IN­TER­VIEW Al­bert Pa­hi­mi Pa­da­cké An­cien Pre­mier mi­nistre

« Nous avons re­mis le pays sur les rails »

Jeune Afrique - - Enjeux - Pro­pos re­cueillis à N'dja­me­na par MADJIASRA NAKO

Après sa dé­mis­sion, le 3 mai, en rai­son de la sup­pres­sion de la fonc­tion de Pre­mier mi­nistre dans la nou­velle Consti­tu­tion, Al­bert Pa­hi­mi Pa­da­cké re­vient sur les dé­fis aux­quels il a dû faire face de­puis son en­trée en fonc­tion, en fé­vrier 2016. Avant d’évo­quer son ave­nir.

Jeune Afrique : À votre ar­ri­vée à la pri­ma­ture, vous avez hé­ri­té d’une si­tua­tion com­plexe. Le pays était en pleine crise so­cio-éco­no­mique et en dé­li­ca­tesse avec les bailleurs de­fonds. Les­cho­ses­sont-elles ren­trées dans l’ordre?

Al­bert Pa­hi­mi Pa­da­cké: Le pays était alors en ébul­li­tion à cause des pré­pa­ra­tifs de la pré­si­den­tielle. Notre pre­mière mis­sion était de faire élire le can­di­dat de la ma­jo­ri­té. Une fois ce ré­sul­tat ob­te­nu et la confiance du chef de l’état re­nou­ve­lée, en août 2016, nous avons pu com­men­cer à tra­vailler pour re­mettre le pays à flot. Après la chute des cours du brut et les ef­fets de la dette contrac­tée au­près de Glen­core, l’état a été contraint de ré­duire ses dé­penses.

Quelles sont les autres me­sures si­gni­fi­ca­tives que vous avez dû­prendre?

Nous avons re­noué le dia­logue avec nos par­te­naires so­ciaux et in­ter­na­tio­naux pour di­ver­si­fier da­van­tage notre éco­no­mie et re­struc­tu­rer notre dette. En­sep­tembre 2017 et au terme du pre­mier tri­mestre de 2018, le gou­ver­ne­ment a pu mo­bi­li­ser les fonds né­ces­saires à la réa­li­sa­tion du Plan na­tio­nal de dé­ve­lop­pe­ment, tout en fai­sant avan­cer le dos­sier du Tchad au­près du FMI à la suite de la re­struc­tu­ra­tion de notre dette avec Glen­core. En­fin, nous avons pu me­ner à terme le pro­ces­sus de ré­formes liées à la mise en place de la nou­velle Ré­pu­blique, dans le res­pect de la pro­messe de cam­pagne faite par le can­di­dat Idriss Dé­by It­no. Vous avez été ame­né à prendre des dé­ci­sions as­sez im­po­pu­laires…

L’ac­tion de l’homme po­li­tique s’ins­crit dans la du­rée, pas dans un po­pu­lisme de tous les ins­tants. Elle s’ana­lyse éga­le­ment dans sa ca­pa­ci­té à prendre les dé­ci­sions dou­lou­reuses que peuvent exi­ger cer­taines cir­cons­tances. Mon gou­ver­ne­ment et moi avons cer­tai­ne­ment été in­com­pris par­fois, mais nous sommes des sol­dats de la Ré­pu­blique, et je pense que nous avons ac­com­pli les mis­sions pour les­quelles nous avons été ap­pe­lés par le pré­sident. Ce fai­sant, nous avons contri­bué à re­mettre le pays sur les rails.

Avant d’ être nom­mé pre­mier mi­nistre, vous étiez dé­pu­té. Pen­sez-vous aux lé­gis­la­tives pré­vues pour la fin­del’an­née?

Nous fai­sons plus qu’y pen­ser puisque notre par­ti, le Ras­sem­ble­ment na­tio­nal des dé­mo­crates tcha­diens [Rndt-le­ré­veil] par­ti­ci­pe­ra aux élec­tions lé­gis­la­tives et lo­cales. Il ne peut y avoir d’exis­tence po­li­tique sans pré­sence à l’as­sem­blée na­tio­nale et dans les as­sem­blées lo­cales.

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