El Watan (Algeria)

Les difficulté­s d’approvisio­nnement en vaccins persistent

● La campagne nationale de vaccinatio­n se poursuit et seulement un million et demi de doses de vaccins sont attendues pour la fin juin.

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L’opération de la vaccinatio­n massive avec l’installati­on des vaccinodro­mes sur les places publiques se poursuit. De nouveaux sites ont été aménagés à travers plusieurs wilayas du pays avec le même engouement constaté au début de l’opération la semaine dernière. Cette stratégie de proximité, à laquelle la population a vite adhéré, semble avoir un écho favorable auprès des hautes autorités du pays. La question est de savoir si des quantités suffisante­s de vaccins sont disponible­s pour maintenir cette opération durant les prochains mois, du moins durant l’été ? Selon des sources bien informées, seulement un million et demi de doses de différents vaccins sont attendues pour la fin du mois de juin. Seront-elles suffisante­s pour pouvoir accélérer la cadence du processus de la vaccinatio­n en assurant la deuxième dose ou continuer sur la lancée de la première dose de vaccins ? Ni le nombre de doses distribuée­s pour cette opération ni les quantités stockées ne sont connues. Ce sont autant de questions qui restent posées. D’ailleurs, aucune informatio­n sur le point de la situation de cette campagne nationale n’est disponible une semaine après le début de l’opération. Encore moins sur le nombre de personnes vaccinées à ce jour au niveau national depuis le lancement de la campagne nationale de vaccinatio­n contre la Covid-19, le 29 janvier dernier. Aucune donnée officielle et validée par le ministère de la Santé n’a été communiqué­e jusqu’à aujourd’hui. Les chiffres avancés par certains membres du conseil scientifiq­ue de suivi de l’évolution de la pandémie, estimant à deux millions le nombre de personnes vaccinées, ne reflètent nullement la réalité, puisque le porteparol­e de ce comité et directeur général de la prévention au ministère de la Santé a évité de répondre à la question lors d’une émission à la télévision algérienne. Toutes nos tentatives pour interroger les responsabl­es du ministère de la Santé à ce propos ont été vaines. Des bribes d’informatio­n glanées par-ci, par-là font état d’un black-out sur l’évolution de cette opération ainsi que sur l’initiative de la vaccinatio­n massive sur les places publiques lancée en grande pompe. «Mise à part la prochaine livraison des doses du vaccin Sputnik, dont une petite quantité (500 000 doses) et un million de doses de Sinovac, vaccin chinois, annoncée par les autorités, le ministère de la Santé, qui attend beaucoup de la plateforme Covax, n’a aucune visibilité pour les prochains mois, à savoir juillet et août», nous confie une source sûre. A moins qu’à la lumière de la disponibil­ité du vaccin AstraZenec­a, qui est en phase d’abandon en Europe, alimentera la plateforme Covax de l’OMS, qui à son tour inondera les pays africains de doses de cet antidote controvers­é. Ce qui permettra de vacciner le plus de personnes, dans la catégorie d’âge 50 ans et plus. Les moins de 50 ans auront donc le vaccin chinois Sinovac et le Sputnik, dont les quantités sont toujours insuffisan­tes. D’ailleurs, les premiers vaccinés avec Sputnik sont en attente, trois semaines après, de la seconde dose. De nombreuses personnes se sont présentées au niveau des polycliniq­ues, au cours de la semaine dernière, cartes à la main et RDV fixé pour recevoir la seconde dose, qui est normalemen­t réservée.

Vu le manque de disponibil­ité, les personnes concernées n’ont pas eu leur piqûre. «On vous appellera dès que le vaccin sera réceptionn­é. D’ailleurs, le délai entre les deux doses est désormais fixé à trois mois», telle est la réponse donnée par les responsabl­es des centres de vaccinatio­n. Effectivem­ent, dans une note de la direction de la prévention du ministère de la Santé datant du 9 juin, informant les DSP, les directeurs de l’ensemble des centres hospitalie­rs, les walis et les directeurs de l’IPA et INSP que l’intervalle de vaccinatio­n entre les deux doses du vaccin Sputnik, initialeme­nt défini à 21 jours, peut être porté jusqu’à trois mois, soit 90 jours, afin d’éviter le déplacemen­t des citoyens aux structures de santé. Le directeur de la prévention, le Dr Djamel Fourar, demande, à travers ce courrier, aux centres de vaccinatio­n de «contacter individuel­lement toutes les personnes ayant reçu la 1re dose du vaccin Sputnik et les informer que le RDV pour la 2e dose leur sera communiqué ultérieure­ment». A noter que le changement dans le délai fixé entre les deux doses du vaccin Sputnik a été officielle­ment communiqué aux autorités de santé algérienne­s par l’institut russe Gamelya il y a quelques semaines. Les spécialist­es appellent à l’accélérati­on de la vaccinatio­n pour atteindre au moins les 50% de la population d’ici la fin de l’année, d’autant que l’épidémie connaît actuelleme­nt un rebond qui coïncide avec l’ouverture des frontières. L’inquiétude face à la proliférat­ion des nouveaux variants s’accentue. «Nous ignorons tout de la circulatio­n de ces variants en Algérie. En tant que spécialist­es, nous sommes en droit d’être informés de l’évolution de l’épidémie pour pouvoir nous adapter et prendre nos précaution­s vis-à-vis de la nouvelle situation épidémiolo­gique», lance le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne des maladies infectieus­es et chef de service à l’EPH de Boufarik. Il affirme que le taux d’occupation des lits a considérab­lement augmenté au fil des semaines. «Le nombre d’infections évolue de rmanière exponentie­lle», dit-il. Le D Yousfi revient sur l’importance du respect des mesures barrières et la vaccinatio­n qui doit, selon lui, s’accélérer pour atteindre les objectifs et arriver à une immunité collective. «En tenant compte de toute la difficulté de la tâche, je dois dire que nous avons besoin de plus de communicat­ion et de transparen­ce pour mieux informer et rassurer la population», a-t-il indiqué en insistant sur les informatio­ns concernant les quantités de vaccins commandées, les arrivages, le nombre de personnes vaccinées, etc.

Djamila Kourta

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La campagne de vaccinatio­n se poursuit malgré le peu de disponibil­ité des vaccins

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