Ques­tions à… Sa­leh Keb­za­bo

Ce qui va chan­ger avec le ré­gime de « pré­si­dence in­té­grale » ins­tau­ré par la IVE Ré­pu­blique. Et ce qu’en pensent les op­po­sants et la so­cié­té ci­vile.

Jeune Afrique - - Éditorial - MADJIASRA NAKO, à N’dja­me­na

Chef de file de l’op­po­si­tion

En ins­ti­tuant la IVE Ré­pu­blique, Idriss Dé­by It­no as­su­rait vou­loir ré­for­mer les ins­ti­tu­tions pour ren­for­cer la dé­mo­cra­tie et la paix. L’adop­tion de la nou­velle Consti­tu­tion a pour­tant été loin de faire l’una­ni­mi­té. No­tam­ment au sein de l’op­po­si­tion, qui a boy­cot­té l’en­semble du pro­ces­sus. Alors qu’elle conteste de­puis 2016 la ré­élec­tion du chef de l’état pour un cin­quième man­dat, l’op­po­si­tion at­ten­dait l’ou­ver­ture d’un vé­ri­table dia­logue concer­nant la dé­fi­ni­tion de cette nou­velle Ré­pu­blique. Ne voyant rien ve­nir de­puis le pa­lais pré­si­den­tiel, elle re­fuse alors de prendre part au fo­rum na­tio­nal or­ga­ni­sé en mars. La même lo­gique est en­suite sui­vie par l’op­po­si­tion par­le­men­taire, qui a an­non­cé dès la mi-avril se mettre en congé des ac­ti­vi­tés du Par­le­ment jus­qu’au 30 du même mois, date de l’adop­tion de la nou­velle Consti­tu­tion.

Le texte, qui sup­prime le poste de Pre­mier mi­nistre et ren­force les pou­voirs du chef de l’état – dont le man­dat, al­lon­gé à six ans, n’est dé­sor­mais re­nou­ve­lable qu’une fois – nour­rit pour­tant le dé­bat. « La nou­velle Consti­tu­tion fait prê­ter ser­ment sur le Co­ran ou sur la Bible au pré­sident de la Ré­pu­blique élu. Elle re­met donc en cause notre iden­ti­té na­tio­nale : une Ré­pu­blique laïque, so­ciale, so­li­daire et équi­dis­tante de toutes les obé­diences re­li­gieuses », écrivent les par­le­men­taires. Une po­si­tion par­ta­gée par la Confé­rence épis­co­pale, qui a ap­pe­lé à un référendum pour don­ner plus de lé­gi­ti­mi­té au pro­ces­sus.

Pour la mi­nistre et se­cré­taire gé­né­rale du gou­ver­ne­ment, Ma­riam Ma­ha­mat Nour, le pro­ces­sus est « bel et bien lé­gal et lé­gi­time ». Elle in­dique que des consul­ta­tions ont été me­nées sur l’en­semble du ter­ri­toire dans la pers­pec­tive du fo­rum na­tio­nal pour qu’il re­flète les as­pi­ra­tions des po­pu­la­tions.

En plus d’avoir ré­duit le nombre des ins­ti­tu­tions et re­des­si­né la carte ad­mi­nis­tra­tive du pays, la nou­velle Consti­tu­tion inau­gure sur­tout un pro­ces­sus élec­to­ral. An­non­cées pour no­vembre, les lé­gis­la­tives vont en­fin per­mettre de re­nou­ve­ler le Par­le­ment, plus de trois ans après la date ini­tiale de la te­nue des élec­tions.

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