A Ouar­gla, le nou­veau di­rec­teur de l’ANEM res­sus­cite l’ins­truc­tion de Sel­lal

El Watan week-end - - 7 Jours - Hou­ria Alioua

Cinq ans après la pro­mul­ga­tion de la fa­meuse ins­truc­tion de Ab­del­ma­lek Sel­lal, da­tant du 11 mars 2013, ren­due pu­blique à la veille de la Mi­lyou­nia des chô­meurs de Ouar­gla, le 14 mars de la même an­née, Mo­ha­med Rayek, énième di­rec­teur de l’Agence na­tio­nale de l’em­ploi de la wi­laya de Ouar­gla, re­parle de prio­ri­té des en­fants de cette wi­laya, en ré­volte constante contre les dé­pas­se­ments du dossier de l’em­ploi dans le bas­sin pé­tro­lier de Has­si Mes­saoud. Fraî­che­ment dé­bar­qué à Ouar­gla où il a com­men­cé par mettre de l’ordre dans son agence, dont plu­sieurs an­tennes étaient fer­mées de­puis quelques mois sous pré­texte de heurts avec les chô­meurs en fu­rie, M. Rayek a sillon­né la ré­gion et ef­fec­tué des vi­sites ci­blant toutes les en­tre­prises na­tio­nales, éta­tiques et pri­vées mais aus­si les mul­ti­na­tio­nales en as­so­cia­tion avec le groupe So­na­trach. Son constat, il l’a li­vré sa­me­di der­nier lors d’une confé­rence de presse im­pro­vi­sée en quelques heures et qui a lour­de­ment sanc­tion­né les so­cié­tés pri­vées, les agence de sé­lec­tion du per­son­nel dites de sous­trai­tance et, par ri­co­chet, les mul­ti­na­tio­nales qui passent par elles pour le re­cru­te­ment d’une par­tie de leur per­son­nel. M. Rayek veut re­mettre les pen­dules à l’heure et ne veut vi­si­ble­ment pas être le din­don d’une farce qui dure de­puis plus de deux dé­cen­nies, ni être un nou­veau di­rec­teur qui quit­te­ra Ouar­gla dans l’ano­ny­mat après avoir échoué à sa mis­sion.

MIS­SION

Il hé­rite certes d’une agence mise sur le banc des ac­cu­sés par les co­hortes de chô­meurs, qui se sont suc­cé­dé de­vant sa porte et dans les es­pla­nades de­puis une ving­taine d’an­nées. Il re­çoit en legs un ca­deau em­poi­son­né, mais il semble avoir dû­ment ré­flé­chi à sa mis­sion ka­mi­kaze et jouir d’un ap­pui qu’il juge pri­mor­dial, ce­lui du wa­li de Ouar­gla, qui veut lui aus­si en fi­nir avec le pro­blème des chô­meurs mé­con­tents. Le mi­nistre de l’Em­ploi avait an­non­cé il y a deux mois, à Il­li­zi, qu’il comp­tait se char­ger en per­sonne de ce dossier avec l’aide des au­to­ri­tés lo­cales. Alors que la po­lé­mique au­tour de la dé­si­gna­tion d’un cadre is­su de la wi­laya bat­tait son plein au len­de­main de la ma­ni­fes­ta­tion du 3 no­vembre der­nier, la ré­ac­tion de Ab­del­ka­der Djel­laoui, wa­li de Ouar­gla, n’a pas tar­dé. En pleine ses­sion de l’As­sem­blée po­pu­laire de wi­laya, il ac­cu­sa les élus et cer­tains no­tables de vou­loir lui for­cer la main en im­po­sant des can­di­da­tures dou­teuses. Le wa­li avait alors an­non­cé d’un air en­ten­du «qu’une so­lu­tion avait été trou­vée et que le dossier de l’em­ploi à Ouar­gla se­ra bien­tôt fi­ce­lé». Un mois plus tard, M. Rayek suc­cède à Bou­chou­cha à la tête de l’agence lo­cale de l’em­ploi. Sa mis­sion ? Faire en sorte que le dossier de l’em­ploi soit mis sous contrôle et ne plus don­ner au­cun pré­texte à de nou­velles ma­ni­fes­ta­tions pour les cinq pro­chains mois. Pre­mière dé­ci­sion : ré­ta­blir la prio­ri­té à la maind’oeuvre lo­cale en mi­sant sur la carte d’iden­ti­té na­tio­nale bio­mé­trique émise dans la wi­laya de Ouar­gla comme pièce maî­tresse de toute ins­crip­tion ou orien­ta­tion. Fin de la po­lé­mique au­tour des ré­si­dences de com­plai­sance et du fa­vo­ri­tisme vou­lu par les na­tifs de Ouar­gla.

