Il fau­dra trou­ver des mo­da­li­tés pour une ges­tion ac­tive de la mo­bi­li­té

El Watan week-end - - Idées - Ca­sa­blan­ca. Nas­si­ma Ou­leb­sir wee­kend@el­wa­tan. com

#Le Ma­roc a re­fou­lé des mi­grants aux fron­tières l’été der­nier. Une grande po­lé­mique a écla­té entre les deux pays suite au re­fus du royaume ma­ro­cain d’ac­cueillir des Sy­riens. Au­jourd’hui, com­ment peut-on par­ler de la ges­tion de la po­li­tique mi­gra­toire de­vant de telles pra­tiques ?

J’es­père tout d’abord l’ou­ver­ture de la fron­tière pour que les deux peuples puissent cir­cu­ler. Il fau­dra trou­ver des mo­da­li­tés pour une ges­tion ac­tive de la mo­bi­li­té. Ce­la de­mande, à mon avis, d’avoir, comme pre­mier élé­ment, une po­li­tique na­tio­nale de l’ac­cueil de l’autre au ni­veau na­tio­nal. Au Ma­roc, de­puis 2013, nous fai­sons une po­li­tique mi­gra­toire. Elle n’est certes pas par­faite, mais il y a dé­jà dé­bat au sein de la so­cié­té ma­ro­caine. J’es­père qu’en Al­gé­rie et en Tu­ni­sie, ils peuvent s’éta­ler sur une nou­velle po­li­tique mi­gra­toire. Deuxième élé­ment : nous pou­vons jouer un rôle es­sen­tiel et im­por­tant au ni­veau de la dy­na­mique de l’Union afri­caine pour l’éla­bo­ra­tion d’une vé­ri­table po­li­tique afri­caine. Nous pou­vons aus­si jouer un rôle au ni­veau in­ter­na­tio­nal. Il y a un pacte glo­bal qui va être si­gné à Mar­ra­kech en dé­cembre pro­chain, mais il faut mettre en place des mé­ca­nismes pour gé­rer toute cette im­mi­gra­tion et aus­si mettre en oeuvre cet acte. L’Afrique peut jouer un rôle et par­ler d’une seule voix. Mais les né­go­cia­tions se­ront plus im­por­tantes après le 10 dé­cembre. Il y a 23 axes dans ce pacte, il fau­drait le mettre en oeuvre. Il n’est pas par­fait, mais ouvre des pers­pec­tives sur la gou­ver­nance in­ter­na­tio­nale de l’im­mi­gra­tion. Car, nous sommes conscients qu’il est com­pli­qué à ap­pli­quer. Com­ment or­ga­ni­ser une cir­cu­la­tion ré­gu­lière entre les pays afri­cains et même au ni­veau in­ter­na­tio­nal, com­ment gé­rer la ques­tion des com­pé­tences au­tre­ment qua­li­fiées, les femmes mi­grantes, le mi­neur non ac­com­pa­gné… tant d’axes à suivre.

#Com­ment éva­luez-vous le rôle de la so­cié­té ci­vile face à la si­tua­tion des mi­grants dans les dif­fé­rents pays du Magh­reb ?

C’est tou­jours le pre­mier sys­tème d’alerte. La presse peut jouer le contre-pou­voir et les ins­ti­tu­tions na­tio­nales des droits de l’homme. Nous sommes d’ailleurs un ré­seau et nous avons consti­tué un groupe de tra­vail sur l’im­mi­gra­tion. J’es­père qu’elles joue­ront un rôle mo­teur d’alerte sur les éven­tuelles vio­la­tions.

#Vous avez beau­coup in­sis­té dans votre in­ter­ven­tion à l’ou­ver­ture du fo­rum pan­afri­cain sur l’im­mi­gra­tion po­si­tive…

J’ai beau­coup tra­vaillé sur le rôle de l’im­mi­gra­tion, y com­pris l’im­mi­gra­tion al­gé­rienne. L’ap­port bé­né­fique de l’im­mi­gra­tion aux pays d’ac­cueil ne se compte pas seule­ment sur le plan éco­no­mique, mais aus­si in­tel­lec­tuel et cultu­rel. On ne peut pas par­ler du ro­man fran­çais sans par­ler de Ka­teb Ya­cine, Mo­ham­med Dib, Driss Chai­bi, As­sia Dje­bar… Ce cô­té est là, même si la presse ne le voit pas tou­jours, est vi­sible.

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