FRAN­CO-AL­LE­MAND

Die Her­ren ha­ben viele ge­mein­same In­te­res­sen. Da­bei ha­ben sie sich erst ken­nen­ge­lernt, als sie schon in Rente wa­ren.

Ecoute - - SOMMAIRE - de KRYSTELLE JAM­BON

Zwei äl­tere Her­ren kom­po­nie­ren, spie­len und sin­gen für Kin­der.

Ils sont trois et ont 70 ans pas­sés. En­semble, ils ont eu l’idée de faire un CD avec des chan­sons bi­lingues pour en­fants. Ingo Schindera, de Rie­gels­berg en Sarre, an­cien der­ma­to­logue, a écrit la plu­part des chan­sons. Noël Walterthum, de Die­sen en Lor­raine, an­cien pro­fes­seur, les a mises en mu­sique. Pe­ter Hil­zen­sauer, de Hom­burg en Sarre, mé­de­cin, les a quant à lui illus­trées. Fo­cus sur une col­la­bo­ra­tion ar­tis­tique fran­co-al­le­mande.

Comment est né votre pro­jet ?

Ingo : Il est le fruit d’une ami­tié. Une fois à la re­traite, je suis al­lé à l’uni­ver­si­té po­pu­laire pour ra­fraî­chir mon fran­çais. J’ai en plus cher­ché un prof par­ti­cu­lier. Mon fils en connais­sait un : Noël. Nous avons tout de suite sym­pa­thi­sé. Je lui ai ra­con­té que j’écri­vais des poèmes en al­le­mand pour mes dix pe­tits-en­fants. Ni une ni deux, Noël a at­tra­pé sa gui­tare et en a fait des chan­sons.

Noël : Le ha­sard a fait croi­ser nos che­mins. J’ai, comme Ingo, gar­dé une part d’« in­no­cence » puisque j’ai en­sei­gné pen­dant 40 ans le fran­çais, l’al­le­mand et la mu­sique aux en­fants, au col­lège, puis en pri­maire. L’amour des en­fants nous a conduits à tra­vailler en­semble sur ce pro­jet mu­si­cal : dix chan­sons fran­çaises et al­le­mandes, en­re­gis­trées dans un stu­dio près de chez nous. Le tout de fa­çon très simple et dans une bonne am­biance. Nos chan­sons s’adressent aux pe­tits mais aus­si aux adultes qui ont gar­dé leur âme d’en­fant.

Par­mi vos dix chan­sons, les­quelles pré­fé­rez-vous ?

Ingo : Moi, ma pré­fé­rée entre toutes, c’est Jean dit Bon­jour. Je l’ai écrite pour l’an­ni­ver­saire du ca­det de mes pe­tit­sen­fants qui se pré­nomme Jo­hann. Noël : Je crois que j’ai un faible pour

Le boss de la ma­ter­nelle et Mon dou­dou.

Mais nous n’avons pas l’in­ten­tion de nous ar­rê­ter au CD. La mise en scène d’un spec­tacle à par­tir de nos chan­sons vien­drait en­ri­chir le ca­rac­tère bi­lingue du pro­jet. Ce se­rait for­mi­dable !

Où avez-vous trou­vé le fi­nan­ce­ment ?

Ingo : Dans nos porte-mon­naies per­son­nels ! Nous avons tout fi­nan­cé nous­mêmes : la ré­mu­né­ra­tion des mu­si­ciens, la lo­ca­tion du stu­dio, les ho­no­raires de l’illus­tra­teur... Nous avons tra­vaillé vite et sur­tout, nous nous sommes beau­coup amu­sés.

Noël : Nous nous sommes tout de même heur­tés à l’ad­mi­nis­tra­tion, aus­si bien cô­té lor­rain que sar­rois. Nous avons por­té notre pro­jet jus­qu’à Ul­rich Com­mer­çon, le mi­nistre al­le­mand de la Culture et de l’édu­ca­tion. Hé­las, nous n’avons pas eu de suites.

De quel cô­té de la fron­tière oeu­vret-on le plus pour la col­la­bo­ra­tion fran­co-al­le­mande ?

Ingo : En Al­le­magne. L’eu­rope ne se fait que par les re­la­tions fran­co-al­le­mandes et par­fois, je me de­mande si la ré­gion trans­fron­ta­lière, sur­tout cô­té fran­çais, l’a bien com­pris. Al­le­magne et France, en­semble, nous pou­vons sau­ver l’eu­rope !

Noël : Je confirme. On fait plus cô­té sar­rois pour la chan­son fran­çaise. Des ar­tistes fran­çais comme le chan­teur Ro­main Di­dier ont un ta­lent peu re­con­nu en France. La culture a tou­jours été le pa­rent pauvre de la Lor­raine.

Le fait que vous soyez de deux na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes en­ri­chit-il votre ami­tié ?

Noël : Je ne pense pas que ce soit l’une des rai­sons de notre ami­tié. C’est tou­jours in­té­res­sant d’al­ler voir dans la tête ou le coeur de son voi­sin. L’ami­tié n’a pas de bar­rière. Vous sa­vez, je suis né à la fron­tière. Celle-ci n’ar­rê­tait pas les gens qui vou­laient al­ler de l’autre cô­té mal­gré la douane qui était en­core là à l’époque. En tant que trans­fron­ta­liers, nous vi­vons l’eu­rope au quo­ti­dien.

Ingo : Le cou­rant est pas­sé entre nous, fron­tière ou pas fron­tière. Nous pen­sons de la même fa­çon, dans di­vers do­maines – po­li­tique, re­li­gieux… –, nous sommes très proches de ca­rac­tère. Au-de­là des na­tio­na­li­tés.

De gauche à droite : Ingo Schindera, Noël Walterthum et Pe­ter Hil­zen­sauer Pour re­ce­voir leur CD Jo­hann ist da/jean dit bon­jour, écri­vez à l’adresse sui­vante :[email protected] wa­na­doo.fr

Newspapers in French

Newspapers from Austria

© PressReader. All rights reserved.