El Watan (Algeria)

«Le mannequina­t doit être reconnu en Algérie»

- Entretien réalisé par A.Tahraoui A. Tahraoui

Née à Azazga et originaire de Bouzeguène, Wissam Saïbi (19 ans), étudiante en 1re année de licence de langue française à l’université Mouloud Mammeri a été sacrée Reine de Kabylie du concours de beauté organisé récemment au village Kahra, dans la commune de Fréha, par Ténor Music, en présence de 14 candidates de trois wilayas, Tizi Ouzou, Béjaïa et Bouira. Les 1re et 2e dauphines sont respective­ment Meriem Remidi du village Sahel (Bouzeguène) et Bouchalal Chams de Béjaïa. Dans cet entretien accordé à El Watan, l’heureuse récipienda­ire de la couronne 2021 revient sur sa participat­ion et ses projets profession­nels. Vous venez d’être élue Reine de Kabylie 2021, quel est votre sentiment ?

Le titre de la reine que j’ai eu est un sentiment gravé à jamais dans mon coeur comme chaque personne qui relève le défi dans n’importe quel concours. Sachant que toutes les femmes kabyles sont des reines, j’ai eu l’idée justement de participer à ce concours toute jeune. J’étais déjà là, à me prendre en photo toute seule à l’âge de 16 ans. Je faisais des photos sur les toits des maisons kabyles avec des risques. J’étais une jeune instagrame­use avec 30 000 abonnés déjà tellement que les photos plaisaient beaucoup au public. Elles étaient partagées sur plein de groupes Facebook. J’aimais trop ce domaine de photo.

Comment vos parents ont-ils réagi à votre participat­ion ?

Au début, c’était un peu compliqué pour eux, surtout mon père, vu la société où chacun a sa façon de voir la chose. Mais pour le Reine de Kabylie, qui est organisé par l’édition Ténor, mon père s’est bien renseigné et Dieu merci ce sont des organisate­urs très sérieux qui font un bon travail. J’ai été élue devant 5000 personnes et pour la première fois dans l’histoire des concours de beauté, l’édition Ténor a fait participer le public à 20% dans le vote avec des membres du jury, comprenant même des gens du droit (des avocats) et bien sûr avec des gens du métier. Il faut préciser aussi que 20%, la moitié du concours s’est basée sur la culture amazighe avec une note de 40% portant sur des questions liées à notre la culture, comme par exemple les dates de naissance et de décès de Matoub Lounès, les proverbes kabyles, dont on demandait aux candidates de continuer à remplir le vide sur une feuille blanche. L’édition organisatr­ice a réservé les 20% des questions pour elle sur sa propre page où des personnes ont voté également sur les numéros des candidates en suivant en direct l’événement via les réseaux sociaux.

Après cette élection, quels sont vos projets d’avenir ?

Mes projets à l’avenir, c’est bien sûr de finir mes études et du côté profession­nel, j’aimerais bien continuer dans ce domaine, aider avec des actions humanitair­es. Ma première participat­ion dans l’événementi­el, ce sera pour le 24 juin et le 25 en organisant un concours de chant intitulé La Voix de Matoub au village Aït Bouada (El aârch Ath Ghouvri) et bien sûr l’honneur revient à Ténor qui m’a donné cette opportunit­é. Et à l’occasion à travers votre journal, je lance une invitation en mon nom et celui de l’édition Ténor à tous les jeunes talents, à toute la presse et, pourquoi -pas, être dans le cinéma et les publicités. Je tiens à remercier les organisate­urs à leur tête Makhlouf Aberkane, le président fondateur des éditions Ténor Music. C’est un événement qui est bien organisé et bien réussi même en l’absence de beaucoup de médias. L’événement a été cependant largement partagé sur les réseaux sociaux par le public présent à cette cérémonie. Donc, si on parle du cadeau ou bien du prix remis par l’édition Ténor à cette occasion, je dirai que c’est suffisant pour moi de porter l’honneur honorifiqu­e en tant que Reine de Kabylie et un châle de 4 couleurs qui symbolise le soleil, la mer, le Sahara de l’Afrique du Nord avec un rouge de nos ancêtres berbères qui ont résisté et lutté pour notre culture et langue amazighes, et nous sommes toujours sur cette voie pour représente­r dignement notre culture à l’étranger avec un voyage au Canada. Je tiens à encourager chaque fille qui aime ce domaine depuis toute jeune mais qui a peur, il faut avoir confiance en soi et aller jusqu’au bout pour atteindre l’objectif. Je lance un appel pour les autorités pour reconnaîtr­e le mannequina­t en Algérie.

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