RE­CEN­SE­MENT

L’ANEM don­ne­ra la prio­ri­té aux ci­toyens ré­si­dents dans la wi­laya de Ouar­gla quel que soit leur lieu de nais­sance. Dans la sé­rie de me­sures prises «pour mettre fin au clien­té­lisme», di­ra le nou­veau di­rec­teur de l’AWEM, un pro­ces­sus de re­cen­se­ment des vrais et faux chô­meurs a été dé­clen­ché. An­non­cé plu­sieurs fois par ses pré­dé­ces­seurs, mis en ap­pli­ca­tion pour être je­té aux ou­bliettes en 2015, le re­cou­pe­ment des fi­chiers de l’ANEM, par le biais de la base de don­nées de la CNAS, Cas­nos, CNAC, An­sej et CNRC de­vra dé­ter­mi­ner le sta­tut de chaque de­man­deur se­lon son ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle et son af­fi­lia­tion ou pas à la Sé­cu­ri­té so­ciale. «La base si­gna­lé­tique El Was­sit de l’AWEM ne com­por­te­ra dé­sor­mais que les de­man­deurs d’em­ploi ne jus­ti­fiant d’au­cune ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle ou com­mer­ciale», se­lon M. Rayek. La troi­sième me­sure concerne les dis­pa­ri­tés sa­la­riales au sein du sec­teur pé­tro­lier du fait du re­cours aux agences d’in­té­rim et de sé­lec­tion du per­son­nel. Et là aus­si, l’obli­ga­tion faite à ces en­tre­prises d’ap­pli­quer les clauses de l’ins­truc­tion du Pre­mier mi­nistre da­tant du 11 mars 2013, concer­nant le vo­let ré­mu­né­ra­tion des sa­la­riés sans dis­cri­mi­na­tion par rap­port aux en­tre­prises mères ou d’échelle équi­va­lente se­ra de mise. «Le sa­la­rié ne pour­ra plus per­ce­voir moins de 80% du sa­laire ac­cor­dé à son col­lègue re­cru­té di­rec­te­ment par la so­cié­té mère», a ex­pli­qué M. Rayek, qui ajoute que l’ap­pli­ca­tion de cette di­rec­tive se fe­ra en col­la­bo­ra­tion avec l’Ins­pec­tion du tra­vail et sous le contrôle di­rect du wa­li de Ouar­gla, avec des me­naces de sanc­tions maxi­males, à sa­voir la sus­pen­sion du re­gistre de com­merce et la ré­si­lia­tion du contrat liant l’en­tre­prise ré­cal­ci­trante au groupe So­na­trach, ren­ché­rit-il. Pour le vo­let de la for­ma­tion, l’AWEM veille­ra éga­le­ment à l’in­ser­tion des jeunes chô­meurs sans autre qua­li­fi­ca­tion que leur ni­veau sco­laire du moyen ou du se­con­daire pour leur as­su­rer des for­ma­tions qua­li­fiantes ou di­plo­mantes et une in­ser­tion pro­fes­sion­nelle.

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