Ti­pa­sa : la re­va­lo­ri­sa­tion des biens pa­tri­moines des APC à l’ordre du jour

El Watan week-end - - 7 Jours - M’ha­med H.

La re­va­lo­ri­sa­tion des biens com­mu­naux ne fi­gure pas dans la feuille de route des res­pon­sables des APC de la wi­laya de Ti­pa­sa, d’une part, et, d’autre part, l’im­puis­sance de l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale de la wi­laya se plaint de l’ab­sence de moyens, un pré­texte pour per­pé­tuer le sta­tu quo en ma­tière de créa­tion de ri­chesses au pro­fit des col­lec­ti­vi­tés lo­cales. Les dis­cours des hautes au­to­ri­tés de l’Etat n’ont pas in­ci­té les P/APC et leurs ser­vices concer­nés à agir à leur ni­veau afin de ren­flouer les caisses de leurs com­munes res­pec­tives. Le wa­li a consta­té que le re­cou­vre­ment est non seule­ment trop in­si­gni­fiant, mais sur­tout l’ab­sence des ini­tia­tives lo­cales pour ré­éva­luer les biens com­mu­naux. «Il y a des res­tau­rants ici au chef-lieu de la wi­laya qui vous font payer des plats de cre­vettes et autres pois­sons à des prix exor­bi­tants dit-il, alors que le loyer du lo­cal est fixé à un prix dé­ri­soire. Ce n’est pas nor­mal. Ce n’est qu’un exemple ! L’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale de­vra faire un ef­fort avec les com­munes pour re­mé­dier à ce pro­blème, sa­chant que beau­coup de ci­toyens exercent des ac­ti­vi­tés com­mer­ciales sans do­cu­ments et ne paient pas les taxes. Je suis en me­sure de vous ai­der, dit-il au di­rec­teur des im­pôts, en met­tant à votre dis­po­si­tion des moyens ma­té­riels et vous faire ac­com­pa­gner par les fonc­tion­naires de sé­cu­ri­té dans vos mis­sions, mais il faut dé­bus­quer ces com­mer­çants et agir dans un cadre ré­gle­men­taire pour ré­cu­pé­rer les taxes et as­sai­nir la si­tua­tion fis­cale. Cet ar­gent ré­cu­pé­ré contri­bue­ra au dé­ve­lop­pe­ment des com­munes lo­cales», ex­plique-t-il. Les com­pli­ci­tés de cer­tains fonc­tion­naires avec l’in­for­mel sont en ef­fet nom­breuses, l’ab­sence des rap­ports de l’ad­mi­nis­tra­tion avec les ci­toyens hon­nêtes, com­mu­ni­ca­tion in­ef­fi­cace entre l’APC et les dif­fé­rents ser­vices ayant un lien di­rect avec la fis­ca­li­té, sont au­tant de ca­rences qui ont fait l’ob­jet de dé­bats lors du 1er con­seil de l’exé­cu­tif de la wi­laya te­nu en ce dé­but d’an­née 2019. Le cas des grandes en­tre­prises ins­tal­lées à Ti­pa­sa et qui paient leurs im­pôts à Ben Ak­noun (Al­ger) a été sou­le­vé. Une frus­tra­tion pour les com­munes. Le P/APC d’At­tat­ba se plaint de l’ab­sence d’un ser­vice de l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale dans sa com­mune, sa­chant qu’elle abrite le mar­ché de gros des fruits et lé­gumes et autres com­merces de gros. Le P/APC d’Ah­meur El Aïn, lui, s’in­quiète de la pré­sence d’in­ves­tis­seurs de l’agri­cul­ture ve­nus s’ins­tal­ler dans le cadre du par­te­na­riat dans sa com­mune, mais ne voit rien ar­ri­ver en ma­tière fis­cale, pré­ci­sant que leurs in­ves­tis­se­ments se chiffrent à plu­sieurs mil­liards de cen­times. Le P/APC de Ko­léa re­grette l’in­exis­tence des sai­sies de­puis plus de dix ans. 70% des mil­liers de com­merces et des uni­tés de fa­bri­ca­tion ar­ti­sa­nale exercent dans sa com­mune sans re­gistre de com­merce. Les in­ter­ven­tions des P/APC ont sus­ci­té des in­ter­ro­ga­tions chez le wa­li. L’ha­bile di­rec­teur des im­pôts de la wi­laya, un re­dou­table ora­teur qui em­prunte plu­sieurs «sen­tiers» dans ses in­ter­ven­tions, sans pour au­tant ré­pondre aux ques­tions, s’est conten­té d’une longue nar­ra­tion pour dé­voi­ler les chiffres et les pré­vi­sions fis­cales. L’as­sis­tance n’a pas été con­vain­cue. La fis­ca­li­té, l’un des maillons faibles dans l’éco­no­mie de la wi­laya, est de­ve­nue un han­di­cap qui en­trave le dé­ve­lop­pe­ment lo­cal. Autres dé­gâts de l’omer­ta dans la «Prin­ci­pau­té» de Ti­pa­sa.

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