PO­LAR

Ray­mond, der Kom­mis­sar, hat So­nia ein Zim­mer be­sorgt, um sie in Si­che­rheit zu wis­sen. Aber eine kurze Na­chricht von der Freun­din des Er­mor­de­ten lässt sie das schüt­zende Ho­tel ver­las­sen.

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Eaux troubles (4/5)

Mer­cre­di, 17 heures. So­nia Hoa­reau s’en­fer­ma à double tour et se lais­sa tom­ber sur le lit moel­leux. Ray­mond Pol­lard lui avait ré­ser­vé une chambre dans l’hô­tel le plus proche du com­mis­sa­riat. La pièce était som­mai­re­ment meu­blée mais propre et confor­table. Le po­li­cier avait été in­trai­table : So­nia de­vait res­ter à l’abri, aus­si long­temps que le ti­reur qui avait es­sayé de l’as­sas­si­ner cou­rait dans la na­ture. La jour­na­liste en trem­blait en­core quand elle y re­pen­sait. Alors qu’elle al­lait en­fin som­brer dans le som­meil, son té­lé­phone bi­pa. C’était un mes­sage d’émi­lia Me­la­no.

« Je suis avec Pa­blo, un vieil ami à moi. Dans la hutte avec un dra­peau noir sur le toit, au bout de la plage de Bou­can Ca­not, der­rière un grand co­co­tier. Pa­blo a vu des choses bi­zarres la nuit où Pierre a dis­pa­ru. Viens vite. C’est mieux qu’il te ra­conte lui­même. »

So­nia n’hé­si­ta pas un ins­tant. Si ce dé­nom­mé Pa­blo pou­vait ai­der à faire écla­ter la vé­ri­té sur le meurtre de Pierre Causse, elle de­vait le ren­con­trer. Elle ima­gi­na un court ins­tant son ar­ticle à la une du jour­nal. Puis se re­con­cen­tra ra­pi­de­ment. Elle de­vait faire vite. Elle ne pou­vait pas pré­ve­nir Ray­mond, elle de­vait agir seule. Après l’ar­res­ta­tion de son frère, Émi­lia ne sup­por­te­rait pas la pré­sence de po­li­ciers. So­nia ne pou­vait pas non plus tra­hir la confiance de la jeune femme. Et de­main, il se­rait peut-être trop tard. So­nia se di­ri­gea vers la sor­tie.

Le concierge de l’hô­tel était as­sou­pi sur sa chaise. Elle dé­po­sa dé­li­ca­te­ment les clefs de sa chambre sur le comp­toir de la ré­cep­tion. Mais le lé­ger cli­que­tis suf­fit à ré­veiller le concierge.

« Alors ma belle, on veut prendre l’air ? Où al­lez-vous comme ça ? Ray­mond m’a dit de le pré­ve­nir si vous sor­tiez.

– J’ai une pe­tite faim. Je vais juste al­ler man­ger un rou­gail-sau­cisse au bar de la plage, tout près d’ici. Inu­tile de pré­ve­nir Ray­mond. Je peux sor­tir man­ger un bout quand même !

– Mais j’ai re­çu ordre de vous sur­veiller. – Et moi je vous dis que j’ai be­soin de prendre un peu l’air seule. Je ne vais pas m’éloi­gner, ne vous en faites pas. Et puis Ray­mond a bien d’autres chats à fouet­ter pour le mo­ment. Lais­sez-le donc se concen­trer sur son en­quête.

– Bon. À tout de suite alors… »

So­nia sor­tit de l’hô­tel sans de­man­der son reste.

Une de­mi-heure plus tard, le soleil tom­bait et So­nia mar­chait en di­rec­tion de la hutte de Pa­blo.

« Émi­lia, tu es là... Je suis contente de te voir. Bon­soir Pa­blo », dit la jour­na­liste en lui ten­dant la main.

« Bon­soir So­nia, Émi­lia m’a beau­coup par­lé de vous.

– Je ne veux pas vous dé­ran­ger long­temps, mais je vou­drais vous po­ser quelques ques­tions.

– Al­lez-y...

– Qu’avez-vous vu cette nuit-là ? – J’étais as­sis sous mon porche, dans le noir. J’ai en­ten­du du bruit, un ba­teau qu’on ti­rait vers la mer. Une sil­houette a char­gé une planche de surf sur le ba­teau puis un gros sac. C’était pleine lune, alors j’ai re­con­nu la planche de Pierre, avec ce grand por­trait de Bob Mar­ley qu’il avait peint des­sus. J’ai trou­vé ça bi­zarre qu’il aille en mer de nuit, en em­por­tant sa planche et cet énorme sac. Mais ce n’était pas trop le genre de gars à écou­ter nos conseils. Et il avait bien le droit de faire ce qu’il vou­lait. Le len­de­main j’ai en­ten­du à la ra­dio qu’il était mort. Je m’en vou­lais de n’avoir rien dit. Mais la po­lice ne m’a rien de­man­dé. Et de toute fa­çon, qui au­rait écou­té un vieux ma­rin ?

– Moi je vous écoute, lui dit So­nia dans un sou­rire. Pour­quoi son corps a-t-il été re­trou­vé sur la plage des Roches Noires, se­lon vous ? – Son corps a pu dé­ri­ver sur quelques ki­lo­mètres, ce n’est pas im­pos­sible avec les cou­rants très forts qu’on a en ce mo­ment... Mais vu ce qu’on a re­trou­vé de lui, je ne com­prends pas ce qui a pu se pas­ser cette nuit-là…

– Je vais conti­nuer mes re­cherches, on fi­ni­ra bien par sa­voir. Mer­ci à vous et bonne nuit.

– Bonne nuit, et faites at­ten­tion à vous. » So­nia se le­va et se di­ri­gea vers la pi­nède où elle avait ga­ré sa voi­ture. Elle avait at­teint le pre­mier arbre quand elle sen­tit quel­qu’un l’agrip­per par der­rière et ten­ter de l’étran­gler. So­nia sen­tait des mains an­gu­leuses se res­ser­rer au­tour de son cou. Elle se dé­bat­tit en hur­lant. L’air com­men­çait à lui man­quer. Sou­dain, elle se sou­vint de la clé de voi­ture qu’elle te­nait en main. Elle la plan­ta dans l’es­to­mac de son agres­seur, comme elle l’au­rait fait avec un cou­teau. L’homme s’af­fais­sa, et So­nia en pro­fi­ta pour ar­ra­cher la ca­goule de l’in­con­nu, plié en deux…

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