LE MAN­GA

Wuss­ten Sie, dass nur die Ja­pa­ner mehr Man­gas le­sen als die Fran­zo­sen? Ers­taun­lich, nicht wahr? Wir erklä­ren Ih­nen dieses selt­same Phä­no­men.

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La France est ré­pu­tée pour ses bandes des­si­nées. Il y a les clas­siques, que tout le monde connaît, comme Les aventures d’as­té­rix, Spi­rou et Fan­ta­sio ou en­core Ti­teuf. Et celles qui nous viennent des nou­veaux grands au­teurs de BD et qui s’ex­portent de plus en plus, tels que Per­se­po­lis de Mar­jane Sa­tra­pi, Le Chat du Ra­bin de Joann Sfar, Le Com­bat or­di­naire de Ma­nu Lar­ce­net, ou en­core L’arabe du fu­tur, de Riad Sat­touf.

Mais les lec­teurs fran­çais se pas­sionnent éga­le­ment pour un autre genre de bande des­si­née : les man­gas. Sur trois BD ache­tées, une est un man­ga. One Piece, Fai­ry Tail, Na­ru­to et One Punch Man sont les titres les plus ven­dus. De­puis 20 ans, la Ja­pan ex­po de Pa­ris at­tire de nom­breux fans ve­nus ren­con­trer leurs des­si­na­teurs pré­fé­rés. L’évè­ne­ment ras­semble plus de vi­si­teurs que le tra­di­tion­nel Sa­lon du livre de Pa­ris ou le cé­lèbre Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de la bande des­si­née d’an­gou­lême. L’hexa­gone est même de­ve­nu le deuxième consom­ma­teur mon­dial de man­gas.

Pour­tant, cette his­toire d’amour entre la France et ces livres ve­nus du pays du So­leil-le­vant avait mal com­men­cé… Les pre­miers man­gas ar­rivent en France dans les an­nées 1970. Les amou­reux du neu­vième art, ha­bi­tués à la tra­di­tion­nelle BD fran­co-belge (Tin­tin, Lu­cky Luke, Les Sch­troumpfs...), n’ac­crochent pas. Le concept même du man­ga est no­va­teur pour eux : les des­sins, souvent en noir et blanc, sont sty­li­sés à l’ex­trême, et l’his­toire se lit gé­né­ra­le­ment en com­men­çant par la der­nière page.

Dans les an­nées 1980, les chaînes de té­lé­vi­sion fran­çaises achètent beau­coup de sé­ries d’ani­ma­tion ja­po­naises, qui sont moins chères que les des­sins ani­més eu­ro­péens ou amé­ri­cains. Les pe­tits Fran­çais adorent. Les mé­dias et les in­tel­lec­tuels, eux, voient ce phé­no­mène d’un mau­vais oeil. Ils trouvent ces des­sins ani­més stu­pides, obs­cènes et vio­lents. Ils vont même jus­qu’à par­ler de « ja­po­niai­se­rie ».

Dans les an­nées 1990, le Ja­pon est à la mode. Cer­taines mai­sons d’édi­tion fran­çaises dé­cident donc de tra­duire et de pu­blier des titres dé­jà cultes au pays du So­leil-le­vant : Aki­ra, Dra­gon Ball Z ou en­core Gon. Le pe­tit for­mat et le prix peu éle­vé sont ap­pré­ciés des jeunes. C’est le dé­but de la « man­ga ma­nia ». Avec le temps, les mé­dias changent peu à peu d’avis. Ils se rendent compte qu’il y a de for­mi­dables oeuvres réa­li­sées par les man­ga­kas, les au­teurs de man­gas.

Au­jourd’hui, le man­ga est par­tout : des cours de ré­créa­tion jus­qu’aux mu­sées où sont ex­po­sés les des­sins des grands maîtres. Le mi­nis­tère de l’agri­cul­ture a même fait la pro­mo­tion d’un man­ga, Sil­ver spoon, de l’au­teure Hi­ro­mu Ara­ka­wa. L’his­toire se dé­rou­lant dans un ly­cée agri­cole, le mi­nis­tère s’en est ser­vi pour pro­mou­voir cette fi­lière peu at­trac­tive.

Et pour la pre­mière fois, un man­ga des­si­né par un Fran­çais – To­ny Va­lente – se­ra adap­té au Ja­pon en des­sin ani­mé : Ra­diant. La « man­ga ma­nia » est bel et bien là.

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