NAILA CHAKER

Une jeune chef d’en­tre­prise qui vise loin

El Watan week-end - - Nessna - Sa­mi­ra Ima­da­lou si­ma­da­lou@el­wa­tan.com

C’est au siège de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie al­gé­ro-fran­çaise (CCIAF) que nous avons ren­con­tré Naila

Chaker, une jeune femme d’af­faires, qui a réus­si, trois ans après le lan­ce­ment de son en­tre­prise, à dé­cro­cher le prix du concours na­tio­nal pour le fi­nan­ce­ment d’un pro­jet en­tre­pre­neu­rial, ci­blant des jeunes femmes al­gé­riennes de plus de 18 ans, lan­cé par le Club femmes chefs d’en­tre­prise de la CCIAF lan­cé en dé­cembre 2017.

A 26 ans, Naila Chaker se lance dans les af­faires. Ti­tu­laire d’un doc­to­rat en sciences vé­té­ri­naires, dé­cro­ché avec brio en 2013, et ar­mée d’une grande vo­lon­té, notre jeune Constan­ti­noise por­teuse du pro­jet «Caf­fy», spé­cia­li­sé dans la pro­duc­tion fro­ma­gère, réus­sit, deux ans après avoir quit­té les bancs de l’uni­ver­si­té, à créer sa propre en­tre­prise Na­ni­lait, en as­so­cia­tion avec son fian­cé Wa­lid Bou­zid. Elle a choi­si un do­maine en lien étroit avec sa spé­cia­li­té. C’est dans un seg­ment à fort po­ten­tiel que Naila mène, de­puis 2015, l’aven­ture de l’en­tre­pre­neu­riat sans être pas­sée au préa­lable par les dis­po­si­tifs d’aide à la créa­tion d’em­ploi. C’est en ef­fet sur fonds propres que le couple a créé l’uni­té de pro­duc­tion du for­mage Gou­da. «Le choix de la fa­bri­ca­tion de fro­mages à pâte pres­sée s’est im­po­sé, suite à une étude de mar­ché qui a ci­blé les ha­bi­tudes de consom­ma­tion des Al­gé­riens qui sont très de­man­deurs de ce type de fro­mage», ex­plique Nei­la qui, avant de lan­cer son pro­jet, a exer­cé comme vé­té­ri­naire. Ce qui lui a per­mis d’ap­pro­fon­dir ses connais­sances dans ce vaste do­maine. «J’ai eu la chance de faire des sui­vis d’éle­vage de bo­vins lai­tiers»,

se sa­tis­fait Nei­la d’ap­pa­rence ti­mide, mais qui cache une grande dé­ter­mi­na­tion. «Je me suis tou­jours in­té­res­sée à l’éle­vage et à la pro­duc­tion lai­tière. Je voyais qu’il y a du po­ten­tiel, j’ai cher­ché ma voie et je me suis très vite in­ves­tie en sui­vant des for­ma­tions en Al­gé­rie et aux Pays-Bas. J’ai mis en pra­tique toutes mes connais­sances ac­quises au­près des meilleurs fro­ma­gers hol­lan­dais», confie­ra cette jeune femme d’af­faires pour re­tra­cer son par­cours. Un par­cours qui l’a conduit au­jourd’hui à mettre sur le mar­ché un for­mage «d’ex­cel­lente

