Depuis 30 ans, Teddy Bougot, DJ baulois, n’a jamais baissé le son
Sur la Presqu’île guérandaise, Teddy Bougot, « Ted » de son surnom, a un talent reconnu : il sait faire danser.
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Depuis près de trente ans, ce mais efficacité certifiée, validé DJ né à Saint-Nazaire en 1977 par des générations de danseurs n’a jamais baissé le volume. Il a essoufflés. juste appris à le diffuser autrement. Entre platines, bourriches d’huîtres et meubles à relooker,
Ted mène une vie où le rythme ne s’arrête jamais. Le décor varie, le tempo reste.
UNE ÉCOLE SANS TABLEAU
NOIR, MAIS AVEC DES BASSES. C’est en 1996 que Ted pousse les portes du Stardust (aujourd’hui le Garden) dans les marais de Guérande, sans passer par l’une des trois écoles de DJ (Disc-Jockey).
«Je n’avais ni l’argent pour suivre la formation, ni l’aval familial, alors j’ai appris sur le terrain, à l’ancienne» , se rappelle Ted. Pendant 20 ans, il enchaîne les discothèques, 23 établissements au total, principalement dans la région. La nuit devient sa fac, la piste son amphi et le public son jury. Diplôme non homologué,
LEVER LE PIED, SANS ENLEVER LE CASQUE POUR AUTANT. En 2016, Ted décide de ralentir un peu. « Finir à six heures du matin, au bout d’un moment, ça use ». Il se tourne alors vers l’événementiel : mariages, anniversaires, soirées privées, thèmes en tout genre.
Il devient aussi booker et fournit des DJs via sa société Prest-Com. Mais hors de question de ranger le casque au placard. Depuis 2017, il anime régulièrement des soirées à Capsule et bouchons à Guérande. «Je suis DJ généraliste, mais une fois par mois, retour aux années 80, ma spécialité.» Un rendez-vous désormais bien ancré qui draine un public fidèle. « Les gens ne viennent pas juste danser, ils viennent revivre. Moi je m’adapte toujours au public. » Ici, la playlist respire et transpire, et le « c’était mieux avant reste sagement dehors ».
FORMER SANS FABRIQUER
DES STARS. Après la Covid, les demandes explosent. En 2021, Ted décide de transmettre.
« Je ne remplace pas une école. J’enseigne les bases et surtout l’état d’esprit. Les stars, c’est pour la télé. » Technique, tempo, rigueur… et surtout une règle d’or: « Zéro alcool, zéro drague, zéro grosse tête. » Les élèves progressent, en conditions réelles. « Tant qu’ils ne sont pas prêts, je ne les lâche pas seuls. » Une vision artisanale du métier, loin des paillettes et des effets spéciaux.
HUÎTRES LE DIMANCHE…
ET COPEAUX LA SEMAINE. Depuis 2013, pendant les mois en « R », Ted vend des huîtres le dimanche matin dans le bourg d’Escoublac.
« Pour moi, c’est sacré : une huître, c’est comme une bonne soirée., simple et sans floritures. Autour de l’étal, on parle météo, marée, musique parfois. On prend le temps, j’aime ces échanges. »
En semaine, changement de décor: direction l’atelier n°5 à Pornichet. Ici, pas de platines mais du ponçage, de la peinture et des meubles à sauver. «J’aime leur offrir une seconde vie. » Fils de peintre, la poussière ne l’effraie pas. « J’en ramène partout… au moins, je ne rentre jamais les mains vides. »
UN DJ BIEN ANCRÉ DANS LA VIE LOCALE. Au fil des années, Ted s’impose dans les fêtes populaires locales. Il est aujourd’hui DJ officiel du comité des fêtes de Mesquer, de La Chapelle-Launay, et collabore régulièrement avec celui de La Baule.
Des événements exigeants, où le public ne pardonne rien. « Là, tu sais tout de suite si ça marche ou pas, mais c’est aussi là que le sens du métier prend toute sa dimension : rassembler, fédérer, créer du souvenir collectif. »
LA FÊTE COMME HÉRITAGE,
ET UN RÊVE PLACE LECLERC. À La Baule, l’histoire est aussi une affaire de famille. Son grand-père, Gilbert Buzzolini (décédé en 2021), a présidé le comité des fêtes dès 1976 pendant 18 ans.
« J’ai grandi là-dedans : les fêtes, l’engagement, le bénévolat. » Aujourd’hui, un rêve demeure : « Animer le bal du feu d’artifice du 14 juillet, place Leclerc. » Pas pour la lumière, ni pour l’affiche. Juste pour le symbole. « Faire danser la place, 100 ans après sa naissance, ce serait une immense fierté… et sûrement un clin d’oeil là-haut, au rythme de la musique. »
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Pascal FRIOUX, correspondant local de presse
■ Site internet: prest-com. com