DES AS­SO­CIA­TIONS RÉ­CLAMENT LA RÉ­VI­SION DE LA LOI DE 2012

Neuf as­so­cia­tions na­tio­nales ré­clament, une nou­velle fois, la ré­vi­sion de la loi 12/06, qua­li­fiée de «li­ber­ti­cide».

El Watan (Algeria) - - La Une - Mad­jid Ma­ked­hi

Neuf as­so­cia­tions na­tio­nales ré­clament, une nou­velle fois, la ré­vi­sion de la loi 12/06, qua­li­fiée de li­ber­ti­cide. Dans une dé­cla­ra­tion com­mune, ren­due pu­blique hier, à l’oc­ca­sion du 5e an­ni­ver­saire de la mise en oeuvre de ce texte éla­bo­ré dans le cadre des ré­formes po­li­tiques ini­tiées par le pou­voir en 2011, les si­gna­taires mettent l’ac­cent sur son bi­lan dé­sas­treux. Se­lon eux, le texte cen­sé «boos­ter l’ac­ti­vi­té as­so­cia­tive, s’est avé­ré fi­na­le­ment être un fac­teur de blo­cage». C’est pour­quoi, lit-on dans ce do­cu­ment, il est né­ces­saire de re­voir le conte­nu de cette loi en vue de le­ver tous les blo­cages. Se­lon les textes, les as­so­cia­tions si­gna­taires, dont RAJ, la LADDH (aile Be­nis­sad et aile Ze­houane) et la LADH, ré­clament le re­tour au ré­gime dé­cla­ra­tif, la le­vée du dik­tat de l’ad­mi­nis­tra­tion et l’as­sou­plis­se­ment des pro­cé­dures de consti­tu­tions des as­so­cia­tions. «Que la so­cié­té ci­vile soit un ac­teur ma­jeur et res­pon­sable : elle doit être ré­ha­bi­li­tée dans son man­dat d’in­ter­mé­dia­tion et de mé­dia­tion entre les ci­toyens et les pou­voirs pu­blics», li­ton dans cette dé­cla­ra­tion. Et d’ajou­ter : «Le 12 jan­vier 2012, fut pro­mul­guée la loi ac­tuelle sur les as­so­cia­tions, et cinq an­nées sont pas­sées après son en­trée en vi­gueur le 12 jan­vier 2014. Le constat que nous en fai­sons est chao­tique, l’en­semble des as­so­cia­tions est sou­mis à un nou­vel agré­ment (mise en confor­mi­té) sous peine de dis­so­lu­tion.» Pour les as­so­cia­tions si­gna­taires, ce texte, qui im­pose l’obli­ga­tion de l’au­to­ri­sa­tion préa­lable à la place du ré­gime dé­cla­ra­tif qui était en vi­gueur avec la loi 90/31 de 1990, freine l’élan du mou­ve­ment as­so­cia­tif. «Ce­ci consacre dé­sor­mais le dik­tat de l’ad­mi­nis­tra­tion sur tout ce qui re­lève de la li­ber­té d’as­so­cia­tion, de réunion et d’or­ga­ni­sa­tion», dé­noncent-elles. Rap­pe­lant les dé­cla­ra­tions du mi­nis­tère de l’In­té­rieur qui avait af­fir­mé que «55% des as­so­cia­tions en­re­gis­trées se­lon la loi 90/31 ne sont pas conformes à la loi 12/06», les au­teurs de la dé­cla­ra­tion mettent l’ac­cent sur un fait réel : «Des as­so­cia­tions me­na­cées de dis­so­lu­tion et de gel en rai­son de cette loi.»

LES PAR­TIS SONT AP­PE­LÉS À AP­PUYER CE PLAI­DOYER

Se­lon la dé­cla­ra­tion, cinq ans après l’ap­pli­ca­tion de ce texte «le bi­lan est chao­tique et dé­sas­treux». «Cette loi n’a pas per­mis le dé­ve­lop­pe­ment du mou­ve­ment as­so­cia­tif comme an­non­cé par les pou­voirs pu­blics. Bien au contraire, elle consti­tue un frein, pour preuve, plu­sieurs as­so­cia­tions, dont des or­ga­ni­sa­tions na­tio­nales qui tra­vaillent sur les thé­ma­tiques des droits hu­mains et de la ci­toyen­ne­té, de l’éga­li­té homme-femme, de la jeu­nesse, et des or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales ins­tal­lées en Al­gé­rie, n’ont pas en­core à ce jour leurs agré­ments de confor­mi­té», ajoute-t-on dans cette dé­cla­ra­tion. Pour­sui­vant, les au­teurs de cette dé­cla­ra­tion rap­pellent à nou­veau que «plu­sieurs ac­ti­vi­tés d’as­so­cia­tions sont interdites par l’ad­mi­nis­tra­tion sans au­cun mo­tif». «Des pro­grammes de par­te­na­riat sont ar­rê­tés, des comptes ban­caires blo­qués, des as­so­cia­tions ge­lées ou dis­soutes par l’ad­mi­nis­tra­tion en lieu et place de la jus­tice», dé­plorent-ils, en ré­ité­rant l’exi­gence de re­voir cette loi or­ga­nique.

Ces as­so­cia­tions, rap­pe­lons-le, ont ren­du pu­blic, le 5 oc­tobre der­nier, un pro­jet de loi al­ter­na­tif au texte en vi­gueur. «En­core une fois à l’oc­ca­sion de la 5e an­née de l’en­trée en vi­gueur de la loi 12/06 des as­so­cia­tions, nous, col­lec­tif des as­so­cia­tions, ré­ité­rons notre plai­doyer pour le chan­ge­ment de cette loi que nous qua­li­fions en­core de li­ber­ti­cide et de frein à notre dé­ve­lop­pe­ment», mar­tèlent ces or­ga­ni­sa­tions, en sou­hai­tant que le gou­ver­ne­ment ac­cepte, en­fin, de prendre en consi­dé­ra­tion leurs pro­po­si­tions à l’oc­ca­sion de la pro­chaine ré­vi­sion de la­dite loi. Pour ce­la, les as­so­cia­tions si­gna­taires ap­pellent aus­si les par­tis et les dé­pu­tés à ap­puyer leur plai­doyer.

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