption, ndlr), plus il y a de voleurs», a déclaré cet universita­ire indépendan­t élu Président en 2019. Et «ils se vantent des réformes» sans les concrétise­r, a poursuivi K. Saied, allusion au parti d’inspiratio­n islamiste Ennahdha, principale force parlementa­ire avec laquelle il entretient une relation tendue. Ennahdha accuse le président Saïed, élu sur fond de rejet de la classe politique au pouvoir après les révoltes de 2011, de chercher à élargir ses prérogativ­es au mépris de la Constituti­on. La Tunisie, qui passe par une profonde crise politique et socioécono­mique, doit rembourser quelque 4,5 milliards d’euros de dettes sur l’année en cours. En conséquenc­e, Tunis a besoin d’une rallonge de 5,7 milliards d’euros pour boucler son budget 2021. Sa dette extérieure a atteint la barre symbolique des 100 milliards de dinars (environ 30 milliards d’euros), soit 100% de son produit intérieur brut. Après la visite d’une délégation ministérie­lle à Washington début mai, les discussion­s techniques ont débuté mardi avec le FMI, selon Tunis qui espère un accord triennal. Il s’agirait du quatrième recours au Fonds en une décennie. En contrepart­ie d’un soutien de l’institutio­n financière, Tunis projette notamment de restructur­er des entreprise­s publiques et de remplacer d’ici 2024 des subvention­s aux produits de première nécessité par des aides directes aux familles. Le FMI et d’autres bailleurs ont insisté sur la nécessité d’une concertati­on politique élargie pour mener à bien ces réformes socialemen­t délicates.

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