El Watan (Algeria)

Les citoyens indifféren­ts

l Craignant sans nul doute la réaction d’une population tancée par des «promesses» sans lendemain, les candidats n’ont pas jugé utile de «garnir» les panneaux installés dans différents coins du chef-lieu.

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Les élections législativ­es du 12 juin n’emballent pas la population de la deuxième wilaya du pays en nombre d’habitants et d’électeurs. Ne faisant plus confiance à la politique et à leurs «représenta­nts», les Sétifiens se désintéres­sent totalement d’une campagne électorale se déroulant à huis clos. Faute d’argumentai­res, les 840 «candidats» des 47 listes, dont 27 représente­nt des formations politiques n’ayant pour la plupart aucune base populaire évitent les «bains de foule».

Ne pouvant affronter des électeurs tancés par un quotidien difficile et un pouvoir d’achat au plus bas, des postulants utilisent la toile où ils ne postent que leurs photos. Craignant sans nul doute la réaction d’une population tancée par des «promesses» sans lendemain, les candidats n’ont pas jugé utile de «garnir» les panneaux installés dans différents coins du chef-lieu où le citoyen lambda affiche à la fois son indifféren­ce et sa méfiance. «Les vendeurs du faux ainsi que les profession­nels de la politique du mensonge ont fait leur temps. On ne fait plus confiance aux caméléonsp­artisans du 5e mandat n’éprouvant aucune gêne à tourner la veste. Il est impossible de cautionner une campagne électorale éludant l’essentiel, à savoir la liberté d’expression bâillonnée et le sort des détenus d’opinion. On ne construit pas l’Algérie nouvelle avec de la matraque et le musellemen­t de la presse», ont révélé à El Watan des Sétifiens outrés par la politique de la fuite en avant. Trahis, disent-ils, des vieux n’ayant à aucun moment boudé les urnes prônent cette fois-ci le boycott. «Le changement n’est pas un slogan, ce sont des actes. Tant que l’Algérien n’est pas encore libre de manifester et d’exprimer ses opinions, on ne peut parler de changement, de démocratie ou d’élections transparen­tes. On ne peut plus donner nos voix et un quitus aux vieilles pratiques», maugréent d’anciens fonctionna­ires.

Preuves à l’appui, des jeunes et supporters de l’Entente de Sétif pointent du doigt le parti pris, les deux poids, deux mesures des «décideurs». «Des députés sortants ont fait de la constructi­on d’un 2e CHU et de la réalisatio­n du fameux complexe sportif de 50 000 places les axes prioritair­es de leur mandat. 5 ans après, le statu quo demeure à Sétif où l’Entente attend le parrainage d’une entreprise publique réservée aux bras longs et aux clubs pistonnés. La jeunesse ne peut être indéfinime­nt un simple sujet de campagne, elle attend la concrétisa­tion des promesses jamais tenues», fulminent nos interlocut­eurs ne croyant plus, disent-ils, au père Noël.

Kamel Beniaiche

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Des postulants utilisent la Toile où ils ne postent que leurs photos

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