POUR OU CONTRE N

El Watan week-end - - Cqfd - Ry­ma Ma­ria Be­nya­koub

ou­ria Ben­ghe­brit im­pose l’en­sei­gne­ment les mar­dis et sa­me­dis. Dé­sor­mais, les en­sei­gnants des pa­liers pri­maire et moyen don­ne­ront des cours le sa­me­di et le mar­di après-mi­di. Un dis­po­si­tif mis en place par la mi­nistre de l’Edu­ca­tion na­tio­nale pour re­mé­dier pé­da­go­gi­que­ment aux dif­fi­cul­tés d’ap­pren­tis­sage et re­le­ver le ni­veau des élèves. Se­lon le com­mu­ni­qué de la di­rec­tion de l’en­sei­gne­ment fon­da­men­tal du mi­nis­tère, la dé­ci­sion en­tre­ra en vi­gueur dès la ren­trée des va­cances d’au­tomne. Et si le dis­po­si­tif a été ac­cueilli à bras ou­verts par les pa­rents d’élèves, il n’a ce­pen­dant pas en­chan­té les en­sei­gnants et syn­di­ca­listes du sec­teur qui re­fusent de sa­cri­fier leur droit au re­pos et me­nacent de grève na­tio­nale. Se­lon Ba­chir Ha­kem, porte-pa­role du CLA, cette réac­tion est sans sur­prise : «Comme d’ha­bi­tude, les dé­ci­sions prises jus­qu’à ce jour n’ont et ne se­ront ja­mais ac­cep­tées par les en­sei­gnants qui se sentent es­claves qui doivent obéir, sans res­pect, sans te­nir compte de leur ex­pé­rience et de leur avis.» Et de ju­ger que le dis­po­si­tif du mi­nis­tère n’est pas une si bonne idée : «Ce n’est pas en en­sei­gnant le sa­me­di et le mar­di qu’on re­lè­ve­ra le ni­veau. Pé­da­go­gi­que­ment, c’est im­pos­sible ! L’élève n’au­ra que le ven­dre­di pour se re­po­ser. Dans ce cas de fi­gure, on se di­rige vers la po­li­tique de la tête bien pleine plu­tôt que de la tête bien faite !» Se­lon le syn­di­ca­liste, cette dé­ci­sion té­moigne de l’in­com­pé­tence du mi­nis­tère. Se­lon lui, avant sa mise en place, il au­rait fal­lu préa­la­ble­ment se rap­pro­cher du mi­nis­tère du Tra­vail afin de sa­voir ce que la loi pré­voit, prendre l’avis des élèves, de leurs pa­rents, des en­sei­gnants et des spé­cia­listes en pé­da­go­gie et en­fin mo­ti­ver les en­sei­gnants pour les convaincre d’en­sei­gner pen­dant leurs jour­nées de re­pos. «Pour éle­ver le ni­veau des élèves, le mi­nis­tère de­vrait cher­cher à trou­ver un moyen de faire ai­mer l’école aux élèves. Il faut éga­le­ment di­mi­nuer le vo­lume ho­raire des élèves en com­men­çant d’abord par re­ve­nir aux séances de 45 mi­nutes car l’élève, au­jourd’hui, ne peut res­ter concen­tré plus de 30 mi­nutes. Il faut aus­si amé­na­ger les après-mi­di des élèves pour leur per­mettre de pra­ti­quer une ac­ti­vi­té de loi­sir», conclut-il. Par ailleurs, dans un com­mu­ni­qué pu­blié cette se­maine, le Syn­di­cat na­tio­nal au­to­nome des pro­fes­seurs de l’en­sei­gne­ment pri­maire (Sna­pep) dé­nonce le manque de confiance et met en cause la prise de dé­ci­sion sans réunion ni re­cours aux syn­di­cats des pa­liers concer­nés. Le syn­di­cat exige, en outre, de «ne pas pié­ti­ner le droit au re­pos de fin de se­maine, de di­mi­nuer le vo­lume ho­raire des en­sei­gnants du pri­maire et de mettre en ap­pli­ca­tion la prime des heures sup­plé­men­taires».

Les élèves au­ront classe les sa­me­dis et mar­dis après-mi­di

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