«DANS LE CADRE DE LA RÉ­CON­CI­LIA­TION NA­TIO­NALE», SE­LON MO­HA­MED AÏSSA

El Watan (Algeria) - - L’actualité - R. N. et agence

La béa­ti­fi­ca­tion au­jourd’hui à Oran des 19 re­li­gieux chré­tiens morts en Al­gé­rie s’ins­crit dans le cadre de la ré­con­ci­lia­tion na­tio­nale et n’est pas une oc­ca­sion pour «rou­vrir les plaies, mais une op­por­tu­ni­té pour l’ave­nir et tour­ner la page sans la dé­chi­rer», a dé­cla­ré hier à Oran le mi­nistre des Af­faires re­li­gieuses et des Wakfs, Mo­ha­med Aïssa, en marge de l’inau­gu­ra­tion de deux mos­quées. «Je suis ve­nu à Oran pour par­ti­ci­per aux cé­ré­mo­nies de béa­ti­fi­ca­tion, or­ga­ni­sées se­lon une ini­tia­tive de l’Eglise ca­tho­lique al­gé­rienne, après ap­pro­ba­tion du pré­sident de la Ré­pu­blique et l’ap­pui des pou­voirs pu­blics», a pré­ci­sé le mi­nistre, ajou­tant qu’à la veille de cet évé­ne­ment, deux mos­quées ont été inau­gu­rées. «C’est un évé­ne­ment im­por­tant», a-t-il es­ti­mé. La pre­mière, la mos­quée Ri­bat Tol­ba, éri­gée sur les hau­teurs du mont Murd­jad­jou, est un lieu his­to­rique si­tué près du mau­so­lée de Si­di Ab­del­ka­der Dji­la­ni. «Ce lieu de culte té­moigne de la ve­nue d’étu­diants de tous les coins de l’ouest du pays pour étu­dier Le Saint Co­ran. Il est éga­le­ment un lieu de ré­sis­tance, où ces étu­diants ont par­ti­ci­pé à la li­bé­ra­tion d’Oran du joug es­pa­gnol qui s’y était ins­tal­lé pen­dant plus de deux siècles», a rap­pe­lé le mi­nistre. L’autre mos­quée inau­gu­rée est bap­ti­sée Emir Ab­del­ka­der, à haï El Bar­ki, qui, se­lon le mi­nistre, «sym­bo­lise la fra­ter­ni­té al­gé­ro-turque, ain­si que l’al­liance his­to­rique, qui a eu lieu dans des condi­tions si­mi­laires, entre les Al­gé­riens et leurs frères ot­to­mans pour li­bé­rer l’Al­gé­rie du joug de l’al­liance des croi­sés». Le mi­nistre a rap­pe­lé que ce double évé­ne­ment coïn­cide avec la te­nue, au­jourd’hui, des cé­ré­mo­nies de béa­ti­fi­ca­tion, ain­si que l’inau­gu­ra­tion de l’église de San­ta Cruz, dont l’Etat al­gé­rien a par­ti­ci­pé aux tra­vaux de ré­ha­bi­li­ta­tion, ain­si que l’inau­gu­ra­tion de la place at­te­nante à l’église et sa bap­ti­sa­tion d’un nom qui fait l’una­ni­mi­té entre toutes les re­li­gions, à sa­voir la place du Vi­vreen­semble en paix. Pour Mo­ha­med Aïssa, ce sont là «au­tant de sym­boles qui parlent au nom de l’Al­gé­rie au monde en­tier», rap­pe­lant que cet évé­ne­ment est consi­dé­ré comme le pre­mier du genre dans le monde mu­sul­man, sa­chant qu’au­cune église n’a pro­cé­dé aux béa­ti­fi­ca­tions en de­hors du Va­ti­can. Dans ce contexte, le mi­nistre a sou­li­gné que ce­ci est un signe que l’Al­gé­rie des mu­sul­mans co­existe avec les autres re­li­gions. «C’est l’Al­gé­rie qui a pro­po­sé à l’ONU que le 16 mai soit ‘‘la jour­née mon­diale du vivre-en­semble’’, pro­po­si­tion qui a eu l’ap­pro­ba­tion de tous les membres de l’ONU», a-t-il rap­pe­lé.

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