FRAN­CO-AL­LE­MAND

Der Or­ches­ter­mu­si­ker spricht über Stel­lung der Mu­sik in Deut­schland und in Fran­kreich.

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Ein Or­ches­ter­mu­si­ker erzählt.

Après des études au con­ser­va­toire su­pé­rieur de Pa­ris, Phi­lippe Bou­cly, ori­gi­naire d’al­sace, a com­men­cé sa car­rière de flû­tiste à l’or­chestre Na­tio­nal du Ca­pi­tole de Tou­louse. Ar­ri­vé en Al­le­magne en 1984, il a vé­cu à Berlin puis à Mu­nich. « Quand j’ai an­non­cé mon dé­part il y a une tren­taine d’an­nées à mon en­tou­rage, on m’a re­gar­dé comme si j’al­lais en Si­bé­rie ! Ce­la montre à quel point on est nom­bri­liste, quand même, en France. »

Quelle est la place de la mu­sique de part et d’autre du Rhin ?

L’al­le­magne pos­sède une forte tra­di­tion mu­si­cale. Il faut bien re­con­naître que la France est plu­tôt un peuple d’écri­vains, de phi­lo­sophes, de peintres, mais pas tel­le­ment de mu­si­ciens, en fait. Un Fran­çais, je trouve, peut fa­ci­le­ment se pas­ser de mu­sique. Tan­dis que pour l’al­le­mand, c’est l’art nu­mé­ro un. D’après un son­dage, 88 % des Al­le­mands es­timent que la mu­sique clas­sique fait par­tie de l’hé­ri­tage cultu­rel du pays. C’est dire son im­por­tance. Pre­nons les cé­ré­mo­nies of­fi­cielles al­le­mandes : elles ont tou­jours lieu au­tour d’un or­chestre ou d’un en­semble de mu­sique de chambre. Entre les dis­cours, il est cou­rant d’écou­ter des mor­ceaux qui ryth­me­ront le tout. En France, c’est plus rare. Sauf peut-être lors de cé­ré­mo­nies à ca­rac­tère na­tio­nal, en hom­mage à un grand homme ou à une grande femme. Mais dans ce cas, la mu­sique est gé­né­ra­le­ment jouée par la Garde ré­pu­bli­caine.

En quoi les chiffres sont-ils par­lants ?

L’al­le­magne est l’un des pays avec le plus d’or­chestres par ha­bi­tants : 130 or­chestres pro­fes­sion­nels contre seule­ment 27 en France. Une ville comme Mu­nich en a six, au­tant que la ré­gion pa­ri­sienne avec ses quelque 12 mil­lions d’ha­bi­tants ! On dit sou­vent que l’al­le­magne est le pa­ra­dis des mu­si­ciens. Et pour cause, entre Schu­bert, Bach, Brahms ou Bee­tho­ven, nous, Fran­çais, ne pou­vons guère ri­va­li­ser. Bien sûr, on a Ra­vel, Ber­lioz, De­bus­sy ou en­core Fau­ré, mais c’est dif­fé­rent. Dans le do­maine gas­tro­no­mique, l’art de vivre, la mode, le ci­né­ma, on est très forts et notre re­nom­mée est grande. En mu­sique, moins.

Est-ce parce que les moyens mis à dis­po­si­tion en Al­le­magne sont su­pé­rieurs ?

Les villes et ré­gions al­le­mandes sont plus im­pli­quées dans le sub­ven­tion­ne­ment de leurs opé­ras et leurs or­chestres. Notez qu’il y a seule­ment deux Conser­va­toires na­tio­naux su­pé­rieurs de mu­sique en France, un à Pa­ris et un autre à Lyon, contre 22 en Al­le­magne ! Dans le do­maine non-pro­fes­sion­nel, il existe les cho­rales d’ama­teurs ou les or­chestres d’abon­nés, comme ce­lui de la ra­dio ba­va­roise. Quand je ra­conte à mes amis fran­çais qu’il y a aus­si, ici en Al­le­magne, des or­chestres ama­teurs consti­tués ex­clu­si­ve­ment de den­tistes ou de mé­de­cins, ils sont sur­pris et ouvrent des yeux grands comme des sou­coupes !

Re­mar­quez-vous une dif­fé­rence de re­con­nais­sance ?

Net­te­ment. L’or­chestre en Al­le­magne est bien plus va­lo­ri­sé qu’en France. Lorsque j’étais mu­si­cien au Ca­pi­tole, qui est pour­tant l’or­chestre de pres­tige de Tou­louse, on me di­sait : « Vous faites ça pour votre plai­sir ? Quel est votre vrai mé­tier ? Vous en vi­vez ? » Cette réflexion, on ne me l’a ja­mais faite en Al­le­magne. Au contraire, lors­qu’ils ap­prennent que je joue dans l’or­chestre Sym­pho­nique de la Ra­dio Ba­va­roise, les gens sont flat­tés de me par­ler. Un peu comme s’ils s’adres­saient à un foot­bal­leur du Bayern de Mu­nich ! (Rires)

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