Pas facile de se payer des funérailles au Nouveau-Brunswick
L’inflation et la hausse du coût de la vie ont des répercussions dans la vie de tout le monde, même jusqu’à la mort. Ça coûte de plus en plus cher de mourir au Nouveau-Brunswick.
Plusieurs entreprises, comme la Coopérative funéraire Passage, tentent de garder leurs frais à un niveau abordable pour ne pas étouffer les familles déjà éprouvées par le décès d’un être cher.
«Notre but à la fin de la journée n’est pas de faire de gros profits, c’est de pouvoir opérer, d’avoir le personnel pour le faire et de garder les prix aussi raisonnables que possible», explique le directeur général Mathieu LeBlanc.
Malgré tout, de plus en plus de gens ne peuvent tout simplement pas se payer de funérailles.
«On le voit malheureusement de plus en plus, surtout dans la région de Moncton, avec l’augmentation du nombre de personnes itinérantes. Ce sont souvent des gens qui n’ont pas de famille», souligne-t-il.
Dans ces cas, le ministère du Développement social entre en jeu pour payer un service de base.
«Ils ont un contrat avec tous les salons (environ 80) du Nouveau-Brunswick. Tout le monde reçoit le même montant. Il y a quand même des critères stricts à suivre», souligne le grand patron de l’entreprise qui compte des locaux à Dieppe, Moncton, Shediac Bridge et Bouctouche.
La facture peut grimper rapidement, selon les demandes des familles.
Les frais funéraires de base tournent autour de 3000$ mais peuvent atteindre 20 000$.
«Je ne veux pas comparer ça à une voiture, mais plus tu ajoutes des choses, plus ça coûte cher», confirme Mathieu LeBlanc.
C’est le même scénario pour les pierres tombales. On peut avoir une plaque à 500$, mais un monument peut coûter jusqu’à 20 000$. Quant au prix des cercueils, il varie habituellement de 4000$ à 20 000$.
À titre d’exemple, le cercueil en bronze plaqué or (14 carats) de Michael Jackson a coûté plus de 30 000$ (US) en 2009.
Pour un espace dans un columbarium, on peut s’attendre à payer entre 2500$ et 3000$ (pour deux personnes).
DES NOUVELLES TENDANCES
À l’instar de plusieurs sphères de la société, l’industrie funéraire doit s’ajuster à de nouvelles façons de faire les choses, notamment au niveau de l’environnement.
C’est ainsi qu’on a vu apparaître le cimetière vert de Renaud’s Mills, près de Saint-Antoine-de-Kent. Cet endroit unique est situé en pleine nature. «Il y a un chemin qui se rend dans le bois. Pour le moment, ils ont seulement de la place pour quelques corps», explique Mathieu LeBlanc.
«Les corps qui seront enterrés là n’ont pas le droit d’être préparés (embaumement). C’est quand même quelque chose de nouveau pour nous. Ce sera à nous de nous adapter.»
Le site pourra accueillir de nouveaux types de cercueils fabriqués avec des champignons.
«On ne peut pas utiliser un cercueil traditionnel parce qu’ils contiennent du vernis, de la colle et d’autres matériaux ‘‘non naturels’’. Pour le moment, ce sont seulement des cendres qui sont placées dans une urne biodégradable.»
DES DEMANDES ÉTRANGES
De plus en plus, les directeurs de funérailles de Passage doivent composer avec des requêtes qui sortent de l’ordinaire.
«Tout se fait, mais il faut quand même suivre les règlements et les lois de la province. J’ai de la misère à dire non, mais on va d’abord s’informer si la demande est acceptable ou non», souligne le directeur général.
«Je trouve qu’on commence à avoir de plus en plus de demandes spéciales. Les familles veulent personnaliser les funérailles. J’ai déjà eu une demande pour enterrer un corps sur le terrain familial, derrière la maison. À ce moment, le ministère de l’Environnement doit faire des études pour voir s’il y a des puits ou des cours d’eau à proximité», explique-t-il.
«On avait fait la demande auprès du gouvernement, mais on n’a pas été plus loin dans la démarche. Et que se passe-t-il si la famille décide de vendre la propriété?»
Les entreprises funéraires doivent donc faire preuve de plus en plus de flexibilité pour suivre la parade.
«En 2025, nous sommes ouverts à n’importe quoi. Il y a des gens qui demandent d’avoir de l’alcool au salon, d’autres qui disent qu’ils veulent faire une fête à la maison. On constate que ce n’est pas tout le monde qui veut rencontrer beaucoup de gens après une tragédie», indique le directeur général.
«Le plus important pour nous, c’est que les familles soient satisfaites du service qu’on offre et le respect de la personne qui est partie. ■