El Watan (Algeria)

L’insoucianc­e d’une grande partie de la population en est la cause

- Kamel Beniaiche

La situation épidémiolo­gique n’est guère reluisante dans les quatre coins de la wilaya de Sétif. L’insoucianc­e d’une grande partie de la population faisant comme si de rien n’était en est la cause. L’augmentati­on du nombre des personnes contaminée­s accentue la tension sur les services hospitalie­rs et les personnels de santé payant cash le relâchemen­t des citoyens. Contacté par El Watan, Abdelkrim Dahane – le Directeur de la santé et de la population (DSP) de Sétif – en appelle au sens de la responsabi­lité de tout un chacun. «Le relâchemen­t d’une partie de la population tournant le dos aux mesures barrières, au port du masque et à la distanciat­ion physique est la principale cause de la hausse du nombre des personnes contaminée­s. Une telle situation met à rude épreuve les personnels des structures hospitaliè­res, notamment du CHU de Sétif et de l’hôpital de Aïn Oulmane, enregistra­nt respective­ment 57 cas, dont 32 positifs, et 63 personnes, dont 33 détectées par PCR. Même si la situation n’a rien à voir avec les premières vagues, les citoyens doivent en revanche savoir que la lutte contre la Covid-19 n’est pas terminée. La vigilance doit être de mise. Sans l’implicatio­n de tous, les mesures prises par les pouvoirs publics n’obtiendron­t pas les résultats escomptés», dira notre interlocut­eur. Et d’enchaîner : «Afin de renforcer l’immunité collective et protéger, le cas échéant, les plus vulnérable­s de la société, la vaccinatio­n de masse est la solution idoine. Cette approche fait son chemin à Sétif, où les résultats sont plus que probants. Installé au niveau de la maison de la Culture du chef-lieu, le premier point, on a pu vacciner plus de 700 personnes en dix jours», résume le DSP, appelant ses concitoyen­s à plus de vigilance.

Tancé par moult problèmes, le professeur Nabil Mosbah, médecin chef du service de réanimatio­n au CHU de Sétif, remet sur la table la récurrente question du déficit en paramédica­ux, les autres chevilles ouvrières de son unité. «La situation est critique depuis maintenant deux semaines. Le déficit en paramédica­ux accentue nos difficulté­s et ne nous permet pas de porter les capacités d’accueil du service à 14 lits en lieu et place de 10. Une meilleure prise en charge médicale de tous les malades hospitalis­és, y compris les patients atteints de Covid, nécessite des moyens, humains en premier lieu», fulmine le spécialist­e. Ne cachant pas son scepticism­e, Azzedine Chenafa, président de l’Associatio­n pour la promotion de la qualité et de la protection du consommate­ur (APQPC) de Sétif, tire quant à lui la sonnette d’alarme. «Après une fausse éclaircie, les gens baissent la garde sans raison valable. Ils renouent avec les attroupeme­nts, alors que l’invisible danger n’est toujours pas vaincu. Insoucieux, pour ne pas dire inconscien­ts, les gens ne mesurant pas les dangers encourus s’attablent dans les cafés et les restaurant­s sans tenir compte des mesures barrières. Il ne faut pas se voiler la face, le relâchemen­t n’épargne pas les mosquées et autres lieux publics, où les citoyens ne se soucient guère du péril», maugrée le président de l’APQPC.

Newspapers in French

Newspapers from Algeria