Entre rêve et réa­li­té

An­fang der 1960er-jahre nahm das franzö­sische Ki­no mit der Nou­velle Vague ei­nen en­or­men Auf­sch­wung, der, wenn man die Zah­len be­trach­tet, bis heute anhält.

Ecoute - - SPÉCIAL CINÉMA -

PPour les ci­né­philes, le ci­né­ma fran­çais, c’est d’abord et sur­tout la Nou­velle Vague. Entre 1959 et 1965, de nom­breux réa­li­sa­teurs an­ti­con­for­mistes s’em­parent des nou­veaux ou­tils à leur dis­po­si­tion, comme des ca­mé­ras plus lé­gères pour faire des films d’un autre genre. Fran­çois Truf­faut, Jean-luc Go­dard, Alain Res­nais, Claude Cha­brol, Jacques Ri­vette, Éric Roh­mer, Louis Malle, Agnès Var­da et quelques autres re­mettent en cause « le ci­né­ma de pa­pa ». Plu­sieurs d’entre eux tra­vaillaient comme cri­tiques pour la re­vue Les Ca­hiers du ci­né­ma. Ils passent donc des pa­roles aux actes, bous­culent les règles éta­blies qu’ils jugent trop tra­di­tion­nelles et conser­va­trices. Ils re­crutent dans la fou­lée de nou­veaux ac­teurs comme Jean-paul Bel­mon­do, Jean-pierre Léaud, Jean-louis Trin­ti­gnant ou Mau­rice Ro­net, et de nou­velles ac­trices comme Jeanne Mo­reau, Sté­phane Au­dran, Ber­na­dette La­font, Del­phine Sey­rig, Jean Se­berg ou An­na Ka­ri­na.

Dans les films de la Nou­velle Vague, le jeu des ac­teurs est plus na­tu­rel, moins théâ­tral qu’avant. La langue fran­çaise res­semble da­van­tage à la langue par­lée qu’à de l’écrit bien pro­non­cé et trop bien

ar­ti­cu­lé. Les ci­néastes sortent des stu­dios pour tour­ner à l’ex­té­rieur. Les per­son­nages sont moins sté­réo­ty­pés, plus com­plexes. Ils se posent da­van­tage de ques­tions. Ils ne tra­vaillent pas beau­coup mais sé­duisent énor­mé­ment. Ba­vard pour les uns, nar­cis­sique pour d’autres, le ci­né­ma de la Nou­velle Vague su­bit aus­si la cri­tique. Mais le mou­ve­ment est lan­cé sans concer­ta­tion par­ti­cu­lière entre les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes, si ce n’est cette vo­lon­té de ren­ver­ser l’ordre éta­bli. Un grand vent de li­ber­té souffle der­rière cette vague, trans­for­mant du­ra­ble­ment le ci­né­ma en France et au-de­là des fron­tières.

Sans être to­ta­le­ment at­ta­ché à ce mou­ve­ment, le ci­né­ma fran­çais de ces der­nières an­nées reste mar­qué par le cou­rant de la Nou­velle Vague, aus­si bien d’un point de vue tech­nique qu’es­thé­tique. Mais le foi­son­ne­ment de genres ci­né­ma­to­gra­phiques est tel qu’il est dif­fi­cile de dis­cer­ner dans le ci­né­ma fran­çais ac­tuel des ten­dances gé­né­rales. Peut-être peu­ton mettre en avant le sou­ci de re­flé­ter la réa­li­té de la so­cié­té.

De nom­breux films rendent compte des dif­fi­cul­tés de la vie contem­po­raine, que ce soit au tra­vail ou en fa­mille. Les couples se font et se dé­font… Les en­fants ont des choses à dire, par­fois plus que les grandes per­sonnes. Les hommes et les femmes cherchent leur place. De nou­velles re­la­tions entre hommes, entre femmes se forment, avec plus ou moins de bon­heur. Les tra­vailleurs sont de moins en moins as­su­rés de gar­der leur em­ploi. Les en­tre­prises sont de plus en plus des ma­chines à dé­truire l’hu­main. La vie po­li­tique est ten­due. La vieillesse tient tête, quand elle ne la perd pas. La jeu­nesse ex­pé­ri­mente, mais par­fois aus­si se dé­truit.

Le ci­né­ma fran­çais d’au­jourd’hui rend compte de tous les maux qui touchent la so­cié­té ac­tuelle, de ses doutes, de ses peurs, mais rend peu compte de ses rêves. Les films po­li­ciers re­flètent la vio­lence de notre époque, qu’elle se si­tue dans les pri­sons ou dans les quar­tiers de ban­lieue. Même le ro­man­tisme, pour­tant si fran­çais, semble dou­ce­ment être en voie de dis­pa­ri­tion.

Pour s’éva­der, il faut se tour­ner vers les co­mé­dies qui connaissent de grands suc­cès de­puis dix ans et qui ap­portent la lé­gè­re­té né­ces­saire à notre es­prit.

En 2018, pour la qua­trième fois en dix ans, les films fran­çais ont fait plus d’en­trées à l’ex­port que dans leur ter­ri­toire d’ori­gine. Le nombre a presque dou­blé à l’étran­ger, grâce à un ci­néaste fran­çais en par­ti­cu­lier : Luc Bes­son. De tous les pays eu­ro­péens, c’est en France que la fré­quen­ta­tion des ci­né­mas est la plus grande, avec en moyenne 205 mil­lions de billets ven­dus par an au cours des dix der­nières an­nées. Il faut ajou­ter que c’est en France aus­si qu’il y a le plus grand nombre d’écrans (5 800 en­vi­ron) ré­par­tis dans plus de 2000 ci­né­mas. Et avec 420 écrans et près de 500 films à l’af­fiche chaque se­maine, Pa­ris est bien la ca­pi­tale mon­diale du ci­né­ma.

Il n’est pas rare non plus de ren­con­trer, au dé­tour d’une rue, un ras­sem­ble­ment de ca­mions gé­né­ra­le­ment peints en noir qui té­moignent qu’un tour­nage a lieu. Même si cer­tains ont dû mettre la clé sous la porte, il reste en­core d’im­por­tants stu­dios de ci­né­ma au­tour de la ca­pi­tale. Par exemple à Saint-de­nis, Luc Bes­son a ou­vert la Ci­té du ci­né­ma qui com­prend ses stu­dios ain­si qu’une école de ci­né­ma. Les ama­teurs du sep­tième art sont donc bien ser­vis, ain­si que les pro­fes­sion­nels. Deux écoles très ré­pu­tées, la Fé­mis à Pa­ris et Louis-lu­mière à Saint-de­nis, ont for­mé des gé­né­ra­tions de réa­li­sa­teurs et de tech­ni­ciens.

Le sec­teur em­ploie 340 000 per­sonnes en France. Et pour te­nir compte des spé­ci­fi­ci­tés de ces mé­tiers, un ré­gime spé­cial d’as­su­rance chô­mage per­met de main­te­nir ces pro­fes­sion­nels à flot entre deux contrats de tra­vail. Parce que, là aus­si, la réa­li­té est dure.

Ci-des­sus : Alain De­lon di­ri­gé par Jeanpierre Mel­ville lors du tour­nage du Cercle rouge (1970) Ci-contre : Bri­gitte Bar­dot et Jeanne Mo­reau dans le film Vi­va Ma­ria(1965) de Louis Malle Ci-des­sous : Jean-bap­tiste Thier­rée et Mar­tine Va­tel dans Mu­riel (1963) d’alain Res­nais

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