Le fan­tôme du street-art

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Il est ce­lui dont tout le monde parle mais dont per­sonne ne connaît le vi­sage. Bank­sy agit à l’abri des re­gards et cultive le mys­tère qui flotte au­tour de lui. Ar­tiste en­ga­gé, il s’est ex­pri­mé sur les murs de Londres et de la bande de Ga­za. Der­niè­re­ment, c’est Pa­ris qu’il a choi­si comme ter­rain de jeu. Huit créa­tions ont en ef­fet été dé­cou­vertes un peu par­tout dans la ca­pi­tale. Bank­sy ap­plique ses oeuvres à l’aide de po­choirs, ce qui lui per­met de les tra­vailler à l’avance. Toutes portent un mes­sage fort sur notre so­cié­té. Il trouve son ins­pi­ra­tion par­fois dans la pein­ture clas­sique, comme dans le por­trait de Na­po­léon fran­chis­sant le Grand-saint-ber­nard, peint par Da­vid au dé­but du XIXE siècle. Il re­prend cette fi­gure dans le 19e ar­ron­dis­se­ment pour faire al­lu­sion aux mi­grants qui tra­versent les Alpes pour re­joindre la France. D’autres fois, il s’en prend au ca­pi­ta­lisme, comme on peut le voir dans son oeuvre du 5e ar­ron­dis­se­ment où un homme en cos­tume donne à un chien l’os qu’il vient de lui cou­per. Ses oeuvres in­ter­pellent. Leurs re­pro­duc­tions se vendent très cher mais l’ar­tiste a l’air de se jouer de tout ce­la. Il a d’ailleurs pié­gé l’une de ses cé­lèbres re­pro­duc­tions, Girl with bal­loon, lors de sa vente aux en­chères chez So­the­by’s à Londres, en oc­tobre. Après avoir été ven­due pour plus d’un mil­lion d’eu­ros, la toile s’est dé­cou­pée en la­melles, grâce à une broyeuse à pa­pier dis­si­mu­lée dans le cadre, au mo­ment où le mar­teau a frap­pé. Un coup de théâtre, voire de gé­nie, de­vant un pu­blic mé­du­sé.

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