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Concur­rence, ex­pan­sion ter­ri­to­riale, élar­gis­se­ment de l’offre… Pour JA, le di­ri­geant passe au crible la mé­thode et les am­bi­tions du géant ca­li­for­nien.

Jeune Afrique - - Sommaire - Pro­pos re­cueillis à Nai­ro­bi par LAURE BROULARD

In­ter­view de Loic Ama­do, di­rec­teur gé­né­ral d’uber en Afrique de l’est

L’AFRIQUE EST L’UN DE NOS MAR­CHÉS LES PLUS PROMETTEURS EN MA­TIÈRE DE CROIS­SANCE.

Uber compte ac­tuel­le­ment près de 2 mil­lions d’uti­li­sa­teurs ac­tifs et 29000 chauf­feurs sur le conti­nent afri­cain, prin­ci­pa­le­ment en Afrique du Sud, au Ke­nya et au Ni­ge­ria. La pla­te­forme, qui n’opère pour l’ins­tant qu’en Afrique an­glo­phone, veut au­jourd’hui oeu­vrer à la di­mi­nu­tion de la pollution et de la conges­tion ur­baine. Loic Ama­do, di­rec­teur gé­né­ral d’uber en Afrique de l’est, pré­sente la stra­té­gie de l’en­tre­prise dans la ré­gion. Le ser­vice de VTC lance Uber Mo­ve­ment au Ke­nya, une pla­te­forme pu­blique de par­tage de ses don­nées, et vise de nou­veaux mar­chés.

Jeune Afrique : Au­jourd’hui, que re­pré­sente le mar­ché est-afri­cain pour Uber?

Loic Ama­do : Nous sommes ar­ri­vés dans la ré­gion en 2016 avec une ré­ponse en­thou­siaste de la part des conduc­teurs et des usa­gers. Nous avons au­jourd’hui 7 000 conduc­teurs en­re­gis­trés sur l’ap­pli­ca­tion et un de­mi-mil­lion d’uti­li­sa­teurs ac­tifs entre Nai­ro­bi, Mom­ba­sa, Dar es-sa­laam et Kam­pa­la, et la ré­gion pré­sente au­jourd’hui de grandes op­por­tu­ni­tés d’ex­pan­sion.

Les­quelles?

Nous en­vi­sa­geons de nous ins­tal­ler là où la de­mande est forte. Il y a beau­coup d’in­té­rêt pour l’ap­pli­ca­tion à Ki­ga­li, mais aus­si à Ad­dis-abe­ba, qui est très in­té­res­sante pour nous, tout comme Kin­sha­sa, en RD Con­go. Nous pen­sons aus­si à de nou­velles villes dans des pays où nous sommes dé­jà im­plan­tés, comme El­do­ret et Ki­su­mu au Ke­nya, ou Mwan­za en Tan­za­nie. Per­son­nel­le­ment,je­pen­se­quel’afrique estl’un­de­nos­mar­chés­les­plus­pro­met­teurs en ma­tière de crois­sance.

Ce­pen­dant, la com­pé­ti­tion s’ac­cen­tue avec l’ar­ri­vée sur le mar­ché de l’ap­pli­ca­tion Lit­tle Cab du ké­nyan Sa­fa­ri­com et de l’es­to­nien Taxi­fy. De­puis, beau­coup dé­noncent une guerre des prix dont les chauf­feurs pâ­tissent. Quelles me­sures pre­nez-vous pour les conduc­teurs?