qua­li­té», comme le té­moi­gne­ra Odile Ben­nai, re­pré­sen­tante du Club des femmes en­tre­pre­neurs de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie al­gé­ro-fran­çaise (CCIAF). Ce que sou­tien­dra éga­le­ment le nou­veau pré­sident de la chambre, Mi­chel Bi­sac. Le­quel a af­fi­ché son en­ga­ge­ment à ap­puyer le dé­ve­lop­pe­ment de Na­ni­lait. Une en­tre­prise qui em­ploie au­jourd’hui cinq per­sonnes et qui en­vi­sage de dou­bler son ef­fec­tif en 2019. Et ce, à la fa­veur des chan­ge­ments pré­vus pour l’aug­men­ta­tion des ca­pa­ci­tés de pro­duc­tion. Pour notre jeune femme d’af­faires, main­te­nant que le pro­ces­sus de pro­duc­tion est maî­tri­sé avec une mé­thode fa­bri­ca­tion hol­lan­daise mi­sant sur la qua­li­té et une sé­lec­tion mi­nu­tieuse du lait et de tous les in­gré­dients, «il est temps de pas­ser à une autre étape. Aug­men­ter la quan­ti­té afin de sa­tis­faire la de­mande crois­sante, dé­ve­lop­per, élar­gir notre gamme et conqué­rir de nou­velles parts de mar­ché», ré­pon­dra Naila ré­so­lue à réa­li­ser ces ob­jec­tifs. Car, faut-il le rap­pe­ler, le pro­duit se vend ac­tuel­le­ment uni­que­ment à Cons­tan­tine avec une pro­duc­tion de 300 litres/jour. Un chiffre qui va pas­ser à 1000/jour voir plus. Ce qui per­met­tra de ré­pondre à une forte de­mande à l’échelle na­tio­nale, no­tam­ment après l’in­ter­dic­tion d’im­por­ta­tions de ces pro­duits. Mais, comment fi­nan­cer un tel pro­jet ? PRIX Jus­te­ment, Naila a dé­cro­ché le pre­mier prix du Club femmes chefs d’en­tre­prise de la CCIAF, qui a lan­cé en dé­cembre 2017 son pre­mier Pro­gramme de sou­tien à l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin. Notre vé­té­ri­naire a été re­te­nue par­mi 269 can­di­dates de 32 wi­layas du pays por­tant sur 33 dif­fé­rents sec­teurs d’ac­ti­vi­tés. Le groupe de tra­vail char­gé de la sé­lec­tion et du sui­vi a gar­dé ini­tia­le­ment 20 can­di­da­tures qui ré­pondent au mieux aux cri­tères et condi­tions de l’ap­pel à pro­jets. Ce chiffre a été par la suite di­vi­sé par deux. Au fi­nal, le prix est re­ve­nu à Naila Chaker pour son pro­jet de pro­duc­tion de fro­mage (Na­li­lait). «La lau­réate a été choi­sie au terme d’un long par­cours de com­pé­ti­tion», rap­pel­le­ra à ce su­jet Odile Ben­nai. Un grand suc­cès pour Naila. Le pro­blème du fi­nan­ce­ment des nou­veaux équi­pe­ments est en­fin ré­glé. A la fa­veur de cette réus­site, l’ini­tia­trice du pro­jet Na­li­lait a bé­né­fi­cié d’une cam­pagne de spon­so­ring or­ga­ni­sée spé­cia­le­ment pour l’ac­com­pa­gner en­tiè­re­ment dans le fi­nan­ce­ment de son pro­jet. Ain­si, grâce à sa par­ti­ci­pa­tion à ce concours, la pre­mière res­pon­sable de Na­ni­lait a réus­si à trou­ver les fi­nan­ce­ments né­ces­saires pour l’agran­dis­se­ment de son en­tre­prise pour un mon­tant de 7 mil­lions de di­nars. Des en­tre­prises ci­toyennes ont contri­bué fi­nan­ciè­re­ment et sou­te­nu le pro­jet, à l’image de Fa­der­co, Sa­no­fi Al­gé­rie, BNP Pa­ri­bas El Dja­zair et Al­liance As­su­rances. Ce qui per­met­tra à la lau­réate, âgée au­jourd’hui de 29 ans, d’en­ta­mer, pa­ral­lè­le­ment à une nou­velle étape dans sa vie (elle se ma­rie pro­chai­ne­ment), la deuxième phase de son pro­jet avec en­core plus de vo­lon­té pour ré­sis­ter d’abord et réus­sir dans un mode pas tou­jours fa­cile. Elle ne man­que­ra pas de sou­li­gner : «En tant que chef d’en­tre­prise, on a tou­jours des dif­fi­cul­tés.»

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