10 choses à sa­voir sur…

Mi­nistre al­gé­rienne de l’édu­ca­tion na­tio­nale, elle a éla­bo­ré et lan­cé une ré­forme de l’école qui pro­voque la fu­reur – et les me­naces – des is­la­mo-conser­va­teurs.

Jeune Afrique - - Sommaire - FA­RID ALILAT

Nou­ria Ben­gha­brit

TLEMCEN

Née en 1952 dans une fa­mille conser­va­trice de Tlemcen, elle a trois soeurs et deux frères. Son père, fonc­tion­naire, di­ri­geait un or­chestre de mu­sique an­da­louse. Étu­diante dans les an­nées 1970, elle par­ti­ci­pa à des cam­pagnes de vo­lon­ta­riat so­cia­liste.

PE­TITE-NIÈCE D’UN JUSTE

Di­rec­teur du pro­to­cole et mi­nistre plé­ni­po­ten­tiaire de Mo­ham­med V, son grand-oncle, Kad­dour Ben­gha­brit, fut le fon­da­teur de la Grande Mos­quée de Pa­ris. Pen­dant l’oc­cu­pa­tion al­le­mande, il sau­va de la dé­por­ta­tion des cen­taines d’en­fants juifs en leur of­frant gîte et pro­tec­tion dans les lo­caux de la mos­quée.

BATTANTE

Cible ré­cur­rente d’at­taques is­la­mistes et conser­va­trices, elle ne se laisse pas faire. « Je ne lâche pas, je ne m’écrase pas, dit-elle. Je trace mon che­min avec l’in­time convic­tion qu’on avance par le tra­vail et le mé­rite. » Son ca­rac­tère bien trem­pé force l’ad­mi­ra­tion de ses col­lègues du gou­ver­ne­ment. « Quand elle s’ex­prime en Conseil, on en­ten­drait une mouche vo­ler », té­moigne l’un d’eux.

SUR­PRISE

Lorsque Ab­del­ma­lek Sel­lal, alors Pre­mier mi­nistre, l’ap­pelle en mai 2014 pour lui an­non­cer sa no­mi­na­tion, elle croit d’abord à une mé­prise. « L’édu­ca­tion na­tio­nale ? Ça ne va pas, non ? » ré­pond-elle. Le len­de­main, elle se rend au pa­lais du gou­ver­ne­ment avec un simple car­table, pen­sant être vite de re­tour chez elle, à Tlemcen.

ÉTRANGÈRE AU SÉRAIL

Tour à tour cher­cheuse, en­sei­gnante, di­rec­trice du Centre na­tio­nal de re­cherche en an­thro­po­lo­gie so­ciale et cultu­relle (Crasc) et au­teure de plu­sieurs ou­vrages sur l’édu­ca­tion, elle n’a ja­mais fré­quen­té le sérail po­li­tique. « Être mi­nistre ne fai­sait pas par­tie de mes plans », confie-t-elle.

PRO­TÉ­GÉE

Le 2 juin 2016, au coeur de la tem­pête mé­dia­tique dé­clen­chée par le scan­dale des fuites lors des épreuves du bac, elle as­siste à une cé­ré­mo­nie mi­li­taire à l’aca­dé­mie de Cher­chell, à l’ouest d’al­ger.

Des images la montrent en com­pa­gnie de Ba­chir Tar­tag, co­or­di­na­teur des ser­vices de ren­sei­gne­ments (EX-DRS). Cette ap­pa­ri­tion était évi­dem­ment un mes­sage à l’adresse de ceux qui ré­cla­maient sa tête.

AT­TAQUES INDIGNES

Ses contemp­teurs l’ac­cusent d’avoir des ori­gines juives et de com­plo­ter avec la « jui­ve­rie in­ter­na­tio­nale » pour nuire à l’en­sei­gne­ment al­gé­rien. « Non, je ne suis pas juive », ré­pète-t-elle. Un dé­pu­té is­la­miste jure que sa ré­forme a été ins­pi­rée par le Mos­sad. Et Ab­der­ra­zak Mo­kri, pré­sident du Mou­ve­ment de la so­cié­té pour la paix (MSP), es­time qu’elle re­pré­sente un « dan­ger pour la na­tion ».

DÉCHAÎNEMENT SUR LA TOILE

De­puis sa no­mi­na­tion, les ré­seaux so­ciaux se dé­chaînent contre sa per­sonne et son dé­par­te­ment. On frôle par­fois l’ap­pel au meurtre. Elle af­fecte d’en rire, mais est-ce si drôle ?

COM­MIS­SION BENZAGHOU

En 2002, Bou­te­fli­ka la charge, avec 170 autres ex­perts membres de la « com­mis­sion Benzaghou » (du nom d’un rec­teur de l’uni­ver­si­té de Bab Ez­zouar), de pré­pa­rer une ré­forme du sys­tème édu­ca­tif. Elle y tra­vaille­ra neuf mois du­rant. C’est cette ré­forme qu’elle tente de mettre en oeuvre de­puis son en­trée

au gou­ver­ne­ment.

TA­LON D’ACHILLE

Fran­co­phone de for­ma­tion, elle ne maî­trise pas très bien l’arabe clas­sique. Ses dé­cla­ra­tions pu­bliques font sou­rire les plus in­dul­gents. Et hur­ler les pu­ristes.

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