La com­pé­ti­tion est po­si­tive. Elle nous pousse à trou­ver de nou­veaux moyens pour at­ti­rer da­van­tage de clients. Après avoir pro­cé­dé à des chan­ge­ments de prix l’an­née der­nière, nous nous sommes ren­du compte que l’afrique de l’est, et plus par­ti­cu­liè­re­ment Nai­ro­bi, sont des mar­chés très sen­sibles aux prix. Nous avons donc ten­té de trou­ver un moyen de bais­ser les ta­rifs pour les clients, tout en main­te­nant et même en amé­lio­rant les re­ve­nus des conduc­teurs. C’est ain­si qu’est né Uber Chap Chap (ser­vice low cost lan­cé en fé­vrier), qui est le fruit d’un par­te­na­riat avec Su­zu­ki, CMC et Stan­bic Bank. Nous im­por­tons d’inde des Su­zu­ki Al­to qui sont très peu gour­mandes en car­bu­rant avec un coût d’en­tre­tien très ré­duit. En pré­sen­tant leurs éva­lua­tions et leur his­to­rique de courses, cer­tains

conduc­teurs peuvent bé­né­fi­cier d’un fi­nan­ce­ment à 100 % de ces voitures de la part de Stan­bic Bank et ain­si de­ve­nir pro­prié­taires de leur vé­hi­cule.

Uber a ré­cem­ment sus­pen­du ses ac­ti­vi­tés au Ma­roc, in­vo­quant « un manque de clar­té » dans la ré­gu­la­tion de ce type d’ap­pli­ca­tion dans le pays. Comment en­ten­dez-vous gé­rer les pro­blèmes de ré­gu­la­tion dans la ré­gion ain­si que vos re­la­tions avec les au­to­ri­tés ?

Nous vou­lons nous rap­pro­cher des gou­ver­ne­ments afin d’ex­plo­rer avec eux la construc­tion des smart ci­ties du fu­tur. C’est l’un de nos pro­jets ma­jeurs. Au­jourd’hui, nous lan­çons Uber Mo­ve­ment au Ke­nya, une pla­te­forme sur la­quelle nous pu­blie­rons les mil­lions de don­nées que nous ré­col­tons chaque jour à par­tir des tra­jets des conduc­teurs et des clients. Les au­to­ri­tés mu­ni­ci­pales et les ur­ba­nistes pour­ront uti­li­ser et mettre à pro­fit ces don­nées pour iden­ti­fier et éva­luer des be­soins, mais aus­si at­tri­buer des financements à des in­fra­struc­tures de ma­nière op­ti­male. Nai­ro­bi est main­te­nant l’une des 21 villes où Uber Mo­ve­ment a été lan­cé. Ac­tuel­le­ment, vous ne pour­rez y voir que les temps de tra­jet, mais nous al­lons dans les mois qui viennent ajou­ter pro­gres­si­ve­ment des don­nées. Nous vou­lons éga­le­ment tra­vailler avec les gou­ver­ne­ments en as­su­rant un meilleur res­pect des normes sur le mar­ché. Com­mee­nou­gan­da, pays dans le­quel à peine 4 % des conduc­teurs ont un per­mis de conduire et où nous avons lan­cé un ser­vice de mo­tos-taxis. Il s’agit d’ac­com­pa­gner ces conduc­teurs vers un res­pect des normes.

Com­ment­voyez-vous­las­mart­ci­ty du fu­tur en Afrique de l’est ?

Outre le par­tage des don­nées, il y a la dé­con­ges­tion. Nai­ro­bi, Kam­pa­la et Dar es-sa­laam pré­sentent toutes des pro­blèmes de cir­cu­la­tion. Il faut nous di­ri­ger vers une mul­ti­pli­ca­tion des tra­jets par­ta­gés.

Al­lez-vous lan­cer de nou­veaux pro­duits dans la ré­gion?

Nous ve­nons de lan­cer Uber Eats à Nai­ro­bi. Nous vou­lons al­ler plus loin que le trans­port de per­sonnes et en­trer dans le mar­ché de la li­vrai­son de re­pas. Et je pense que dans ce sec­teur il y a une vraie chance à sai­sir dans la ca­pi­tale ké­nyane.

Uber Mo­ve­ment, pla­te­forme sur la­quelle sont pu­bliées les don­nées ré­col­tées à par­tir des tra­jets des conduc­teurs et des clients, est dis­po­nible dans 21 villes afri­caines.

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