«Fuck the mo­ther­fu­ckers !»

BRUXELLES Ar­no Hint­jens, l’en­fant ter­rible de la scène rock belge, vient de sor­tir son énième al­bum: un ex­cellent opus in­ti­tu­lé ‘Jus de Box’. Ar­no lui­même n’est pas mal non plus et bien avant la fin de l’in­ter­view, il réus­sit sans au­cun scru­pule à ga­gner

Metro (French Edition) - - Soundcheck -

‘Jus de Box’ doit être votre 32ème al­bum. Vous ne man­quez vrai­ment ja­mais d’ins­pi­ra­tion? «Je trouve mon ins­pi­ra­tion dans la vie. (rires) J’ai me­né une vie ex­trê­me­ment dure. Je vis et j’en pro­fite. J’ai tou­jours eu beau­coup de pot. Quand je com­pose des chan­sons, c’est sou­vent de fa­çon très im­pul­sive. En deux ans, je crois que j’ai tra­vaillé vingt fois. Ce n’est pas beau­coup, hein! Pour le reste, j’ai été en tour­née. J’en­re­gistre même des al­bums pour pou­voir par­tir en tour­née. Ce qui m’a frap­pé l’an pas­sé, c’est Bey­routh. J’y avais en­core joué quelques mois au­pa­ra­vant et puis, tout à coup, on voit à la té­lé que la ville a été bom­bar­dée. Le film d’Al Gore m’a éga­le­ment beau­coup tou­ché. Je sa­vais que la si­tua­tion était grave, mais j’igno­rais qu’elle était grave à ce point-là. Si ça conti­nue comme ça, dans quinze ans, Os­tende n’exis­te­ra plus et on de­vra al­ler à la plage ici à Koe­kel­berg. Dans ce cas, je me de­mande ce qu’il ad­vien­dra de tous ces hommes po­li­tiques qui veulent de­ve­nir Pré­sident de la Flandre. Ils de­vront tous dé­mé­na­ger en Wal­lo­nie puisque la Flandre n’exis­te­ra plus. (rires gras)»

Pour­quoi avez-vous quit­té Os­tende à l’époque pour ve­nir vous ins­tal­ler à Bruxelles? «J’ai ha­bi­té un peu par­tout: à Pa­ris, Am­ster­dam, Co­pen­hague et même à An­vers et à Gand! Pff… Bruxelles est une ville agréable, si­non je n’y ha­bi­te­rais pas. En train, il ne me faut qu’une heure et dix-sept mi­nutes pour me re­trou­ver à Pa­ris ou à Os­tende. J’ha­bite au centre de Bruxelles, de la Flandre, de la Bel­gique et de l’Eu­rope. C’est quand même fan­tas­tique, non? J’ai vrai­ment eu beau­coup de veine. On parle quatre langues ici, c’est quand même chouette. Et c’est le seul pays arabe qui n’est pas en guerre. (rires)»

Com­ment se fait-il que vous ayez com­men­cé à chan­ter en fran­çais? «J’étais avec une Fran­çaise à l’époque et vous connais­sez le pro­verbe: qui se couche avec les chiens se lève avec des puces. A Bruxelles, je ren­contre sou­vent des fran­co­phones, et dans le temps, on par­lait aus­si fran­çais à Os­tende. Quand je vis une his- toire en fran­çais, j’en fais une chan­son fran­çaise. Bien sûr, ça dé­pend par­fois aus­si de la chan­son. J’ai d’abord chan­té ‘Mou­rir à plu­sieurs’ en an­glais, mais ça ne me conve­nait pas. Par contre, je ne se­rais pas en me­sure de chan­ter ‘Hit the Night’ en fran­çais.»

«J’ai dor­mi avec Miss Amé­rique», un es­poir se­cret? «Dans ‘Miss Amé­rique’, il ne s’agit pas de la vraie Miss Amé­rique. J’ai hor­reur des filles et des femmes qui mettent leurs jeans dans leurs bottes. Je n’ar­rive pas à com­prendre. C’est moche et an­ti­sexy. Pour moi, ce sont toutes des Miss Amé­rique. On m’a ra­con­té qu’on ap­pe­lait ça des Vous chan­tez ‘Pis­se­blom­men’ en dia­lecte d’Os­tende. D’où vous est ve­nue cette idée? «Pas mal hein, le dia­lecte d’Os­tende. J’ai écrit cette chan­son pour Ex Drum­mer, le film ti­ré du ro­man ho­mo­nyme de Her­man Brus­sel­mans. Dans la chan­son, on parle un peu de cul. Si vous ne com­pre­nez pas, vous com­pren­drez très bien après avoir vu le film.»

Ce­la vous fait en­core quelque chose de par­tir en tour­née mon­diale? «Je fais des tour­nées de­puis trente ans. Pen­dant les an­nées 70, on fai­sait dé­jà des tour­nées en An­gle­terre et en Al­le­magne, mais en Bel­gique, on ne le sa- vait pas. Ici, per­sonne ne par­lait de TC Ma­tic jus­qu’au jour où on nous a vus dans la presse étran­gère. Au­jourd’hui, on ne parle même plus de la Bel­gique. En Flandre par exemple, on ne connaît au­cun groupe wal­lon. On di­rait que ça n’in­té­resse per­sonne. Don­nez-moi le nom d’un groupe fla­mand qui a si­gné un suc­cès mon­dial et com­pa­rez-le à Plas­tic Ber­trand, Jacques Brel, Wal­lace Col­lec­tion. Rien que des fran­co­phones qui ont si­gné des suc­cès in­ter­na­tio­naux. Ça fait dé­jà bien long­temps que la Flandre et la Wal­lo­nie s’éloignent l’une de l’autre. Bruxelles est dif­fé­rente, c’est une mé­tro­pole qui a la men­ta­li­té d’une mé­tro­pole. (il s’énerve) Tous ces hommes po­li­tiques ne s’in­té­ressent pas à la culture, ils ex­cluent toute créa­ti­vi­té. Nous pou­vons dé­jà être contents d’être plus riches que les Wal­lons. Ima­gi­nez-vous que ce soit le contraire. Mais je ne veux pas faire de po­li­tique. Fuck the mo­ther­fu­ckers!»

(ajo)

‘fuck-me boots’. C’est ri­di­cule, on di­rait qu’elles portent un uni­forme. C’est comme les gars qui portent un short, des chaus­settes blanches et des mo­cas­sins. Tout le monde fait bien sûr ce qui lui plaît, mais ça en dit suf­fi­sam­ment long sur la...

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