El Watan (Algeria)

L’ABSENCE D’APPROCHE ÉCONOMIQUE HYPOTHÈQUE LA DURABILITÉ DE LA GESTION DES DÉCHETS

- Par Djedjiga Rahmani drahmani@elwatan.com D. R.

Facteur essentiel dans le cadre du développem­ent durable, la valorisati­on des déchets (réutilisat­ion, recyclage, compostage) demeure le maillon faible de la gestion des déchets en Algérie. Un rapport vient d’être rendu public par l’agence nationale des déchets (AND)

Entre 2002 et 2017, une enveloppe de 88 milliards DA a été allouée au secteur de la gestion des déchets, selon le rapport 2020 sur l’état de la gestion des déchets en Algérie. Soit 41 milliards de dinars destinés à l’acquisitio­n du matériel de collecte et transport et 37 milliards consacrés à la réalisatio­n des infrastruc­tures (CET, centre de tri, déchetteri­e). Mais le constat sur le terrain, et même l’aveu des élaborateu­rs de ce rapport, les efforts consentis jusque-là restent insuffisan­ts. «Ces efforts ont certes permis un tant soit peu de satisfaire les besoins à court terme du secteur des déchets dans plusieurs wilayas», estiment les rédacteurs de ce rapport. Mais en privilégia­nt l’approche «sanitaire», «cette dernière s’est avérée minime du point de vue économique et sociale», reconnaiss­ent les auteurs de ce rapport. Outre, les résultats infimes, cette approche a même hypothéqué la durabilité des investisse­ments dans le domaine de la gestion des déchets. «L’absence d’efficacité économique des différente­s activités constitue le maillon faible de la gestion des déchets», lit-on dans ce rapport. Ainsi, l’une des activités générant des gains dans le domaine de la gestion des déchets demeure la valorisati­on de ces derniers. Ce créneau permet l’atténuatio­n des dépenses pour une meilleure gestion de ce secteur mais surtout l’impact écologique de ces déchets. Le recyclage permet la réduction des déchets stockés dans les décharges et l’optimisati­on de des ressources (la matière première) et la protection de l’environnem­ent. Le recyclage participe à la croissance économique par la création de l’emploi et la génération des gains financiers importants. A titre d’exemple, pour l’année 2020, l’activité de la valorisati­on a généré une valeur de 78, 4 milliards de dinars. Le plastique vient en tête de liste avec une valeur de 43, 2 milliards de dinars, suivi des métaux non ferreux avec une valeur de 16, 6 milliards de dinars et les métaux ferreux avec une valeur de 12, 6 milliards de dinars. Le nombre d’employés de cette activité formelle est de 4813.

CONTRAINTE­S

Ces chiffres ne représente­nt en réalité qu’une infime partie des potentiali­tés de cette filière. Le secteur de la valorisati­on des déchets est très peu exploité en Algérie. Le taux de valorisati­on des déchets ménagers et assimilés (DMA) est de 9, 83% toutes

filières confondues. Un taux qualifié de «faible» par les rédacteurs de ce document sur la situation de la gestion intégrée des déchets. Faut-il rappeler que la production annuelle des déchets en Algérie est d’environ 13,5 millions de tonnes en 2020. Un taux qui tend à dépasser 20 millions de tonnes en 2035. Un gisement inépuisabl­e pour les opérateurs activant dans la valorisati­on des déchets. Mais ces derniers sont confrontés à des contrainte­s d’ordre organisati­onnel et institutio­nnel, lesquelles freinent le développem­ent de cette filière et causent des pertes sèches sur le plan économique. Les contrainte­s recensées dans ce rapport sont liées à l’accès au gisement. Les modalités appliquées en matière de vente de déchets au niveau des installati­ons de traitement ne facilitent pas la tâche à ces opérateurs. Le problème du foncier industriel, notamment en matière de superficie pèse lourdement sur la capacité de tri, de stockage et de recyclage. A cela s’ajoute l’autorisati­on d’exploitati­on. Dans ce rapport, on révèle l’absence de l’autorisati­on d’exploitati­on chez certains opérateurs, soit par ignorance des procédures ou par la non-conformité aux normes exigée. Mais ce rapport soulève également des lenteurs administra­tives. L’absence de la maind’oeuvre locale vient compliquer davantage l’essor de cette filière qui n’est à ces débuts, et ce, en raison du regard de la société à l’égard de cette activité. L’activité informelle demeure également un concurrent déloyal à ces opérateurs.

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