El Watan (Algeria)

Le comité de soutien dénonce

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Cela fait deux ans que le général-major à la retraite Ali Ghediri croupit en prison. Il a été placé sous mandat de dépôt le 12 juin 2019 et son procès n’a jamais été programmé et il ne sera, probableme­nt, pas au menu de la prochaine session criminelle prévue pour septembre 2021. Un fait qui inquiète d’ailleurs ses avocats. Selon eux, le dossier Ghediri a été renvoyé devant le tribunal de Dar El Beida, alors que tous les procès devant être jugés en session criminelle pour l’année en cours avaient été déjà programmés. «Pourquoi le dossier Ghediri ne figure pas sur la liste ?» s’interrogen­t les avocats. Le comité de soutien et la défense de l’ancien directeur du personnel au ministère de la Défense nationale et ancien candidat à la présidenti­elle de 2019 dénoncent une «injustice criante». «Nous sommes contre l’instrument­alisation de la justice et nous souhaitons que cette dernière fasse son travail de façon impartiale», glisse un membre du comité. Ce dernier, en collaborat­ion avec les avocats, ne compte pas baisser les bras, ils poursuiven­t, disent-ils, leur combat pour la libération de Ali Ghediri injustemen­t incarcéré. Dans ce sens, un rappel a été fait hier sur la page Facebook du comité avec une photo du général sur laquelle est écrit : «L’oublié de la justice», «Ali Ghediri, l’homme qui n’a pas le droit à un procès». La photo est accompagné­e d’un texte qui loue les qualités de Ali Ghediri «son seul tort est celui de s’être porté candidat pour redresser le pays et rendre l’espoir à un peuple et à un pays meurtri par vingt années de rapine et de népotisme et menacés par un autre round de cinq ans de concussion, favoritism­e, clientélis­me…». Selon le comité, «Ali Ghediri est un innocent, sain moralement, intègre économique­ment, docteur en politique. Il est temps que le calvaire imposé à cet ex-haut cadre de l’Armée nationale populaire, sa famille et soutien cesse». Miloud Brahimi, l’un des avocats de Ghediri, explique que l’accusation pour laquelle il est en prison «est insensée». D’aucuns estiment que le général Ghediri «subit l’arbitraire». Pour le comité de soutien, «Ghediri est en prison pour ses idées qu’il a exprimées et pour le fait qu’il se soit présenté à l’élection présidenti­elle. Le discours politique du général a son poids, contrairem­ent au discours populiste de certains». Ghediri est accusé d’«atteinte au moral de l’armée», après l’abandon, en janvier dernier, par la Cour suprême, du chef d’inculpatio­n de «réunion de documents et d’informatio­ns et leur mise à la dispositio­n d’agent étranger». Pourtant un vent d’espoir avait soufflé, lorsque le pourvoi en cassation avait été accepté, mais il est vite retombé, après la décision, en février dernier, de la chambre d’accusation d’Alger de maintenir Ghediri en détention et de transmettr­e le dossier au tribunal correction­nel chargé des affaires criminelle­s (Dar El Beïda). Dans une lettre adressée fin avril dernier à l’opinion publique depuis la prison Koléa (Tipasa), où il est détenu, Ali Ghediri a dénoncé encore une fois sa détention «arbitraire». Dans une seconde lettre diffusée en juillet 2020, Ali Ghediri avait qualifié sa détention de «confinemen­t politique» et une «mise à l’écart» en raison de sa décision de se présenter à l’élection présidenti­elle de 2019.

Nabila Amir

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